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Bulletin quotidien d'information No. 888 pour la région des Grands Lacs

Pays
Burundi
+ 2
Sources
TNH
Date de publication

NATIONS UNIES
Bureau de coordination des affaires humanitaires
Réseau intégré d'information régional
Pour l'Afrique centrale et de l'Est
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RWANDA: Le président démissionne

Le président Pasteur Bizimungu a démissionné jeudi, invoquant des "raisons personnelles" dans sa lettre de démission à l'Assemblée Nationale. Dans une seconde lettre, M. Bizimungu a présenté sa démission des postes de vice-président, membre du comité exécutif et membre du bureau politique du Front Patriotique Rwandais (FPR), mais a indiqué qu'il continuerait à servir le mouvement en tant que simple membre du parti, a rapporté l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA). "J'ai fait de mon mieux pour servir le mouvement et le pays. Dans le même temps, je demande votre pardon pour ce qui ne s'est peut-être pas si bien passé", a-t-il écrit au président du FPR (et vice-président rwandais), Paul Kagame.

Lundi, M. Bizimungu avait reproché au parlement la présentation tardive du nouveau gouvernement rwandais, plus d'un mois après la démission de l'ancien premier ministre, Pierre-Celestin Rwigema. "Vous avez chassé les ministres, vous avez chassé le président de l'assemblée, vous avez fait tombé un gouvernement... encore un peu moi aussi j'étais limogé. Il y a vraiment un problème dans la méthode de travail du parlement ", a-t-il déclaré, selon RNA. Des observateurs avaient relevé des divergences de vues entre MM. Bizimungu et Kagame concernant la composition du nouveau gouvernement, notamment sur la question de savoir s'il fallait ou non garder Patrick Mazimhaka, ministre près la présidence. Ce dernier, proche allié de M. Bizimungu, mais cible de plusieurs accusations de corruption, a été écarté du nouveau gouvernement.

RWANDA: Le départ de Bizimungu n'étonne pas vraiment

La démission de M. Bizumungu, le jour même o=F9 les critiques succédaient aux critiques à la tribune du parlement, n'était pas vraiment une surprise. Un diplomate occidental à Kampala a indiqué à IRIN que cette démission ne surprenait personne dans le milieu diplomatique et parmi les donateurs. "Déjà en novembre dernier, nous nous attendions à ce que M. Kagame prenne le relais... ce n'est pas un coup d'Etat typique ou un coup de force militaire, qui pourrait faire des vagues dans la communauté internationale".

RWANDA: Biruta va prendre les rênes en tant que président en exercice

Aux termes de l'accord d'Arusha de 1993 sur la transition au Rwanda, le nouveau président de l'assemblée, Vincent Biruta, du Parti Social Démocrate, assumera les fonctions de président intérimaire pour une période de trois semaines. Pendant ce temps, le FPR, qui détient de portefeuille présidentielle au sein du gouvernement de transition, proposera deux candidats pour le poste de président, qui seront départagés par les 18 membres du gouvernement et les 70 membres de l'Assemblée Nationale par vote à bulletin secret lors de scrutins séparés. En cas d'égalité, tous les partis représentés au gouvernement de transition seront invités à proposer leurs candidats. Le FPR se réunira vendredi pour désigner ses deux candidats à la présidence, a indiqué jeudi à IRIN le secrétaire général du parti, Charles Murigande. Il a par ailleurs démenti qu'il y ait des scissions au sein du parti, et a déclaré que le Rwanda possédait des institutions garantissant une succession sans heurts.

RWANDA: Nouvelle inhumation pour 50 000 victimes du génocide

Les restes de quelque 50 000 victimes du génocide de 1994 seront enterrés dans une fosse commune sur le site d'un mémorial à Kigali, le 7 avril prochain, a rapporté mercredi l'agence de presse RNA. Jusqu'à présent, plus de 14 000 corps ont été exhumés à Nyamirambo et 5 800 à Biryogo avant d'être à nouveau inhumés, a expliqué le chef de la commune de Nyarugenge, Augustine Kampayana, cité par l'agence. Soixante-huit millions de francs rwandais ont été alloués pour couvrir les coûts de la seconde inhumation dans la commune de Nyarugenge, à Kigali Ville, selon M. Kampayana. Le gouvernement envisage également de créer des sites de mémorial du génocide dans 150 des 151 communes du pays, a indiqué RNA. La commune de Giti dans la préfecture de Byumba, au nord du Rwanda, est la seule à n'avoir jamais participé aux massacres, a ajouté l'agence de presse.

RWANDA: Création d'un fonds de compensation pour les victimes du génocide

Parallèlement, le ministre rwandais de la justice et des relations institutionnelles, Jean de Dieu Mucyo, a annoncé que les préparatifs étaient en cours pour la création d'un fonds de compensation pour les victimes du génocide. Des lois sont élaborées pour couvrir la création et la gestion du fonds "de sorte que ceux qui méritent de recevoir des indemnisations puissent commencer à en recevoir", a déclaré M. Mucyo, cité mercredi par RNA. "Différents pays et organisations se sont déclarés prêts à apporter leur contribution financière s'il leur est clairement expliqué comment le fonds sera géré", a ajouté M. Mucyo.

RDC: Le Conseil de Sécurité exige "l'arrêt immédiat" des offensives

Mercredi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies s'est déclaré profondément déçu de la reprise des offensives militaires sur plusieurs fronts en RDC, et a prévenu les belligérants que le déploiement envisagé d'une force des Nations Unies de 5 500 hommes ne pourrait avoir lieu si les combats reprennent. "Les membres du Conseil se sont déclarés consternés d'apprendre qu'une nouvelle offensive a été lancée dans la province de Kasai et s'est soldée par la prise de la ville d'Idumbe", a déclaré dans un communiqué de presse l'ambassadeur du Bangladesh, Anwar Karim Chowdhury, qui assure la présidence tournante du Conseil.

Le communiqué note également la profonde préoccupation des membres du Conseil de voir se poursuivre les combats dans les provinces de l'Equateur, du Katanga et du Kivu, et d'apprendre que "des préparatifs de grande envergure sont entrepris pour d'autres actions militaires, en particulier l'entraînement d'hommes et un réarmement significatif". Invitant toutes les parties à "mettre fin immédiatement aux combats", les membres du Conseil ont souligné que la seconde phase du déploiement de l'ONU ne pourrait s'achever tant que se poursuivent des actions militaires. "Si ce n'est pas sûr, si les hostilités reprennent, nous savons bien sûr par expérience que ce n'est pas le lieu d'envoyer des casques bleus", a déclaré Fred Eckhard, porte-parole du Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan. Le Secrétaire Général adjoint pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet, doit donner au Conseil de Sécurité des informations plus détaillées mardi prochain, à son retour d'une récente mission d'enquête dans la région.

RDC: Kinshasa empêche Masire de visiter des régions tenues par les rebelles

Le facilitateur du dialogue inter-congolais prévu par l'accord de Lusaka, l'ancien président du Botswana, Ketumile Masire, a été empêché mercredi par les autorités congolaises de se rendre de Kinshasa vers des régions tenues par les rebelles, selon la BBC. Dans un entretien accordé à la BBC jeudi matin, le ministre congolais des affaires étrangères, Yerodia Ndombasi, a indiqué que M. Masire avait préalablement fourni son plan de voyage au gouvernement, et qu'une réunion avec lui était prévue pour éclaircir la situation. M. Masire devait se rendre à Gbadolite, quartier général du Mouvement de libération congolais (MLC) de Jean-Pierre Bemba. Il devait ensuite rencontrer des responsables du Rassemblement congolais pour la démocratie - Mouvement de libération (RCD-ML) à Bunia, et du RCD à Goma. "Cela montre que Kabila est réellement un problème pour le processus de paix. M. Masire venait ici pour entendre l'opinion des Congolais. Qui est Kabila pour l'en empêcher? Ce ne sont pas des signes encourageants et la communauté internationale devrait prendre note de cela; sinon, nous nous retrouvons à la case départ", a déclaré jeudi à IRIN un responsable du MLC.

RDC: Lusaka semble de plus en plus compromis

"L'Accord de Lusaka risque maintenant de s'effondrer", puisqu'il y a violations du cessez-le-feu et que, plus généralement, aucune disposition n'est appliquée pour mettre fin aux hostilités, ont indiqué mercredi des analystes de 'Oxford Analytica'. "Rien n'a encore pu être établi en termes d'engagement réel en faveur de ... l'initiative de paix, de la part des nombreuses parties belligérantes", et il faudra que la mise en ouvre ait connu une amélioration sensible pour que les Nations Unies puissent même envisager un déploiement accru de troupe. Parallèlement, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme en RDC, Roberto Garreton, signale dans son dernier rapport que "jusqu'à présent, en termes opérationnels, le seul côté à avoir rempli les obligations contractées dans l'accord de cessez-le-feu semble être les Nations Unies". Selon lui, le sentiment général dans l'ensemble de la RDC est que "la communauté internationale ne fait rien pour mettre fin au conflit", alors qu'il n'y a aucun consensus sur ce que cette abstraction appelée 'communauté internationale' devrait faire.

RDC: Graves violations tant côté rebelle et que gouvernemental

Tant que gouvernement congolais et ses milices alliées, d'une part, que les rebelles qui contrôlent l'est de la RDC, d'autre part, "ont commis de graves violations du droit humanitaire international, notamment meurtres et attaques contre la population civile, viols de femmes non-combattantes", tout au long de 1999, indique le rapport Garreton. Dans les zones contrôlées par le gouvernement tout comme dans les parties du pays tenues par les rebelles, explique-t-il, il est "essentiel de mettre fin à l'autorité discrétionnaire, à l'impunité et à l'arbitraire des prétendues 'forces de sécurité, qui, pour la population, représentent exactement l'inverse de ce que signifie leur nom ".

Les principales violations du côté du gouvernement et de ses alliés sont des attaques contre les populations civiles, en particulier le bombardement de Kisangani, Zongo,Libenge, Goma et Uvira, et le meurtre de quelque 300 civils à Mobe. Il y a également eu des violences sexuelles contre les femmes, notamment pendant la retraite des Forces armées congolaises (FAC) hors de la Province de l'Equateur, au début de l'an dernier. Le recours ininterrompu à des tribunaux militaires qui ne garantissent pas des procès honnêtes, l'usage systématique de la torture, l'absence de liberté d'expression, les disparitions forcées et les exécutions sommaires, sont quelques unes des graves violations relevées.

Les "actions les plus cruelles et les plus violentes" commises par les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) sont "des massacres indicibles" de populations civiles pendant toute l'année, en représailles contre des actes commis par les combattants nationalistes Mayi-Mayi, indique M. Garreton. Nombre de ces incidents ont eu lieu dans le Nord et le Sud Kivu; le RCD avait d'abord démenti toute implication dans ces incidents avant de reconnaître que certaines "erreurs malheureuses" avaient eu lieu, ajoute le rapport. En outre, il y a eu des cas d'incendies volontaires et de destruction, et la déportation vers le Rwanda et l'Ouganda (ou pire, la 'disparition') de combattants Mayi-Mayi et d'autres personnes arrêtées pendant les opérations militaires, précise-t-il. "Au cours de ses deux visites à Goma et Bukavu, le Rapporteur Spécial a été frappé par le climat de terreur et d'humiliation qui prévaut dans les territoires contrôlés par le RCD", note le rapport Garreton.

BURUNDI: HRW demande une division Burundi au sein du TPIR

L'organisation non gouvernementale internationale de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) s'est élevée mercredi contre une proposition lancée lors de la dernière série de négociations de paix pour le Burundi à Arusha, qui prévoyait une amnistie pour tous ceux qui ont commis des crimes contre l'humanité. "Décréter une amnistie au Burundi est exactement la voie à ne pas suivre", a déclaré dans un communiqué de presse le directeur exécutif de HRW pour l'Afrique, Peter Takirambudde. "Comment peut-il y a avoir le moindre espoir de justice et d'ordre ... si des crimes d'une telle magnitude restent impunis?"

Le rapport de M. Takirumbudde plaide pour la création d'une nouvelle division au sein du TPIR existant, qui serait chargée d'instruire les crimes commis au Burundi, et indique que les Hutus rwandais représentent près de la moitié des combattants dans certaines unités rebelles opérant autour de la capitale, Bujumbura. "Nombre d'entre eux sont des soldats de l'ancien gouvernement rwandais, responsables du génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda", ajoute le rapport. HRW propose également le recours à des juristes étrangers dans les tribunaux burundais, afin d'accélérer le processus judiciaire pour des milliers de gens accusés de massacres ethniques et autres attaques depuis 1993. "Si une paix est bricolée sans justice, pour le Burundi, cela aura des répercussions dans toute la région", a prévenu M. Takirambudde.

BURUNDI: L'armée serait totalement acquise au processus de paix

L'armée du Burundi soutient totalement le processus de paix en cours dans le pays, a déclaré mercredi le ministre de la défense, le colonel Cyrille Njourirukiye, à son retour d'Afrique du Sud, o=F9 il conduisait une délégation de l'armée burundaise pour rencontrer le facilitateur des pourparlers d'Arusha, Nelson Mandela. Le processus de paix et les forces de défense étaient au coeur des entretiens, et des questions délicates telles que l'intégration des forces rebelles au sein de l'armée régulière ont été abordées en Afrique du Sud, a déclaré M. Njouriruke, cité par radio Burundi. La délégation avait promis de soutenir les "processus de paix interne et externe", a ajouté la radio. M. Njouriruke n'a pas rencontré le dirigeant du CNDD-FDD rebelle, Jean-Bosco Njourikengurukiye, mais n'a pas écarté la possibilité de le faire dès qu'un "cadre approprié sera organisé", a précisé la radio.

Nairobi, le 23 mars 2000 [FIN]

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