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Désarmement, démobilisation et réintégration communautaire : une vie après les combats

Países
RD del Congo
Fuentes
MONUSCO
Fecha de publicación
Origen
Ver original

DDR/MONUSCO

Moussa Abdula avait 20 ans lorsqu’il a rejoint un groupe d’autodéfense Maï-Maï, avant d’être recruté par le groupe rebelle M23 en échange de promesses financières faramineuses. Après 4 ans d’une vie de violences, il s’est rendu à la MONUSCO et a intégré le programme de désarmement, démobilisation et réintégration communautaire de la Mission (DDR). Le 15 septembre 2022, Moussa a été rendu à sa famille dans le territoire de Kalemie, province du Tanganyika.

191 ex-combattants démobilisés depuis début 2022

Comme lui, 164 autres ex-combattants congolais et 27 étrangers ont été renvoyés dans leurs communautés ou rapatriés dans leurs pays d'origine depuis le début de l’année 2022, grâce aux efforts de la section DDR de la MONUSCO.

A travers plusieurs séances de sensibilisation, de mobilisation pour la paix et la cohésion sociale organisées par la MONUSCO, de nombreux ex-combattants ont accepté de participer au programme DDR de la MONUSCO, organisé en soutien au programme nationale de DDRR (désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration).

Après avoir déposé volontairement leurs armes, ces anciens combattants bénéficient d’un accompagnement dans les camps de démobilisés de la MONUSCO, où ils reçoivent une prise en charge psychologique, sanitaire et nutritionnelle.

Décourager l’attrait pour les groupes armés

« J’ai été motivé à quitter les Maï-Maï pour rejoindre le M23 après avoir perçu une somme de 100 000 FCFA [150 USD] de mon recruteur, avec la promesse d’en recevoir un peu plus chaque mois. Ce qui était largement supérieur à ce que je gagnais au sein du groupe d’autodéfense Maï-Maï où nous luttions pour le contrôle des richesses et de zones avec les autres petits groupes armés dans la localité de Lemera, territoire d’Uvira », témoigne Moussa.

Comme lui, la plupart des ex-combattants affirment au cours des entretiens, que leur adhésion aux groupes armés est essentiellement motivée par la pauvreté, le chômage ainsi que l’appât du gain. Ils sont attirés par les fausses promesses financières souvent utilisées par les chefs des groupes armés pour les attirer au sein de leur rang.

C’est ainsi qu’au-delà de la démobilisation proprement dite, les programmes de DDR/RR mettent aussi en place des projets visant la réduction de la violence communautaire (CVR) au profit de milliers d’ex-combattants non éligibles au Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS).

A Butembo, un ancien membre du groupe armé UPCPC-LPC a bénéficié du projet CVR de formation professionnelle en menuiserie et a reçu des kits d’accompagnement. Il affirme désormais être propriétaire d’un atelier de menuiserie qui lui permet de vivre et d'avoir des employés sous sa direction.

« J'ai décidé de me rendre car j'ai remarqué qu'il n'y avait rien qui pouvait m'aider dans ma vie au lieu de souffrir dans la brousse. Je n'ai rien payé pour participer au projet CVR, où j'ai appris la menuiserie et je vois avec satisfaction que ce métier va m'aider dans mon avenir et me permettre d'être indépendant économiquement », déclare-t-il.

Entre 2021 et 2022, 3 757 personnes, dont des ex-combattants, des jeunes à risque et des femmes vulnérables ont bénéficié de 41 projets CVR mis en œuvre au sein de leurs communautés. Il y a eu 10 projets à Bunia, 4 à Beni, 7 à Goma, 9 à Bukavu, 7 à Uvira et 4 à Kalemie, soit dans les quatre zones prioritaires de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika.

Pour l’essentiel, ces projets tournent autour d’activités génératrices de revenus, mais aussi des formations socio-professionnelles et techniques dans les domaines de la menuiserie, maçonnerie, saponification, agriculture ainsi que la réhabilitation et la construction d’infrastructures publiques.

De cette manière, la mise en œuvre du programme CVR contribue à la stabilisation des communautés en créant un environnement favorable, avant et pendant la mise en œuvre du PDDRCS.

D’une vie difficile à une vie paisible

Avant de participer aux combats, Moussa dit avoir subi, pendant une année, une formation militaire normale et un processus de « désocialisation », à l’issue desquels il a reçu armes et tenue de combat. « Après ma formation militaire, j’ai participé aux opérations de Bunagana, Rwaguba, Bugusa, Shangi, Kavumu, Chengerero », explique-t-il.

Mais l’environnement du conflit terriblement hostile et les exactions, dont des meurtres, viols, kidnapping, taxation illicite, etc. produisent un choc psychologique qui finit par pousser beaucoup de jeunes à quitter la brousse, fatigués et traumatisés par leurs actions sur leur propre population.

Aujourd’hui, après des mois passés au camp de transit de la section DDRRR de la MONUSCO de Munigi, dans le territoire de Nyiragongo, Moussa s’est dit content d’avoir fait le choix d’abandonner son ancienne vie de combattant.

« Je me suis rendu au contingent de la MONUSCO car je me sentais fatigué de la vie en forêt, après de longues années de kidnapping et de tueries contre ma propre population pour de l’argent », raconte Moussa, des larmes aux yeux. « J’espère que ma communauté m’acceptera et me donnera la chance de mieux me réintégrer ».

Son retour, facilité par la MONUSCO, a en effet ravi sa famille qui était contente de l’accueillir.

« C’est un miracle qu’il soit encore en vie. Nous l’avons longuement cherché depuis son départ en 2015. Dieu est vivant », s’est exclamé ce 15 septembre un parent de Moussa, en le serrant dans ses bras et le couvrant de baisers, reconnaissant du travail effectué par la MONUSCO pour ramener leur fils en vie.