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Un nouveau document d’orientation des Nations Unies souligne les répercussions dévastatrices de la guerre en Ukraine pour les femmes et les filles

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En Ukraine et dans le monde, la guerre a renforcé les inégalités entre les sexes face à l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la pauvreté énergétique ; elle a aussi provoqué une augmentation des violences basées sur le genre.

[New York]—Un nouveau document d’orientation des Nations Unies, publié alors que le Conseil de sécurité se réunit pour se pencher sur l’Ukraine, fait la lumière sur les répercussions disproportionnées que subissent les femmes et les filles en raison de la guerre et de ses conséquences mondiales sur les secteurs alimentaire, énergétique et financier, tant en Ukraine que dans le monde. Qu’il s’agisse des filles risquant d’être déscolarisées afin d’être mariées à cause d’une dot ou du prix de la mariée, parce que des familles sont désespérées, ou encore des problèmes physiques et de santé se posant aux 265 000 Ukrainiennes enceintes au déclenchement de la guerre, le document d’orientation intitulé « Global Gendered Impacts of the Ukraine Crisis on Energy Access and Food Security and Nutrition » (Répercussions mondiales de la crise en Ukraine pour les femmes et les filles : accès à l’énergie, sécurité alimentaire et nutrition) expose les façons dont la crise aggrave les inégalités existant déjà dans le monde.

Élaboré par ONU Femmes et par le Groupe mondial d’intervention en cas de crise alimentaire, énergétique et financière de l’ONU, ce rapport montre que les hausses des prix alimentaires et les pénuries causées par la guerre ont creusé les inégalités entre les sexes dans le monde face à l’insécurité alimentaire ; des femmes ont même réduit leur consommation de nourriture pour pouvoir nourrir d’autres membres de leur foyer. L’envolée des prix énergétiques a aussi conduit des familles à de nouveau se tourner vers des combustibles et des technologies moins propres, exposant ainsi les femmes et les filles à un air pollué à la maison, ce qui tue déjà 3,2 millions de personnes chaque année, principalement des femmes et des enfants.

En Ukraine, l’insécurité alimentaire des ménages dont le chef de famille est une femme était déjà plus importante avant la guerre, puisque 37,5 pour cent d’entre eux connaissaient une insécurité alimentaire modérée à sévère, contre 20,5 pour cent pour les ménages où le chef de famille est un homme. À présent, les femmes vivant dans les zones rurales des territoires occupés par les forces russes ont de plus en plus de mal à assurer le travail agricole, étant donné l’insécurité élevée et le manque de ressources. Elles relèvent pourtant le défi d’accueillir et de nourrir les personnes déplacées dans le pays, ce qui démultiplie leurs responsabilités domestiques et de soins aux personnes vivant sous le même toit, travail qui est non rémunéré.

Le rapport montre par ailleurs une hausse alarmante des violences basées sur le genre, des rapports sexuels en échange de nourriture et de la vie sauve, de l’exploitation sexuelle et de la traite des êtres humains, ainsi que des mariages d’enfants, précoces et forcés, en raison de l’aggravation des conditions de vie dans les situations de conflit, de crise ou d’urgence humanitaire de par le monde.

Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes, souligne que « des crises systémiques aux répercussions sexospécifiques exigent des solutions elles aussi sexospécifiques. Cela veut dire qu’il faut s’assurer que les femmes et les filles participent à tous les processus de décision, y compris celles issues de groupes marginalisés. C’est véritablement le seul moyen de garantir la pleine prise en compte de leurs droits et de leurs besoins dans nos réponses aux dures réalités qui nous occupent ».

Les recommandations formulées dans le document d’orientation invitent notamment la communauté internationale à :

  • prioriser la voix, la capacité d’action, la participation et le leadership des femmes et des filles dans la réponse au conflit, le redressement et l’édification de la paix ;
  • améliorer les statistiques sur la condition des femmes et des filles ainsi que la ventilation des données par sexe, afin d’étoffer les éléments factuels sur lesquels appuyer des politiques, une planification et des mesures de reconstruction sensibles aux inégalités entre les sexes, et assurer le suivi et l’évaluation des répercussions spécifiques que l’insécurité alimentaire et la pauvreté énergétique engendrent pour les femmes et les filles
  • promouvoir et protéger le droit à l’alimentation des femmes et des filles en ciblant leurs besoins spécifiques en matière de nutrition, et accélérer la transformation vers des systèmes alimentaires plus équitables, durables et sensibles aux inégalités entre les sexes, et vers un accès équitable des femmes aux intrants, aux technologies et aux marchés ; et
  • garantir l’accès équitable à une énergie abordable et durable, en prévoyant une marge de manœuvre budgétaire permettant l’accès à l’énergie ainsi que des solutions énergétiques durables pour toutes les femmes, les filles et leurs communautés, à travers un impôt sur les bénéfices exceptionnels pour les plus grosses compagnies pétrolières et gazières, et en évitant aux femmes, aux filles et à leurs communautés d’avoir à supporter le plus gros de l’escalade des prix des combustibles, des carburants et de l’énergie.

Ce document d’orientation a été présenté lors de la table ronde de haut niveau intitulée « How do we best respond to the disproportionate impacts of rising food insecurity on women and girls? » (Comment répondre au mieux aux répercussions disproportionnées de l’insécurité alimentaire croissante sur les femmes et les filles ?) qui s’est tenue en parallèle à l’Assemblée générale des Nations Unies organisée par le gouvernement du Danemark et le gouvernement du Nigéria, en partenariat avec OCHA, le HCR, le FNUAP, l’UNICEF, ONU Femmes, le PAM et Save the Children, ainsi qu’avec les représentantes d’organisations dirigées par des femmes.