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RDC : au moins six civils tués et un millier de déplacés lors d’une attaque des ADF à Beni

Pays
RD Congo
Sources
UN News
Date de publication
Origine
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Au moins six civils ont été tués et un millier de civils déplacés à la suite d'une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF), dans la soirée de mardi dernier, au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon le HCR, l'attaque des rebelles ougandais a eu lieu dans le quartier Rwangoma, à Beni-Ville, agglomération du Nord-Kivu de près de 400.000 habitants.

« Le 12 juillet, le quartier de Rwangoma dans la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a été attaqué par un groupe armé. Six personnes ont été tuées », a confirmé dans un communiqué, Boris Cheshirkov, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Plus de 1.000 personnes ont fui de nuit vers les districts voisins pour se mettre à l'abri, a ajouté l'agence onusienne qui se dit « gravement préoccupée par la poursuite des violences dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu en RD Congo ». « Des attaques meurtrières continuent de cibler des civils », a insisté le HCR.

L'afflux des déplacés entraîne un accroissement des besoins humanitaires

Les membres du groupe ADF, présenté par l'organisation État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale (Iscap en anglais), sont accusés d'avoir massacré des milliers de civils en RDC. Selon les médias, les armées congolaise et ougandaise mènent depuis fin novembre 2021des opérations conjointes pour tenter de les neutraliser.

Pour le HCR, ce récent assaut s'inscrit dans une série d'attaques menées la semaine dernière par des « groupes armés non étatiques » contre les populations civiles du Nord-Kivu. « Cette violence s'inscrit dans un contexte d'affrontements entre les forces gouvernementales et la milice M23 près de Goma, qui se répercutent dans toute la région alors que la situation sécuritaire se détériore », a fait valoir M. Cheshirkov.

Plus largement, l'agence onusienne continue à prôner « l'arrêt de cette violence insensée alors que les atrocités se multiplient et que les risques encourus par les survivants et les personnes déplacées se multiplient ».

Dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, les agences humanitaires s'inquiètent de l'impact des combats entre l'armée congolaise et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), des affrontements entre l'armée congolaise et les combattants du M23 se sont poursuivis dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru.

Le site de Kalunga IDP, situé à quelques kilomètres du centre de Kalemie, accueille environ 10 000 personnes déplacées par les violences intercommunautaires dans la province du Tanganyika.

Les zones de santé de Rutshuru et Rwanguba ont accueilli plus de 124.000 déplacés

Ces violences ont provoqué d'importants mouvements de population. « A la date du 8 juillet, les zones de santé de Rutshuru et Rwanguba ont accueilli plus de 124.000 personnes déplacées, selon les autorités administratives et sanitaires », a précisé l'OCHA dans son dernier rapport humanitaire de situation.

Malgré cet afflux qui par ricochet entraîne une augmentation des besoins humanitaires, des acteurs humanitaires n'ont toujours pas accès à une grande partie de la Zone de santé de Rwanguba à cause des affrontements répétés. Selon l'OCHA, au moins deux structures de santé ont cessé d'y fonctionner. « Les autorités sanitaires redoutent une dégradation en termes de santé », a indiqué l'agence onusienne.

De plus, les activités socio-économiques demeurent paralysées à Bunagana (territoire de Rutshuru), un mois après son occupation par le groupe armé M23 le 12 juin dernier.

Dans le territoire de Nyiragongo, au moins 5.800 personnes déplacées provenant de Kibumba et Buhumba en mai dernier, continuent de vivre dans des centres collectifs (écoles, églises) à Kanyaruchinya, Kibati et Munigi. L'OCHA reprenant diverses « sources humanitaires » note que ces personnes hésitent de retourner dans leurs villages craignant de nouveaux affrontements.