Aller au contenu principal

Situation sécuritaire dans la région et mise en œuvre du Mandat de la MINUSMA - 23 juin 2022 Interview de Fatou Dieng Thiam, Cheffe du bureau régional de la MINUSMA à Mopti

Pays
Mali
Sources
MINUSMA
Date de publication
Origine
Voir l'original

Fatou THIAM, Cheffe de Bureau régional de la MINUSMA à Mopti

Le Bureau régional de la MINUSMA à Mopti couvre cinq régions du Centre : Mopti, Bandiagara, Douentza San et Ségou. C'est un bureau très vaste, la superficie que nous couvrons fait près de 150 000 km2. Le Centre est le terreau de beaucoup de problèmes, liés notamment aux attaques asymétriques que nous voyons. Il existe aussi certains soucis entre les communautés. En ce moment, avec la montée en puissance des FAMa dans la zone, on a constaté une certaine accalmie dans beaucoup de zones. La MINUSMA est là pour venir en soutien à ces FAMa. Nous avons des composantes civiles qui travaillent énormément dans le sens de la réconciliation des communautés, dans le sens de la protection des civils, du genre etc.

Pour le redéploiement de l'autorité de l'Etat, nous avons apporté un appui pour la sécurisation de certaines emprises des FAMa, le redéploiement de certains sous-préfets, préfets avec la réhabilitation des préfectures et de sous-préfectures. Nous avons appuyé les populations pour augmenter leur résilience.

Vous savez que c'est la population qui souffre le plus dans la crise que nous traversons, à travers notamment l'appui aux jeunes, aux femmes, à travers des activités génératrices de revenus, la réalisation de périmètres maraîchers ou des forages. Nous avons également appuyé la réouverture de certaines écoles etc.

Mikado FM

L’appui au processus de paix, à la réconciliation dans le Centre sont des axes prioritaires de l'action de la MINUSMA aujourd'hui. Que dire de cela dans le Centre ? On sait qu'il y a un projet pilote de justice et réconciliation par exemple, qui a produit des résultats. Qu'est-ce qu'on peut dire là-dessus ?

Fatou THIAM, Cheffe de Bureau régional de la MINUSMA à Mopti

Au niveau d’Ogoussagou où les populations, après des massacres douloureux, ont pu rester et cohabiter, vous savez que la réconciliation est un processus qui prend du temps. Nous sommes en train de travailler en collaboration avec l'Equipe Régionale d'Appui à la Réconciliation (ERAR) et d'autres partenaires pour consolider les acquis et faire en sorte que les populations reviennent à de bons sentiments et vivent harmonieusement comme elles le faisaient auparavant. C’est une question de communication ou peut-être une mauvaise compréhension du mandat de la MINUSMA. Partout où nous sommes allés, les communautés nous disent nous n'avons rien contre la MINUSMA, mais nous avons quelque chose contre son mandat. Pour cela, nous avons fait un travail de sensibilisation pour mieux expliquer le mandat qui est le nôtre et nous sommes en bonne cohésion avec les communautés. Avant tout, la MINUSMA est là pour les populations. C'est vrai que même dans une famille, il y a parfois des tiraillements. Mais nous sommes là pour faire en sorte que les angles soient bien arrondis, qu'on comprenne davantage notre mandat et réitérer l'idée que nous sommes là avant tout pour les populations. Et nous travaillons dans ce sens tous les jours.