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Stimulés par les outils numériques, les flux mondiaux d’envois de fonds par les migrants devraient atteindre 5 400 milliards d’USD d’ici 2030

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Rome, le 16 juin 2022. Les envois de fonds mondiaux, à savoir l’argent durement gagné que les travailleurs migrants envoient aux membres de leur famille dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ont augmenté de 8,6% en 2021. Les prévisions tablaient sur une réduction de ces flux en raison de la pandémie de COVID-19 mais elles ont été déjouées grâce à une augmentation de 48% des fonds envoyés par des canaux mobiles. Telles sont les conclusions du rapport MobileRemit Africa publié aujourd’hui par le Fonds international de développement agricole (FIDA).

« La numérisation des envois de fonds, en particulier par des canaux mobiles, représente une occasion idéale pour stimuler le développement rural, plus de la moitié de ces fonds étant destinés à des zones rurales. La numérisation réduit les frais et les autres coûts de transaction tels que les délais d’acheminement, rendant le processus plus pratique et plus sûr, tout en promouvant l’inclusion numérique et financière », explique Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA, à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille.

Les flux d’envois de fonds (605 milliards d’USD) sont plus de trois fois supérieurs au montant total de l’aide internationale publique au développement (178,6 milliards d’USD). On estime cette année que plus de 200 millions de travailleurs migrants à travers le monde devraient envoyer quelque 630 milliards d’USD à leur famille, un matelas de sécurité parfois indispensable pour plus de 800 millions de personnes.

« Les envois de fonds font sortir les personnes de la pauvreté et leur permettent de se nourrir, de payer les frais de scolarité, de couvrir les dépenses de santé, d’investir dans un logement et d’atteindre de nombreux autres objectifs familiaux n’ayant pas trait à la consommation », ajoute Gilbert F. Houngbo.

La somme globale des envois de fonds à la famille dans les pays à revenu faible et intermédiaire devrait atteindre 5 400 milliards d’USD d’ici 2030, soit un chiffre équivalent à deux fois le PIB de l’Afrique en 2021. La croissance des envois de fonds va sans doute ralentir en 2022 car l’inflation aura une incidence sur les salaires, tandis que les programmes d’aide mis en œuvre dans le cadre de la pandémie prendront fin dans les pays riches. On s’attend à ce que la guerre en Ukraine ait des répercussions sur les chiffres mondiaux car elle est à l’origine d’un déclin massif des transferts en direction des pays voisins de la Russie, où les envois de fonds représentent jusqu’à 30% du PIB.

Envois de fonds en Afrique : la transition numérique, des chances à saisir

D’après l’analyse de sept pays africains réalisée par le FIDA dans le cadre du rapport MobileRemit Africa, l’utilisation de canaux mobiles d’envois de fonds par les travailleurs migrants et leur famille a entraîné une réduction globale des coûts.

Toutefois, le marché africain des envois de fonds reste le plus onéreux, avec un coût moyen de 7,83% contre 6% en moyenne à l’échelle mondiale. Ramener ce coût à l’objectif de 3 % convenu au titre des objectifs de développement durable (ODD) permettrait en Afrique aux familles des migrants de recevoir chaque année 4 milliards d’USD supplémentaires. Les coûts des transferts sur mobiles sont déjà conformes à la cible de 3% fixée dans les ODD.

En Afrique de l’Est, haut lieu de l’innovation en matière d’argent mobile depuis plus de dix ans maintenant, des pays comme le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie montrent l’exemple et adoptent les envois de fonds mobiles, comme le révèle l’indice MobileRemit mis au point par le FIDA et qui mesure le niveau de préparation des pays à tirer parti de la numérisation croissante des envois de fonds. Outre ces pays fers de lance, près de la moitié des pays africains étudiés ont obtenu des résultats élevés.

Des études de cas présentées dans le rapport montrent comment la numérisation crée des liens entre, d’une part, les envois de fonds et, d’autre part, des services et produits financiers en donnant aux migrants et à leur famille davantage de choix pour la gestion et l’utilisation de leurs finances, notamment dans l’épargne, dans des prêts ou dans des assurances.

« Les envois de fonds mobiles sont une occasion unique de faire entrer des millions de personnes dans le secteur financier régulier, en donnant à ces communautés accès à des services financiers et des solutions génératrices de revenu », explique Pedro de Vasconcelos, responsable du Mécanisme de financement pour l’envoi de fonds au FIDA.

Le FIDA s’efforce de promouvoir la numérisation et l’inclusion financière des deux côtés des couloirs de migration afin de venir en aide à plus d’un million de personnes dans le cadre de 15 projets menés dans sept pays d’Afrique (Afrique du Sud, Gambie, Ghana, Kenya, Maroc, Ouganda et Sénégal), en s’appuyant sur la Plateforme pour les envois de fonds, les investissements et l’entrepreneuriat des migrants en Afrique (PRIME), initiative mise en œuvre par le FIDA et cofinancée par l’Union européenne.

Collaborant avec des acteurs nationaux du secteur privé, l’initiative PRIME vise à réduire les coûts de transaction, à encourager les innovations, et à proposer des solutions d’inclusion et de formalisation aux expéditeurs et aux destinataires. Les envois de fonds sont également essentiels pour appuyer les investissements des petits exploitants agricoles en faveur des pratiques d’adaptation aux changements climatiques qui leur permettront de renforcer leur résilience face à ces phénomènes.

À l’attention des journalistes:

Journée internationale des envois de fonds à la famille.

La Journée internationale des envois de fonds à la famille adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies est célébrée le 16 juin. Elle vise à rendre hommage à la contribution essentielle des travailleurs migrants et des familles au développement social et économique de leur communauté et pays d’origine, notamment grâce aux envois de fonds. Cette journée est reconnue internationalement et constitue une initiative clé dans le cadre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (objectif 20), qui appelle à une réduction des coûts de ces virements et à une meilleure inclusion financière soutenue par les envois de fonds. Le FIDA est bien sûr convaincu que les envois de fonds sont des vecteurs de transition numérique et d’inclusion financière, mais surtout que les migrants et leurs familles sont des acteurs clés du développement et de la transformation rurale, d’autant plus à la lumière des risques climatiques croissants.

Rapport MobileRemit Africa

Alberto Trillo Barca
Communication Officer, Global Media
a.trillobarca@ifad.org