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République du Burundi : Analyse de l’insécurité alimentaire aiguë - avril - septembre 2022 (Publié le 3 juin 2022)

Countries
Burundi
Sources
IPC
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VUE D’ENSEMBLE

Combien et Quand ? La période d’analyse actuelle coïncide avec la petite période de soudure d’avril à mai, entre les deux principales récoltes des saisons culturales A et B. Ainsi, sur la période courante de l’analyse (avril – mai 2022), 1,18 million de personnes (10%) sont classées en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC et plus), et 3,1 millions (26% de la population analysée) en phase de Stress (Phase 2 de l’IPC).
Avec la prochaine récolte de la grande saison culturale B, de juin à septembre 2022, la population en situation d’insécurité alimentaire élevée (Phase 3 de l’IPC et plus) est susceptible de diminuer, malgré l’impact des grands chocs (crise ukrainienne et pénurie du carburant) jusqu’à 646 000 personnes (5% de la population totale), soit une diminution de près de 50% par rapport à la période actuelle.

Où et Qui ? Pour la période courante d’analyse, toutes les Zones de Moyens d’Existence (ZME) sont en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) même si quelques poches à l’intérieur des ZME sont en phase de crise à l’instar des localités particulièrement affectées par les aléas climatiques au courant de la première saison culturale 2022A. Ces poches se retrouvent particulièrement dans les ZME de dépression du Nord et de la plaine de l’Imbo respectivement affectées par un déficit hydrique sévère et des cas d’inondations suivies de déplacements dans cette dernière ZME.

Pourquoi ? Divers chocs notamment les aléas climatiques récurrents sont à la base de la situation d’insécurité alimentaire aiguë. Les efforts d’interventions continus ne sont pas encore arrivés à asseoir une résilience totale des ménages face à la survenue des chocs récurrents même d’ampleur modérée. Les moindres chocs continuent à conduire à la détérioration de la sécurité alimentaire des ménages sous emprise d’une vulnérabilité structurelle étayée par un niveau de pauvreté élevé de 62,8% selon l’étude réalisée en 2020 par l’Institut de Statistiques et d’Etudes Economiques du Burundi (ISTEEBU) sur le profil et les déterminants de la pauvreté. Les ménages sont également confrontés à l’exploitation de faibles superficies puisque plus d’un ménage sur quatre exploite moins de 25 ares selon les rapports de l’Enquête Nationale Agricole du Burundi (ENAB). En plus des aléas climatiques enregistrés depuis le début de la première saison culturale (à savoir les dégâts liés aux pluies excessives et inondations au Nord-ouest du pays ainsi que le déficit hydrique dans les localités isolées des zones de dépression du Nord et Plaine de l’Imbo), le pays fait également face à l’impact de deux autres grands chocs à savoir la pandémie de COVID 19 ainsi que la crise en Ukraine. En plus de fortement affecter les moyens d’existence des populations, ces chocs impactent également les chaînes d’approvisionnement et les prix des denrées essentielles sur le marché.