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Madagascar Grand Sud & Grand Sud-Est : Analyse de l’insécurité alimentaire aiguë de l’IPC, avril 2022 - mars 2023 (Publié le 30 mai 2022)

Pays
Madagascar
Sources
IPC
Date de publication
Origine
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VUE D’ENSEMBLE

Après ANA, BATSIRAI et DUMAKO, EMNATI est le quatrième système météorologique ayant impacté Madagascar en l’espace de 40 jours entre fin-janvier et le début du mois de mars. Les trois régions du Grand Sud Est ont en particulier été fortement affectées par ces cyclones et tempêtes tropicales: VATOVAVY,
FITOVINANY et ATSIMO ATSINANANA. Pour la première fois, les Districts du Grand Sud Est, à l’exception de Vangaindrano, sont classés en Phase 3 de l’IPC (Crise) même en pleine période de récolte. Le nombre de population en Phase 4 de l’IPC (Urgence) est d’environ 67 000 personnes (dont 15% de la population de Mananjary et 5% de la population de Manakara). Près de 638 000 personnes sont classées en Phase 3 (Crise) de l’IPC ou plus nécessitant une action urgente, représentant 31% des populations des districts analysés.
Pour le Grand Sud, même si la situation demeure fragile, celle- ci s’est nettement améliorée comparativement à celle du mois d’avril 2021, avec une baisse de la population classée en Phase 4 de l’IPC (Urgence). Malgré les aides humanitaires qui constituent le principal support de l’économie des ménages, sur la période d’avril à août 2022, 33% de la population du Grand Sud se trouve encore en insécurité alimentaire élevée (Phase 3 de l’IPC ou plus), dont 122 000 personnes en Phase 4 de l’IPC (Urgence), et 925 000 en Phase 3 de l’IPC (Crise). Bien que les précipitations aient été au rendez-vous, la production demeure faible même si une augmentation conséquente, supérieure aux deux campagnes précédentes, a été observée ou est attendue dans quelques districts. Le District de Bekily constitue une exception dans cette tendance avec 55% de sa population en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) ou pire à cause de la sécheresse. Ambovombe est également en difficulté avec 45% de sa population en Phase 3 de l’IPC (Crise) ou plus.
Pour les mois à venir, aussi bien pour la première période projetée (septembre à novembre 2022) que pour la seconde projection (décembre 2022 à mars 2023), une dégradation de la situation de sécurité alimentaire est attendue pour les districts analysés. Le contexte mondial (COVID-19, crise russo-ukrainienne) affectera l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages. Les faibles récoltes attendues contraindront les populations à s’approvisionner sur les marchés dont les prix seront très volatiles. Les ménages mettront en place des stratégies alimentaires et de crise et parfois d’urgence, basées sur les moyens d’existence productifs selon les districts. Ainsi, pour la première période projetée, 1,95 million de personnes sont susceptibles d’être en insécurité alimentaire élevée (Phase 3 de l’IPC ou plus), avec une légère diminution de la population en Phase 4 de l’IPC (Urgence) dans le Grand Sud Est : cette diminution s’explique par les effets positifs des aides humanitaires distribuées sur la période courante et la relance agricole en cours. Par ailleurs, pour le Grand Sud, le nombre de personnes en Phase 3 de l’IPC (Crise) ou plus pourrait connaître une hausse modérée, cette période coïncidant avec les dépenses relatives à la rentrée scolaire et la période de soudure.
Outre les effets du COVID-19 et de la crise russo-ukrainienne, sur la période de pic de soudure de décembre à mars 2023, une multitude de circonstances sont attendues avec la période d’inondations et de cyclones, des augmentations de prix des denrées alimentaires et non alimentaires de bases combinées à la difficulté d’approvisionnement des marchés et le pic des maladies liées à l’eau et vectorielle ainsi que les dégât des déprédateurs sur les cultures. Deux districts du Grand Sud sont susceptibles de basculer en Phase 4 de l’IPC (Urgence), Bekily et Amboasary Atsimo, tandis que le reste des districts d’analyse seraient en Phase 3 de l’IPC (Crise). Le nombre de population en insécurité alimentaire élevée (Phase 3 de l’IPC ou plus) dépasserait le cap des 2 millions de personnes avec près de 285 000 personnes en Phase 4 de l’IPC (Urgence).