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Point sur la situation alimentaire au Sahel (PSA) Bulletin mensuel d’information sur le prix des céréales : Niger - Mali - Burkina Faso - Suivi de campagne n° 253 – mai 2022

Países
Malí
+ 2
Fuentes
Afrique Verte
Fecha de publicación
Origen
Ver original

extrait

2- État de la sécurité alimentaire dans les pays

AcSSA – Niger

Début mai, la situation alimentaire reste globalement difficile. Les marchés sont faiblement approvisionnés en céréales locales notamment le sorgho dont le prix est en hausse sur tous les marchés. Les produits maraichers se raréfient sur les marchés et sont de plus en plus chers. Aussi, la situation d’insécurité de plus en plus persistante dans certaines localités des régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Tillabéry, continue d’impacter les mouvements des personnes et des biens et par ricochet, la situation alimentaire et l’économie locale en général.

Agadez : la situation alimentaire est relativement stable par rapport au mois précédent. Elle se caractérise par un niveau d’approvisionnement globalement moyen pour les marchés en céréales et autres denrées alimentaires importés et les prix sont relativement stables par rapport au mois précédent. La récolte du blé est en cours dans la région et renforce la situation alimentaire de certains producteurs.

Zinder : la situation alimentaire est relativement stable comparé au mois précédent. Les marchés restent essentiellement approvisionnés par les céréales importées. Les prix des céréales sont stables pour certains produits (riz, mil) mais à un niveau déjà très élevé.

Maradi : la situation alimentaire est globalement stable dans la région. Les marchés sont relativement bien approvisionnés en céréales importées. On observe une amélioration de l’offre de certains produits de rente (souchet, arachide, niébé) dont les recettes issues de leur vente permettent de préparer (achat d’intrants) la nouvelle campagne agricole qui s’annonce.

Tillabéry : la situation alimentaire se dégrade davantage. Les marchés sont moyennement approvisionnés en céréales et aussi en produits maraichers locaux. Les effets des mauvais résultats de la campagne agricole 2021 et de l’insécurité persistante dans les zones frontalières avec le Mali et le Burkina, se font beaucoup sentir par les populations dont certaines contraintes au déplacement.

Dosso : la situation alimentaire est globalement stable dans la région mais hétérogène d’une zone à une autre. Les marchés sont moyennement approvisionnés en produits céréaliers, excepté le sorgho qui se fait de plus en plus rare. Les prix des céréales sont globalement stables.

AMASSA – Mali

Début mai, la situation alimentaire connait une détérioration. Certes, l’approvisionnement des marchés reste suffisant pour satisfaire la demande des consommateurs mais le niveau général des stocks est en baisse. Ceci est l’effet conjugué de la baisse de la production de la campagne écoulée, de la situation sécuritaire, des sanctions de la CEDEAO et de la guerre en Ukraine. Ainsi, on observe une hausse significative des prix des denrées alimentaires qui restent difficiles d’accès pour bon nombre de ménages. Néanmoins, on ne signale pas pour l’instant des changements d’habitudes alimentaires.

Bamako : la situation alimentaire est relativement satisfaisante. Le niveau d’approvisionnement du marché en produits céréaliers reste suffisant pour satisfaire la demande. Toutefois, la hausse continue des prix des céréales constitue un facteur limitatif pour leur accessibilité par les couches à faible revenus.

Kayes : quoique jugée normale dans la région, la situation alimentaire est en dégradation. Les disponibilités céréalières sont en diminution par rapport au mois passé et les prix connaissent une hausse générale. Le stock SNS de l’OPAM est stable.

Sikasso : en dépit de la diminution de l’offre et de la hausse continue des prix, la situation alimentaire est jugée relativement normale Toutefois, la tendance est à la dégradation. Les prix des céréales ont doublé voire, triplé dans la majeure partie de la région rendant difficile leur accès aux consommateurs.

Ségou : la situation alimentaire reste normale dans la région, en dépit des prix observés. Les marchés sont faiblement approvisionnés et la tendance de hausse des prix se poursuit. Pour l’instant aucun changement d’habitudes alimentaires n’est à signaler.

Mopti : la situation alimentaire jugée jusqu’ici normale connait une dégradation. L’état d’approvisionnement des principaux marchés est faible mais relativement suffisant pour satisfaire la demande. La situation sécuritaire continue d’affecter la fluidité des échanges.

Gao : la situation alimentaire devient de plus en plus difficile. Elle se caractérise par une baisse du niveau d’approvisionnement des marchés et une hausse continue des prix. Conséquemment, l’accès des populations aux céréales reste fortement limité.

Tombouctou : dans l’ensemble, la situation alimentaire des ménages s’est dégradée. Elle se traduit par un niveau très élevé des prix résultant d’une forte demande en céréales sur les marchés face une offre relativement faible.

APROSSA – Burkina

Début mai, la situation alimentaire n’est pas satisfaisante dans l’ensemble. Elle se manifeste par une hausse généralisée des prix des céréales par rapport à tous les indicateurs de référence (prix du mois précédent, prix du même mois de l’année précédente et prix moyen des 5 dernières années 2017 à 2021). Dans certaines localités, on assiste à l’ouverture timide des boutiques témoins de la SONAGESS qui ont occasionné une légère baisse des prix. Mais ceux-ci restent toujours à un niveau élevé et inaccessible comparé au pouvoir d’achat des ménages. Ces hausses s’expliquent en partie par : le résultat peu satisfaisant de la campagne agricole précédente, l’épuisement progressif des stocks des ménages qui font de plus en plus recours au marché, l’augmentation de la demande liée au mois de Ramadan, la situation d’insécurité qui occasionne des déplacements des populations et des difficultés d’approvisionnements de certains marchés.

Hauts Bassins : le niveau d’approvisionnement du marché est satisfaisant. Toutefois, les prix des céréales sèches ont connu une hausse significative par rapport au mois précédent. Ils sont également à un niveau très élevé comparés au même mois de l’année passée et à la moyenne quinquennale 2017 à 2021.

Mouhoun : La situation alimentaire des ménages est peu satisfaisante. Elle se traduit par une disponibilité des céréales sur le marché mais à des coûts d’accès très élevés par rapport aux revenus des ménages. Malgré une constance observée par rapport au mois précédent, les prix des céréales sont à des niveaux très élevés par rapport à la même période de l’année passée et à la moyenne des cinq dernières années 2017 à 2021.

Gourma : la situation alimentaire des ménages n’est pas satisfaisante et se dégrade davantage. On assiste à une réduction du nombre de repas par jour dans les ménages ruraux due en partie à une baisse considérable de leurs stocks. Aussi, la situation sécuritaire rend difficile l’approvisionnement des marchés avec comme corollaire la hausse des prix des céréales face aux faibles revenus des ménages.
On assiste à une ouverture timide des boutiques témoins (SONAGESS).

Centre Est : la situation alimentaire des ménages est peu satisfaisante. Elle se traduit par un niveau très élevé des prix qui est la résultante de la forte demande et de la faiblesse de l’offre sur les marchés. Le contexte du jeûne du mois de Ramadan caractérisé par une hausse des prix, a rendu la situation encore plus difficile.

Sahel : la situation alimentaire reste difficile. La plupart des ménages peine à avoir un repas par jour. On note tout de même une disponibilité des céréales sur le marché mais à des coûts élevés. Les prix des animaux, bien que faibles, permettent aux éleveurs de générer des revenus financiers pour s’approvisionner en vivres. A cela s’ajoute la situation sécuritaire qui ne favorise pas les transferts des vivres, des céréales d’une localité à l’autre.

Centre Nord : la situation alimentaire est difficile dans l’ensemble. Elle se traduit par un niveau élevé des prix des céréales sur les marchés, conséquence entre la forte demande en céréales et le niveau d’approvisionnement. A cela s’ajoutent les questions d’ordre sécuritaire entrainant le déplacement interne des populations et l’inaccessibilité des marchés.