Skip to main content

Au Niger, la Banque africaine de développement contribue au renforcement de la sécurité alimentaire dans les régions de Maradi et Tillabéry

Countries
Niger
Sources
AfDB
Publication date
Origin
View original

En 2017, Hamsa Hamidou, 32 ans, habitant à Simiri dans la région de Tillabéry (sud-ouest du Niger), a reçu un bovin à titre gracieux. Trois ans plus tard, il l’a revendu. Avec le bénéfice généré par la vente, il s’est procuré un mouton et une brebis. « Je les ai embouchés, puis revendus. J’ai perpétué le cycle et au bout de trois ans, j’avais quatre brebis, trois moutons et un bovin », raconte-t-il.

L’activité, soutenue par le Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) a permis à Hamidou d’être autonome financièrement et de subvenir aux besoins de sa famille.

Le programme, lancé en 2015, s’est achevé cette année. Il a été financé par le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, à travers un don de 22,79 millions de dollars américains et un prêt du même montant.

Ibrahim Bako, 40 ans, a lui aussi bénéficié du programme. Ce résident de Nakwana, dans la région de Maradi (sud du pays), avait reçu une aide pour fixer les dunes de sable, qui constituent une menace dans sa région. « Nos champs sont ensevelis par les dunes ainsi que les puits. Percevant la menace du danger, nous avons commencé la lutte contre l’ensablement par nos propres moyens à travers la mobilisation des jeunes, raconte Ibrahim. Nous avons réussi à fixer dix hectares au début, et trente hectares à la deuxième année. Le succès a été si fulgurant qu’en plus de la fixation des dunes, nous avons bénéficié d’un financement pour l’ensemencement des herbacées et 12 000 plants. Aujourd’hui, le site regorge de biodiversité par le retour des espèces fauniques et végétales. »

Un comité de gestion, composé de dix personnes a été mis en place pour protéger le site de la divagation des animaux. Le comité a fixé une taxe à payer par les propriétaires, dont les animaux sont laissés en divagation sur le site. L’argent recueilli est versé sur le compte du comité et sert à remplacer les plants détruits ou morts.

Le programme a également mis en place une opération appelée « kits chèvres ». Les femmes de quatre communes en ont bénéficié pour la production de lait. Elles ont vendu au moins 8 070 litres de lait pour un chiffre d’affaires de 4 400 dollars. Une bonne partie de cette production a servi à améliorer la nutrition des ménages, en particulier des enfants et des nourrissons. Dans ces communes, 38 têtes de chèvre ont été vendues par plusieurs bénéficiaires pour un montant de 1 150 dollars, ce qui leur a permis de couvrir leurs besoins sociaux (médicaments, alimentation et mariage). Les dons et l’autoconsommation (sacrifice de la Tabaski et baptême) représentent environ 80 têtes de chèvre, soit près de 1 700 dollars.

Le programme a également investi dans la maîtrise de l’eau. Grâce au développement de la petite irrigation, 650 hectares ont été aménagés au profit de 6 500 ménages, soit près de 45 500 bénéficiaires. Cela a permis d’augmenter la production agricole, notamment des produits vivriers et de rente. Lors de la dernière campagne maraîchère, la production additionnelle, qui bénéficie essentiellement aux femmes, a atteint 13 261 tonnes.

La mise en œuvre du programme a montré que ces investissements peuvent être rentables et améliorer sensiblement le bien-être des exploitants agricoles, tout en diversifiant leurs sources de revenus.

Pour l’hydraulique pastorale, le programme a permis de construire 26 points d’eau (forages, stations de pompage et puits pastoraux) pour couvrir les besoins en eau d’environ 12 000 personnes et un cheptel d’environ 20 914 têtes. Pour l’hydraulique villageoise et urbaine, seize infrastructures ont été réalisées, dont six pompes à motricité humaine et sept mini-alimentations en eau potable. Le raccordement multi-villages a permis d’alimenter en eau, une population de plus de 50 000 personnes et 19 981 unités de bétail tropical.

« Le projet, qui a débuté en 2015, a été réalisé dans 25 communes réparties dans sept des huit régions du Niger. Il a surtout concerné les communes les plus exposées au changement climatique où les populations sont très vulnérables », explique Allachi Boukar, coordinateur national du programme au Niger.

« Nous avons développé une démarche innovante avec la mise en place de "champs-écoles paysans", avec un encadrement technique adéquat. Ils se rendent compte par eux-mêmes des changements positifs, et cela aide aux changements des mentalités et des pratiques agricoles », conclut le coordinateur du programme.