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UNOWAS et ses partenaires appellent à une action concrète face aux enjeux du changement climatique

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UNOWAS
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En réponse à la demande du Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre en considération l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et le Sahel, UNOWAS a lancé une série d’initiatives, dont la conférence régionale sur les changements climatiques, la paix et la sécurité qui s’est tenue à Dakar les 6 et 7 avril.

Le changement climatique est devenu une préoccupation globale qui requiert une mobilisation et une réaction urgentes. Car les conséquences, néfastes, s’accentuent inexorablement et menacent la paix et la sécurité de millions de personnes qui deviennent de plus en plus vulnérables compte tenu de la vitesse du changement climatique, et le manque de moyens des gouvernements de la sous-région pour y faire face.

De plus en plus préoccupé par cette question, le Conseil de sécurité a demandé en janvier 2020 à l’UNOWAS de « prendre en considération les conséquences néfastes du changement climatique, de la précarité énergétique, des changements écologiques et des catastrophes naturelles, entre autres facteurs, notamment en aidant les gouvernements de la région et le système des Nations Unies à entreprendre des évaluations des stratégies de gestion des risques liées à ces facteurs ».

En effet, ces dernières années l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a connu des chocs climatiques sans précédent. Les vagues de chaleur, les sécheresses, les tempêtes de poussière et les inondations sont devenues plus fréquentes et les précipitations plus irrégulières affectant une région où 60 à 70 pour cent de la population dépend de l’agriculture pluviale et de l’élevage pour survivre. Selon le Comité permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), les rendements agricoles au Sahel pourraient diminuer jusqu’à 50% d’ici 2050, et provoqueraient ainsi une forte migration vers les régions côtières. Des tensions et des conflits récurrents entre agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, travailleurs forestiers, mineurs et d’autres groupes pour avoir accès aux ressources naturelles rares, sont devenus une grande source d’inquiétude.

Le changement climatique a accentué une situation déjà complexe de pauvreté, d’instabilité, de déplacement de population et de faible gouvernance des ressources, et a rendu les conditions de vie encore plus difficiles dans les endroits déjà touchés par l’insécurité et les changements climatiques extrêmes, notamment là où des groupes terroristes manipulent les rivalités locales sur les ressources naturelles en dressant les communautés les unes contre les autres.

Approche régionale de prévention des conflits et de consolidation de la paix

Face à ce constat, les populations se sont adaptées aux conditions climatiques défavorables en renforçant leurs pratiques traditionnelles. Au niveau national, les membres de la CEDEAO se sont engagés en faveur de l’Accord de Paris par le biais de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN). Bon nombre d’entre eux travaillent également à la finalisation des plans d’action nationaux sur les changements climatique (PAN). De multiples initiatives régionales ont aussi vu le jour pour promouvoir l’adaptation au changement climatique, telle que la Grande Muraille Verte, qui est une initiative panafricaine lancée en 2007 pour restaurer un espace de 8000 km de paysage dégradé qui s’étend sur le Sahel.

Afin d’apporter une contribution concrète au traitement de la question du changement climatique et son impact sur la paix et la sécurité, UNOWAS s’est engagé dans un important effort de collaboration avec le système des Nations Unies, la CEDEAO, les agences gouvernementales, et la société civile. Des initiatives significatives ont été prises dans ce sens, comme la création d’un groupe de travail CEDEAO-UNOWAS sur le changement climatique et la sécurité ; la création d’un Groupe de travail régional des Nations Unies sur les changements climatiques, la sécurité, l’environnement et le développement, en collaboration avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ; des évaluations des risques pour la sécurité climatique en collaboration avec le système des Nations Unies, la CEDEAO, les agences gouvernementales et le Groupe de travail sur les femmes, la jeunesse, la paix et la sécurité — dans cinq pays pilotes de la région : Liberia, Mauritanie, Niger, Nigéria et Sénégal. En 2022–2023, UNOWAS et la CEDEAO prévoient de faire d’autres évaluations des risques dans les autres États membres de la CEDEAO.

Ces efforts sont indispensables, car ils reflètent l’importance d’une approche intégrée pour lutter contre l’impact néfaste du changement climatique dans la sous-région, à travers la prise en compte de plusieurs secteurs d’expertise, et une coordination entre les différents acteurs aux niveau local, national, régional et international, et ce dans une approche régionale de prévention des conflits et de consolidation de la paix.

Appel à l’Action

Dans ce même esprit, UNOWAS avec l’Irlande, la République du Ghana, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et en collaboration avec les États membres de la CEDEAO et le système des Nations Unies, ont organisé les 6 et 7 avril 2022, une Conférence Régionale sur les Changements Climatiques, la Paix et la Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Cette conférence régionale, première du genre qu’UNOWAS organise, avait pour objectif de définir de manière concrète les conséquences néfastes du changement climatique, de la précarité énergétique, des changements écologiques et des catastrophes naturelles sur la sécurité humaine en Afrique de l’Ouest et au Sahel ; de faire le point sur les efforts actuels aux niveaux local, national et régional pour faire face aux risques sur la sécurité climatique ; et d’identifier les options pour renforcer les réponses actuelles aux risques liés à la sécurité climatique du point de vue de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix.

Une centaine de participants, notamment des chercheurs, des experts, des représentants de la société civile et des gouvernements des pays de la sous-région, le système des Nations Unies, ainsi que des partenaires régionaux et internationaux, ont pris part à cette rencontre.

A travers différentes sessions, les participants ont abordé une série de questions et de thèmes liés à l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité au niveau local, national, et régional. Ils ont souligné la nécessité de prendre des mesures urgentes et concrètes, notamment le renforcement de la coordination entre les différents partenaires, et la mobilisation de tous les acteurs, notamment les femmes et les jeunes pour freiner les effets néfastes du changement climatique sur la sécurité et la paix en Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Les partenaires présents à cette conférence, M. Amadou Lamine GUISSE, Secrétaire général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable du Senegal ; M. Kenneth THOMPSON, Envoyé spécial pour l’Irlande pour l’Afrique francophone et le Sahel ; Ambassadeur Kwabena Osei DANQUAH, Conseiller spécial du Ministre des Affaires étrangères et de l’intégration régionale du Ghana ; Général Francis A. BEHANZIN, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la CEDEAO ; Mme Inger ANDERSEN, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) qui a délivré un message vidéo ; et M. Mahamat Saleh ANNADIF, Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, ont tous souligné l’importance d’agir ensemble pour mieux soutenir les efforts des pays de la sous-région face à un défi qui ne connait pas de frontière géographique.

La conférence régionale sur les changements climatiques, la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel a achevé ses travaux par un Appel à l’Action à l’attention des gouvernements de la sous-région, les organisations régionales et internationales, le système des Nations Unies, et les différents partenaires. UNOWAS avec ses partenaires, et les participants ont unanimement exprimé leur soutien à l’Appel à l’Action, et se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour aider les pays de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel à faire face aux effets néfastes du changement climatique sur la paix et la sécurité.