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Rapport de situation réalisé en collaboration avec OCHA : Violences dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, Rapport de situation # 2, au 4 mai 2022 à 14h00

Países
Haití
Fuentes
Govt. Haiti
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1. Faits saillants

• Parallèlement aux affrontements entre 400 Mawozo et Chen Mechan qui ont éclaté le 24 avril dans la commune de Croix-des-Bouquets, des violences armées entre gangs se sont intensifiées le 2 mai dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Cité Soleil, Bas-Delmas et Martissant.

• Entre le 24 avril et le 2 mai, au moins 39 personnes auraient été tuées, 68 blessées et 8 portées disparues.

• Selon les estimations établies à partir de la DTM, quelque 9 000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile et de se réfugier dans des familles d'accueil ou sur des sites de rassemblement spontanés.

• L'accès routier vers le nord du pays est actuellement suspendu pour la plupart des partenaires.

2. Période couverte

Ce rapport couvre la période de 24 au 3 mai 2022.

3. Contexte

Ce lundi 2 mai, les affrontements entre gangs ont repris dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Cité Soleil (Carrefour Drouillard, la Saline), Bas Delmas (Bel Air, St Martin) et Martissant (Fontamara). Cette violence armée s’ajoute aux affrontements entre les gangs de 400 Mawozo et Chen Mechan (Chien Méchant) qui ont débuté le dimanche 24 avril dans les quartiers de la commune de Croix-des-Bouquets (Shada, Marin, Croix-des-Mission, Santo, Bigarade, Damien, Clercine, Lathan, Lizon, Duvivier). Le samedi 28 avril, la police nationale haïtienne avait mené des opérations dans la commune de Croix-des-Bouquets mais cela n’a cependant pas permis de ramener l’ordre dans les quartiers affectés par la violence entre gangs.

Les derniers affrontements entre gangs armés ont semé une fois de plus la panique au sein de la population et provoqué le déplacement de plusieurs milliers de personnes. Environ 9 000 personnes se seraient réfugiées dans des familles d’accueil, dans la zone métropolitaine mais aussi en province, et sur neuf sites spontanés. Des mouvements de personnes ont été observés sur les routes nationales 1 et 3 vers l’Artibonite et le Plateau Central.

La situation ressemble à celle vécue en juin 2021, lorsque des combats entre gangs armés ont éclaté dans le quartier de Martissant, déplaçant au moins 19 000 personnes. A nouveau, de nombreuses personnes se déplacent dans les rues, bras levés pour signifier qu’elles ne sont pas armées, portant leurs biens pour trouver un abri.

4. Bilan provisoire

• Les violences dans la commune de Croix-des-Bouquets ont provoqué le déplacement d'au moins 9000 personnes principalement en familles d’accueil entre le 24 avril et le 3 mai. Ce chiffre inclut 752 personnes (287 ménages) localisées sur 9 points de rassemblement (à Clercine, Santo, et Blanchard), dont certains sont situés dans les zones non accessibles en raison des affrontements. Un nombre important d’habitants des quartiers affectés auraient quitté la commune de Croix-des-Bouquets pour se déplacer vers les départements du Centre et de l’Artibonite (Arcahaie, Mirebalais, Saint Marc, Cabaret, et Titanyen). La situation reste volatile et les mouvements de population se poursuivent. Parmi les personnes déplacées présentes sur les sites spontanés, on compte de nombreux ménages avec des enfants en bas âge, des femmes enceintes et aussi des personnes en situation de handicap.

• Selon des informations préliminaires recueillies par les partenaires du secteur protection, entre le 24 avril et le 2 mai, au moins 39 personnes auraient été tuées et 68 blessées dans les quartiers de Butte Boyer, Croix-des-Missions, Santo, Cité Soleil, Bel Air. Au moins 23 maisons ont été incendiées et 48 écoles, 5 centres médicaux et 8 marchés ont dû fermer leurs portes.

• Les entreprises et les commerces dans les zones d’affrontement ont fermé.

• Le 2 mai, des hommes armés ont pénétré l’hôpital de Marin à la recherche d’armes à feu, des membres d’un gang armé ont tenté de mettre le feu à une église à Saint Martin.

• Les combats paralysent l'accès au nord du pays à travers les routes nationales 1 et 3, ce qui entrave encore davantage l'accès humanitaire, qui est déjà fortement compromis pour les départements du sud du pays. En effet, les récents affrontements pour le contrôle des territoires de la capitale par les gangs armés se sont intensifiés autour des principales routes reliant Port-au-Prince aux départements du nord du pays. De nombreuses ONG ont déjà dû annuler leurs missions prévues dans le nord du pays et des interventions dans la commune de Croix-des-Bouquets jusqu'à nouvel ordre.

• La situation paralyse également le fonctionnement du plus grand terminal de stockage de carburants du pays, alors que le pays fait face à une pénurie de carburants depuis plusieurs semaines. Le mardi 3 mai, des gangs armés ont détourné 10 camions-citernes transportant du carburant qui quittaient le terminal pétrolier de Varreux. De plus, un bon nombre de camionsciternes seraient bloqués à Santo depuis le dimanche 24 avril.

5. Actions entreprises

• La Mairie et la représentation de la Protection Civile de Tabarre ont mis en place un comité de gestion de crise et travaillent sur un plan de relocalisation des familles logées sur les sites spontanés dans cette commune. Avec le soutien des Nations Unies et des partenaires humanitaires, ils ont organisé la distribution de repas chauds et de produits non alimentaires (kits d'hygiène, couvertures, kits de cuisine, kits pour nourrissons) à 364 ménages déplacés.

• Au niveau national, un comité de coordination a été mis en place sous le leadership de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et est composé d'agences des Nations Unies et d'ONG partenaires. Le comité a immédiatement activé le suivi des déplacements de la DTM (matrice de suivi des déplacements).

• Les équipes médicales de MSF sont mobilisées.

• Les ONG locales mènent des activités de soutien psychosocial pour les enfants présents sur les sites.

• La ligne verte 8840 gratuite et confidentielle de OIM a été communiquée à la population pour une assistance psychosociale immédiate et un référencement vers les institutions appropriées.

• Une réunion d'urgence de l’Equipe humanitaire pays s'est tenue le lundi 2 mai pour discuter de la situation et des actions urgentes à entreprendre.

6. Besoins à couvrir

• Les autorités nationales demandent d’éviter la création de sites de PDI et de privilégier l'hébergement dans des familles d'accueil.

• Pour les personnes qui n’ont pas encore trouvé d’hébergement et se trouvent actuellement sur des sites spontanés les besoins urgents comprennent l’accès à l'eau potable, la nourriture, des kits d'assainissement, des kits pour enfants, des kits de cuisine, des matelas, des couvertures et des vêtements.

• Les cas de protection doivent être référés aux services appropriés. Pour les femmes et les filles victimes ou à risque de violences des espaces sûrs doivent être mis à disposition.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.