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Niger Analyse satellitaire: Dynamique des surfaces cultivées en zones d’accès limité - Février 2022

Pays
Niger
Sources
WFP
Date de publication
Origine
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Le contexte de crise sécuritaire entrave le suivi de la campagne agricole et les analyses nationales de sécurité alimentaire. Afin de mieux évaluer l’impact de l’insécurité sur l’agriculture dans les zones difficiles d'accès, le PAM propose d’inclure l’analyse d'images satellitaires à haute résolution, qui permet de surmonter les contraintes d’accès.
La présente analyse satellitaire évalue les dynamiques de cultures dans les zones peu ou pas accessibles du Niger, comparant la campagne agricole 2021 avec celle de l’année précédente (2020). Les produits qui en sont issus complètent ainsi l’information disponible sur les surfaces agricoles cultivées, traditionnellement collectée par des enquêtes terrain. La présente note décrit brièvement la méthodologie de l’analyse. Ensuite, les principaux résultats sont présentés, fournissant une vue d'ensemble de la situation post-récolte de 2021 dans 39 communes à accès limité au Niger, au regard des incidents sécuritaires ayant eu de janvier à octobre 2021. Enfin, ce document propose des pistes d’utilisation de ces résultats dans le processus du Cadre Harmonisé (facteurs contributifs) et activités de ciblage de la réponse d’urgence.

1. Méthodologie

Des images satellitaires Sentinel-2 (ESA/Copernicus) acquises entre le 15 juin et le 15 octobre de chaque année sont traitées afin de détecter les terres cultivées de 2016 à 2021 – cette période couvrant en théorie la saison agricole, de la fin de préparation des terres et des semis, aux pousses des cultures jusqu’aux débuts de récolte. La résolution temporelle (5 jours) et spatiale (10 mètres) de ces images permet de détecter les champs de toute taille et d'extraire des résultats à l'échelle des localités. En utilisant une méthode semiautomatisée, le PAM a évalué et cartographié les changements des surfaces cultivées dans les zones de conflits mesurant pour chacune le degré de changement des terres cultivées environnantes entre 2020 et une situation de référence précédant la détérioration de la situation sécuritaire (2016, 2017). La même analyse est reproduite en 2021 pour évaluer les changements des terres cultivées entre 2020 et 2021 dans les zones à conflit. Près de 4 630 localités ont été couvertes. On estime à près de 2,7 millions le nombre de personnes vivant dans la zone analysée pour cette étude au Niger (sans prendre en compte les déplacements de population impliqués par la situation sécuritaire). Pour chaque année d’intérêt, les surfaces cultivées sont détectées en calculant le NDVI (Normalized Difference Vegetation Index, un indice de végétation communément employé en télédétection) dont les valeurs au cours de la saison agricole se distinguent de celles des autres types de paysages, notamment de la végétation naturelle ou des champs en jachère/abandonnés.

La carte ci-dessus illustre la situation globale pour la partie ouest et centrale du Niger. Elle représente respectivement en rouge, en orange, en jaune et en vert les localités pour lesquelles a été détectée une :

• Diminution importante (> 50% de superficies cultivées perdues) ;

• Diminution moyenne (25% à50% de superficies cultivées perdues) ;

• Diminution légère (< 25% de superficies cultivées perdues) ;

• Augmentation légère (< 25% de superficies cultivées supplémentaires) ;

• Augmentation moyenne (25% à 50% de superficies cultivées supplémentaires) ;

• Augmentation importante (> 50% de superficies cultivées supplémentaires).

Les localités où il n’y a pas eu de changement notable sont représentées en gris. Ces classifications sont le résultat de l’interprétation de produits dérivés d’images satellitaires en utilisant les éléments de contexte (déplacements et retours des populations, les incidents violents, …) mais sans vérification terrain du fait de l’inaccessibilité de ces zones.

Enfin, les incidents sécuritaires enregistrés dans la zone entre le 1er janvier et le 1er octobre 2021 (source : ACLED) ont été inclus dans les cartes, afin d'évaluer le possible lien entre abandons des cultures et l’insécurité.