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Eaux souterraines : La réponse mondiale ignorée face au changement climatique

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WaterAid
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Section 1

La pénurie d’eau en 2022

De nos jours, des millions de personnes dans le monde ne disposent pas d’eau potable. Alors que le changement climatique va poursuivre ses dégâts, les communautés verront leurs maisons et leurs moyens de survie disparaître, leur eau potable contaminée ou se raréfier, leurs cultures se dessécher et disparaître, leur santé se dégrader à cause de maladies infectieuses, et leurs enfants contraints d’être déscolarisés.

Les communautés ont besoin d’eau salubre et de services d’assainissement durables pour optimiser leurs chances de combattre les conséquences dramatiques des événements météorologiques extrêmes (canicules, sécheresses et inondations). Pourtant, une personne sur quatre dans le monde ne dispose pas d’eau et d’un système sanitaire salubres à son domicile.

Une nouvelle étude menée par la British Geological Survey (BGS) et WaterAid révèle toutefois que de nombreux pays africains, y compris en Afrique subsaharienne, et certaines régions d’Asie, disposent de suffisamment d’eau pour répondre aux besoins quotidiens de chacun. Et cette ressource cachée se trouve souvent sous nos pieds : les eaux souterraines.
Les eaux souterraines présentes partout, accumulées dans la terre, le sable et la roche, ont un énorme potentiel : sauver des centaines de milliers de vies et constituer notre police d’assurance mondiale face au changement climatique.

Elles pourraient aider les communautés à combattre les conséquences climatiques qui apparaissent progressivement, comme la sécheresse et les pluies irrégulières, et renforcer la résilience aux inondations en garantissant la disponibilité d’une eau salubre pour tous.

Mais les eaux souterraines pourront uniquement atténuer les conséquences du changement climatique si elles sont correctement gérées et si nous investissons dans des dispositifs garantissant leur distribution à ceux qui en ont le plus besoin. Hélas, c’est rarement le cas.
Dans certaines régions, l’investissement dans les services nécessaires pour trouver, extraire, traiter, gérer et distribuer les eaux souterraines est insuffisant ; ces dernières restent alors pratiquement intactes.
Ailleurs, on observe une surextraction effrenée avec une exploitation excessive des eaux souterraines, en particulier dans le secteur agricole. Dans les deux cas, seul un nombre limité de ressources vitales arrive jusqu’à ceux qui en ont le plus besoin.

BGS et WaterAid ont évalué les données sur le volume d’eaux souterraines existant, la vitesse de reconstitution par les pluies et la capacité de stockage des roches.
Nos experts ont conclu qu’à l’échelle nationale, la majorité des pays africains disposent d’un volume suffisant d’eaux souterraines, non seulement pour la survie des populations mais aussi pour leur épanouissement. Parmi ces pays, l’Éthiopie et Madagascar, dont seulement la moitié de la population dispose d’eau salubre proche du domicile, et des vastes zones du Mali, du Niger et du Nigéria.

Toutefois, à l’échelle sous-nationale, dans certaines zones, les eaux souterraines sont plus difficiles d’accès ou contaminées. Notre analyse a estimé que le volume total actuel des eaux souterraines du continent pourrait fournir suffisamment d’eau potable aux populations, pendant cinq ans en cas de sécheresse, voire plusieurs décennies.

Donnée de consommation de base de ce calcul : 130 litres d’eau à usage domestique par jour et par personne, soit plus que les quantités nécessaires d’eau pour boire, cuisiner et se laver.i Les eaux souterraines étant, par définition, sous la surface, elles sont d’autant plus résilientes aux conditions météorologiques extrêmes que d’autres sources d’eau (lacs, rivières, sources et barrages), quasiment protégées contre l’évaporation et moins exposées à la pollution.

De ce fait, même en cas de conditions météorologiques extrêmes et imprévisibles, le volume d’eaux souterraines stocké dans les aquifèresii est suffisant pour alimenter des millions de personnes confrontées au changement climatique, pendant plusieurs années.
Pour ces personnes, la vie quotidienne est déjà difficile, simplement parce qu’elles n’ont pas accès à une eau salubre et à des services d’assainissement durables.