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Burundi : Rapport de situation (17 janvier 2022)

Países
Burundi
Fuentes
OCHA
Fecha de publicación
Origen
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FAITS SAILLANTS

Une résurgence de maladies à potentiel épidémique au Burundi en 2021

Un nouvel épisode de déficit hydrique affecte environ 15 000 ménages de Kirundo, au nord-est du Burundi

La prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées au cœur de la planification humanitaire en 2022

Une résurgence de maladies à potentiel épidémique au Burundi en 2021

Selon les données du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS), le pays a connu en 2021 une résurgence de maladies à potentiel épidémique par rapport à l’année 2020, comme le paludisme, la Covid-19 et le choléra. La prévalence de la rougeole, bien que moindre par rapport à 2020, reste à un niveau nécessitant une attention sanitaire particulière.

Une augmentation des cas de paludisme par rapport à 2020 La tendance à la baisse des cas de paludisme observée en 2020 par rapport à 2019, due en partie à la distribution massive par le MSPLS et ses partenaires de moustiquaires imprégnées de longue durée et de pulvérisations intra-domiciliaires résiduelles en décembre 2019, s'est inversée en 2021. La dernière distribution de masse de moustiquaires a été effectuée il y a un peu plus de deux ans, ce qui explique en grande partie la recrudescence des cas de paludisme.

Par ailleurs, la reprise de la gestion communautaire du paludisme a permis de dépister davantage, car la gestion communautaire du paludisme inclut le dépistage communautaire et la disponibilité à proximité de tests rapides, ce qui augmente la détection de cas.

En 2021, en date du 12 décembre, près de 5,7 millions d’épisodes de paludisme ont été recensés au Burundi, pour une population de 12,6 millions d’habitants. Ceci représente une augmentation de 30 pour cent par rapport à la même période en 2020, où près de 4,4 millions d’épisodes avaient été enregistrés. En revanche, le nombre de décès a diminué de 41 pour cent entre les deux périodes, avec 1 519 décès en 2021 en date du 12 décembre contre 2 589 décès à la même date en 2020. La baisse progressive des décès témoigne d'une amélioration de la prise en charge du paludisme en milieu hospitalier.

Depuis début juillet 2021, le Burundi est dans une situation d’alerte épidémique concernant le paludisme, contrairement à l’année 2020 où le pays était resté en situation normale. En 2021, l’incidence de cette maladie est particulièrement élevée dans les provinces du nord-est et nord-ouest du pays. Au 12 décembre 2021, huit districts sanitaires, soit 16 pour cent des districts sanitaires du pays, ont dépassé le seuil d’alerte épidémique.

Des flambées de Covid-19 et une campagne de vaccination qui débute timidement

Le Burundi connaît régulièrement des résurgences de cas de Covid-19. Une flambée s’est produite au cours des mois d'août et septembre 2021 et une nouvelle depuis mi-décembre 2021. Le nombre de cas en août 2021 avait augmenté de 169 pour cent par rapport au mois précédent (2 011 cas en juillet contre 5 411 en août), avec un taux de positivité moyen passant de 2,90 pour cent en juillet à 4,29 pour cent en août. En septembre, 5 504 personnes ont été testées positives, soit une augmentation de 1,72 pour cent par rapport à août. Après un ralentissement des contaminations en octobre et novembre 2021, le nombre de cas est reparti à la hausse, avec 14 734 cas positifs détectés au cours des 30 derniers jours (10 décembre 2021 – 8 janvier 2022) contre 556 cas au cours de 30 jours précédents (10 novembre – 9 décembre 2021), soit une augmentation de 2 550 pour cent entre les deux périodes.

Cette hausse des cas est associée au relâchement des mesures barrières au sein de la population ainsi qu’à l’augmentation de la capacité de dépistage dans les provinces et en Mairie de Bujumbura. Les bonnes pratiques d'hygiène, notamment le lavage des mains, restent un grand défi au Burundi, puisque seulement 6 pour cent de la population a accès aux services d'hygiène de base en raison de l’insuffisance d'eau potable. Au total, entre mars 2020 et le 8 janvier 2022, 35 500 personnes ont été testées positives au Covid-19 sur 1 276 619 tests (taux de positivité de 2,78 pour cent).

En vue de préparer la rentrée scolaire de ce début d’année 2022, le MSPLS a procédé au dépistage de la Covid-19 de tous les élèves à régime internat, ainsi que leurs enseignants et le personnel d’appui. Ce dépistage s’est déroulé entre le 31 décembre 2021 et le 4 janvier 2022. D’autres mesures de prévention ont été prises au niveau du pays, notamment la suspension des rassemblements dans les lieux de bain de chaleur sèche (sauna), la suspension des rassemblements de loisirs comme les concerts et les karaokés, ainsi que l’augmentation des sites de dépistages. Six sites additionnels de dépistage ont été ouverts dans la ville de Bujumbura, au Centre de santé (CDS) Ngagara, au CDS Mutakura, au CDS Rubirizi, au CDS Kanyosha, au CDS Musaga et au Centre hospitalo-universitaire de Kamenge. Les autorités ont également renforcé la surveillance par la police nationale du respect des mesures barrières dans les lieux publics et les transports en commun.

Le 7 octobre, un Plan national actualisé de riposte contre la Covid-19 a été adopté, comprenant un pilier sur la vaccination. Le 18 octobre, le Burundi a commencé à vacciner sa population suite au don de la Chine de 500 000 doses de vaccins Sinopharm. Le 14 novembre, le Burundi a reçu 151 200 doses de vaccins Johnson & Johnson, grâce à l’initiative AVAT (African Vaccine Acquisition Trust) appuyée par la Banque Mondiale. L’administration de ce vaccin a commencé le 7 décembre sur un site de vaccination à Bujumbura. Un plan de déploiement des vaccins a été finalisé et est en attente de validation par le Comité national de riposte contre la Covid-19. Il vise à ouvrir plus de 100 centres de vaccination à travers le pays. Jusqu’à présent, les Burundais peuvent se faire vacciner dans quatre centres de vaccination, uniquement en ville de Bujumbura (au Programme élargi de Vaccination, aux Hôpitaux Kamenge et Rubiza et au centre Bon Accueil à Bwiza). En date du 14 janvier, 396 Burundais ont reçu une première dose de vaccin Sinopharm (qui nécessite deux doses) et 5 473 Burundais sont totalement vaccinés (c’est-à-dire qu’ils ont reçu deux doses de vaccin Sinopharm ou une dose de vaccin Johnson & Johnson). Cela signifie que seule 0,4 pour cent de la population est totalement vaccinée. Au 8 janvier, le Burundi avait déjà réceptionné 802 400 doses de vaccins, dont 500 000 doses de vaccins Sinopharm et 302 400 doses de Johnson & Johnson. Un total de 794 821 doses n'ont pas encore été utilisés (soit plus de 99%).

Premiers cas de choléra notifiés après plus de 18 mois de répit

Après plus de 18 mois sans cas de choléra, le Burundi a enregistré quatre cas de choléra en novembre et décembre 2021 dans le district sanitaire de Cibitoke, au nord-ouest du pays. Ceci rappelle que la partie ouest du pays demeure endémique au choléra et qu’il est nécessaire de maintenir des mesures de prévention dans cette zone. Le MSPLS et ses partenaires ont mis en place des mesures de riposte pour contenir cette maladie, et une surveillance active au sein de la communauté a suivi. Les risques de transmission de la maladie sont accrus par le manque d'eau potable et le non-respect des mesures d'hygiène dans la province de Cibitoke, où la population utilise l'eau non traitée des rivières et des marais pour cuisiner, boire et faire la lessive. Parmi les mesures à prendre pour limiter la propagation de cette maladie particulièrement endémique le long du lac Tanganyika et dans la plaine de la Rusizi, à l'ouest du pays, le pré-positionnement d'un stock de contingence en matière d'hygiène et d'assainissement est essentiel, ainsi que la sensibilisation de la communauté à l'utilisation de l'eau traitée et le renforcement de la surveillance. La dernière épidémie de choléra au Burundi a été enregistrée en juin 2019, avec plus de 1 000 cas enregistrés, dont sept décès. En 2020, les cas de choléra sont restés faibles avec 64 cas confirmés. Jusqu'à ces nouveau cas, aucun n'avait été enregistré en 2021. Tous les cinq à six ans, le pays connaît un pic de cas. Lors de l'épidémie de 2013, 936 personnes ont contracté le choléra dans les provinces de Bubanza et Cibitoke, tuant 17 personnes.

La prévalence de la rougeole, maladie évitable par la vaccination, reste préoccupante

La prévalence de la rougeole a diminué en 2021 par rapport à 2020 et 2019, où 1 968 and 1 076 cas ont été respectivement enregistrés. Le nombre de cas de rougeole a progressivement diminué suite aux campagnes de vaccination menées dans les zones affectées entre avril et décembre 2020. En 2021, au 12 décembre, 590 cas suspects de rougeole ont été enregistrés, parmi lesquels 360 ont été confirmés. Depuis le début de l'année 2021, six districts sanitaires ont dépassé le seuil épidémique. Compte tenu du nombre de districts sanitaires ayant notifié des cas de rougeole en 2021, une campagne de vaccination de suivi devrait avoir lieu fin janvier-début février 2022.

En 2022, selon l’analyse des besoins humanitaires, les besoins en santé vont augmenter de 36 pour cent par rapport à l’année 2021, avec près de 789 000 personnes dans le besoin contre 578 000 personnes en 2021. Cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation du nombre de cas de paludisme en 2021, en l’absence d’interventions à haut impact pour inverser les tendances.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.