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Rapport de l’évaluation complète de la santé sexuelle et reproductive des adolescent-e-s et de la santé génésique des femmes en situation d’urgence dans la région du Nord (Août 2021)

Países
Burkina Faso
Fuentes
Health Cluster
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Fecha de publicación
Origen
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Introduction

Le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire, occasionnée par des attaques de groupes armés, qui depuis le 1er janvier 2019, a entraîné une dégradation sans précédent de la situation humanitaire du pays. L’insécurité grandissante s’est traduite par un accroissement rapide des déplacements forcés de populations, aussi bien à l’intérieur de leurs régions de résidence que vers d’autres régions du pays, jugées plus sûres. Ces déplacements n’ont cessé d’augmenter au fil du temps. En effet, le contexte sécuritaire est marqué par les menaces extrémistes, les conflits communautaires, les attaques des groupes armés contre les forces de défenses et de sécurité (FDS), les assassinats ciblés de civils, les enlèvements, les embuscades la pose d’engins explosifs improvisés mais aussi les opérations de sécurisation qui sont régulièrement organisées par les FDS. Dernièrement le gouvernement a recruté des volontaires de défense pour la patrie afin de contribuer à la lutte contre les groupes armés. Ces supplétifs sont recrutés localement sur leur lieu de résidence, et sur la base du volontariat. Leur mission première reste le renseignement.

Au plan humanitaire, selon les dernières statistiques du Conseil National de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) en date du 31 août 2021, le Burkina Faso compte 1 423 378 Personnes Déplacées Internes (PDI) enregistrées dans 274 communes. Les régions du Sahel et du Centre-Nord sont les plus touchées, avec respectivement 35,04% et 34,71%, soit une proportion de 69,75% des déplacés internes au niveau du pays. La région du Nord représente 8,85% du nombre total de PDIs au Burkina Faso. Derrière ces chiffres, ce sont des communautés entières, des familles, des femmes et des enfants qui sont dépourvues d’accès aux services les plus essentiels. En effet, on assiste à une réduction de l’espace humanitaire avec un profond dysfonctionnement des services sociaux de base dont l’accès est limité pour les catégories de populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées etc. On note également que les déplacements sont quasi impossibles dans certaines localités et la fermeture de formations sanitaires et services de l’état empêchant ainsi la remontée des informations pour guider la prise de décision.

La situation sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 et ses conséquences socioéconomiques contribue à la détérioration rapide de la situation humanitaire. En effet, l’avènement de la COVID-19, a relayé au second plan, la mise en œuvre des activités préventives et promotionnelles. Cela a impacté fortement les actions de protection et la qualité de l’action humanitaire.

Toutes ces situations occasionnent de nombreux risques de protection et constituent des facteurs qui limitent l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive mais également des facteurs multiplicateurs de la violence basée sur le genre faites aux femmes et filles qui se manifestent par des viols, des violences sexuelles (agressions sexuelles etc..), les violences psychologiques et des violences physiques (coups et blessures), etc. Dans le domaine de la santé, près de 1,5 million de personnes sont privées d’accès aux soins santé de base à cause des perturbations de la sécurité ayant entraîné la fermeture de 109 centres de santé et le fonctionnement à minima de 140 autres. Notons que 88 formations sanitaires abritent des PDI (bulletin N°17 du Cluster Santé, Juin 2021) dont 7 dans la région du Nord et 79 formations sanitaires fonctionnent à minima. Par ailleurs, cette situation engendre des obstacles à l'accès et à la continuité des soins et services de SSR due à la fermeture des centres de santé ce qui pourra être sources d'une morbidité (grossesses non désirées, IST/VIH/Sida, accouchements dystociques, fistule obstétricale et d'avortements, violences sexuelles et autres formes de VBG…) et d'une surmortalité maternelle et néonatale dans ces zones touchées.

C’est dans ce contexte que le groupe de travail SSR sous le lead de l’UNFPA a entrepris de réaliser la présente évaluation dans les six (6) régions humanitaires que sont le Centre-Nord, le Sahel, le Nord, la Boucle du Mouhoun, l’Est et le Centre-Est. Le présent rapport porte sur la situation de la SSR dans la région du Nord.

La région du Nord couvre quatre (04) provinces sur le plan administratif : Loroum, Titao, Yatenga, Zondoma. Elle compte quatre (04) communes urbaines et vingt-sept (27) communes rurales, et deux cent quatorze (214) villages. La région compte au total six (06) districts sanitaires à savoir le DS de Gourcy, le DS de Ouahigouya, le DS de Séguénéga, le DS de Thiou, le DS de Titao et le DS de Yako.

Selon les données du 5ème RGPH, la population de la région en 2019 est estimée à 1 720 908 habitants avec un rapport de masculinité égal 91. Les caractéristiques démographiques de la population dans la région du Nord sont les suivantes :

  • Un taux d’urbanisation 15% soit une population urbaine de 251 655 ;
  • Le nombre total de ménage est de 294 650 avec une taille moyenne des ménages de 5,8.
  • Le taux brut de natalité était de 45,7 naissances pour 1000 habitants et un indice synthétique de fécondité (ISF) de 6,5 (INSD, RGPH 2006).
  • L’espérance de vie à la naissance est de 56,7 ans.
  • Le taux brut de mortalité dans la région est estimé à 14,0‰ selon les données RGPH 2006.
  • Le ratio de mortalité maternelle est et le taux de mortalité infanto juvénile selon l’EDS 2010 sont respectivement de 263/100 000 naissances vivantes et 153‰.

Il convient de préciser que l’organisation de cette évaluation est liée au besoin du cluster santé d’avoir une analyse de la situation de la santé sexuelle et reproductive ainsi que de prévention et prise en charge du VIH/SIDA des femmes et des adolescent-e-s en situations d'urgence afin de mieux orienter les futures actions en faveur des PDIs.