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Groundswell Afrique : Les migrations climatiques internes dans les pays d’Afrique de l’ouest (Résumé analytique)

Страны
Нигерия
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Источники
World Bank
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Происхождение
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Ousmane Diagana
Vice-président, Banque mondiale,
Pour l’Afrique de l’Ouest et centrale

Comme le dit un proverbe africain, « nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Le réchauffement climatique, avec ses causes et ses effets, établit une étroite connexion entre générations et constitue un exemple éloquent de cette vérité.

Les populations ouest-africaines ont une longue expérience de l’adaptation aux conditions climatiques difficiles. La mobilité a toujours été une stratégie clé au service des habitants de la région pour gérer les risques et saisir les opportunités, qu’il s’agisse de nomades parcourant le Sahel pour nourrir leur bétail, de pêcheurs bravant les mers déchaînées ou de marchands traversant le désert. Toutefois, si les perturbations et les contraintes liées au climat s’intensifient au cours des prochaines décennies, ces populations pourraient être confrontées à des défis sans précédent. Malgré son empreinte carbone relativement faible, la région sera pourtant l’une des plus touchées par les effets du changement climatique.

Selon l’étude, si aucune mesure concrète n’est prise en matière de climat et de développement, jusqu’à 32 millions de personnes en Afrique de l’Ouest pourraient être contraintes à se déplacer à l’intérieur de leur pays d’ici 2050, en raison de la pénurie d’eau, de la baisse de la productivité des cultures et de l’élévation du niveau de la mer, exacerbée par les tempêtes. D’ici 2050, le Niger à lui seul pourrait compter jusqu’à 19,1 millions de migrants climatiques internes, soit près de 30,26 % de sa population, si aucune mesure n'est prise. Dans les petits pays du littoral ouest-africain, comme le Bénin, les migrants climatiques pourraient représenter 45 % de l’ensemble des migrants internes d’ici 2050.

La localité a son importance. Les pays d’Afrique de l’Ouest pouvaient assister à l’émergence de foyers de migration climatique dès 2030, ce qui traduit à la fois l’évolution de la capacité des écosystèmes à assurer les moyens de subsistance et le risque d’inondation dans les zones côtières de basse altitude. Les foyers d’émigration climatique coïncident dans certains cas avec d’importants centres de croissance, notamment dans les villes côtières comme Lagos et Dakar. Dans le même temps, des foyers d’immigration climatique pourraient apparaître dans des zones où l’incidence de la pauvreté est déjà élevée, comme dans le nord du Nigeria ou à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso.

Cependant il est important de noter que ces chiffres ne sont pas prédéterminés et qu’ils pourraient être réduits au niveau régional de 60 %. Cette étude nous propose une analyse solide et convaincante, ainsi qu’un cadre de planification tourné vers l’action afin d’intégrer la migration induite par le climat au dialogue politique et de lancer une action préventive. Le rapport souligne aussi que les pays d’Afrique de l’Ouest doivent intensifier leurs efforts en faveur d’un développement inclusif et résilient pour pouvoir gérer avec succès les migrations climatiques internes. Dans le même temps, la communauté internationale doit accélérer et généraliser la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d’éviter ou de réduire les impacts à l’origine des migrations induites par le climat.

En définitive, nous ne saurions nous permettre d’ignorer les migrations climatiques dans le contexte du développement si nous voulons préserver la stabilité et la sécurité de nos pays et les aider à atteindre leurs objectifs de développement durable. Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à soutenir cette évolution nécessaire vers un développement vert, résilient et inclusif. C’est une promesse faite à nos pays clients et aux générations à venir en Afrique de l’Ouest et au-delà.