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Jean-Pierre Lacroix : « La MONUSCO maintiendra une présence dans le nord du Tanganyika »

Countries
DR Congo
Sources
MONUSCO
Publication date
Origin
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MARCELLINE COMLAN

« Dans la partie nord du Tanganyika, la MONUSCO maintiendra une présence pour travailler en étroite collaboration avec les FARDC de manière à fournir la réponse sécuritaire qu’il convient face à la violence qui persiste dans cette partie de la province ».

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, l’a affirmé au cours de sa visite de travail dans le Tanganyika du 21 au 22 octobre 2021.

Selon lui, « la très bonne qualité de collaboration entre la MONUSCO, les autorités provinciales et la société civile a permis de faire avancer la stabilisation dans une grande partie de la province », bien que « pas partout ».

Le but de sa mission de vingt-quatre heures à Kalemie était en effet de rencontrer les autorités provinciales, la société civile ainsi que le personnel de la MONUSCO dans la perspective du retrait de la Mission de l’ONU du Tanganyika au 30 juin 2022.

M. Lacroix était accompagné d’une délégation composée de la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC et cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, du Représentant spécial adjoint chargé des opérations, Khassim Diagne, du Représentant spécial adjoint, coordonnateur humanitaire, David McLachlan-Karr, et de plusieurs hauts fonctionnaires des composantes militaires et policières de la MONUSCO ainsi que de l’équipe opérationnelle intégrée.

Du processus de transition

Le 22 octobre 2021, au gouvernorat de province, Jean-Pierre Lacroix a eu une séance de travail avec les autorités provinciales.

Présidée par le ministre provincial de l’Intérieur représentant le gouverneur du Tanganyika, Dieudonné Kanoma, cette rencontre visait à évaluer ce qui a été fait ; faire le point du processus de transition et discuter des priorités sur lesquelles doivent se concentrer les efforts de deux parties.

« Ces priorités sont de l’ordre du renforcement de la capacité de l’Etat en matière de justice, un soutien aux forces de sécurité et aux FARDC, mais aussi un soutien aux efforts de réconciliation et dialogue entre les communautés pour lesquels la MONUSCO est totalement engagée et c’est aussi une priorité exprimée par les autorités et la société civile », a précisé M. Lacroix.

Le Secrétaire général adjoint a aussi évoqué avec les autorités provinciales les priorités de développement, avec l’installation prochaine d’un bureau du PNUD à Kalemie, la situation des femmes et la nécessité impérative de leur implication dans le processus de transition.

Le ministre provincial de l’Intérieur, Dieudonné Kamona, a exprimé la gratitude du gouvernement provincial aux Nations Unies pour l’accompagnement reçu dans la pacification de la province du Tanganyika. Il a également indiqué que les autorités provinciales restent disposées à travailler avec la MONUSCO dans le cadre de la mise en œuvre et de l’aboutissement heureux du processus de transition. « Avec le retour à la paix, la province doit amorcer la phase de son développement » a-t-il déclaré.

Un retrait prématuré, selon la Société civile

Au quartier général de la MONUSCO, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix ainsi que la délégation ont rencontré dix membres de la société civile, dont 6 femmes, pour échanger sur le processus de transition de la MONUSCO.

Les représentants de la société civile locale ont félicité la MONUSCO Kalemie pour l'appui technique, l'orientation et l'encadrement reçus, ce qui a permis, entre autres, de dépolitiser le travail de la société civile du Tanganyika en permettant l’élaboration d'une approche thématique mettant l'accent sur la protection civile et la stabilisation ; ainsi que la rédaction d’une cartographie complète des organisations de la société civile au Tanganyika.

Par ailleurs, ils ont demandé à M. Lacroix de plaider en faveur d'un engagement et d'une implication active de la société civile dans les domaines liés à la transition de la MONUSCO au Tanganyika.

Pour la société civile locale, la MONUSCO doit encore renforcer son action dans quatre domaines spécifiques ; notamment la neutralisation des groupes armés et la création d'un environnement sécuritaire propice au retour pacifique des personnes déplacées internes dans leurs localités ; l'opérationnalisation du DDRC-S au Tanganyika avec des animateurs compétents aux niveaux provincial, territorial et local ; l'appui au renforcement des mécanismes locaux de résolution des conflits, y compris les associations de femmes et de jeunes, et, enfin, l'appui au renforcement de l'état de droit et des institutions judiciaires au Tanganyika.

Selon Anaclet Kabamba, coordonnateur de la société civile du Congo, la présence de la MONUSCO dans le Tanganyika est encore nécessaire. Il évoque l’activisme des groupes armés dans certaines zones des territoires de Nyunzu et de Bendera. Si ce dernier accueille sans enthousiasme le plan de transition, il estime que le retrait de la MONUSCO du Tanganyika doit se faire au cas par cas.

Quant à Christine Medi du Réseau des femmes du Tanganyika, elle a salué les actions et tout le travail abattu par la MONUSCO pour structurer la société civile et plus encore dans l’organisation et la promotion des femmes.

« Aujourd’hui, nous savons nous prendre en charge », s’est-elle réjouie, même si elle s’inquiète pour les aspects sécuritaires. Elle a souhaité qu’avant son retrait et en particulier durant la phase de transition, la MONUSCO poursuivre avec le programme de renforcement de capacités des femmes dans la perspective du développement de la province