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République centrafricaine : Rapport de situation (19 octobre 2021)

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ЦАР
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OCHA
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FAITS SAILLANTS

  • La menace des engins explosifs continue de s'accentuer en République centrafricaine : au moins 15 civils tués entre janvier et octobre 2021.

  • Au cours du premier semestre 2021, les acteurs humanitaires en RCA sont parvenus à fournir une assistance à 1,4 million de personnes dans un contexte sécuritaire volatile.

  • Le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire a encore augmenté, pour atteindre 2.6 million - 57% de la population.

  • La RCA est l’un des endroits les plus dangereux pour les humanitaires avec 344 incidents affectant les humanitaires entre janvier et septembre 2021.

RÉPONSE D'URGENCE

Cri d'alarme face à l'insécurité alimentaire galopante

La République centrafricaine (RCA) est un pays fertile. Il pleut abondamment, le sol est riche et une variété de cultures, de fruits et de légumes poussent presque toute l'année. Malgré cette apparente abondance, une personne sur deux ne mange pas à sa faim.

La raison en est le conflit qui s'est à nouveau intensifié depuis le début de l'année. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays n'a jamais été aussi élevé depuis 2014, atteignant désormais 691 000 personnes, et même plus au cours des derniers mois. Les populations vivent dans la peur des attaques et des exactions des groupes armés, ce qui limite leur mobilité et leur accès aux champs et aux forêts pour cultiver, cueillir et chasser. Cet environnement dangereux empêche en outre les organisations humanitaires d'atteindre les personnes dans le besoin. L'une des conséquences est la détérioration continue de la sécurité alimentaire depuis l'année dernière.

Un tableau sombre

Les indicateurs relatifs à la nutrition et à la sécurité alimentaire pour la période de soudure d'avril à août étaient déjà sombres, mais ils se sont à nouveau dégradés en juillet. En avril, la RCA a signalé le deuxième plus grand nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire critique en Afrique de l'Ouest et du Centre – la phase d'urgence, selon la classification standard mondiale de l'insécurité alimentaire aiguë. En juillet, ce chiffre avait augmenté de 58% par rapport à avril, atteignant 1 million de personnes en insécurité alimentaire critique.

Les données de surveillance suggèrent qu'en juillet, globalement 2,6 millions de personnes, soit 57% de la population centrafricaine, n'avaient pas assez à manger. Sur le million de personnes en situation d'urgence concernant leur consommation alimentaire, 250 000 étaient à un pas de la famine. Pire encore, ces personnes étaient et demeurent largement inaccessibles aux travailleurs humanitaires.

Un appel urgent

Le Cluster Sécurité alimentaire, qui réunit les acteurs humanitaires travaillant dans ce secteur, tire la sonnette d'alarme face à la montée en flèche de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition en RCA. Si la réponse humanitaire ne s'intensifie pas immédiatement, plus de 2 millions de personnes seront en situation d'insécurité alimentaire d'ici septembre ; parmi elles, 900 000 personnes resteront en phase d'urgence et au moins 250 000 risquent de tomber dans la famine.

La fin du conflit n'étant pas en vue, la grande majorité de personnes touchées par la crise continueront à dépendre de l'aide humanitaire dans les mois à venir. Sans un accès humanitaire libre aux zones où l'insécurité alimentaire est la plus forte, un quart de million de personnes vont sombrer dans la catastrophe alimentaire.

Le secteur de l'alimentation a urgemment besoin de 22,5 millions de dollars américains pour fournir une assistance alimentaire à ration complète pendant 3 mois aux 250 000 personnes les plus exposées à une situation alimentaire catastrophique, y compris pour aider par voie aérienne celles qui se trouvent dans des zones difficiles à atteindre. Seulement la moitié du Plan de réponse humanitaire 2021 du pays est actuellement financée. Le manque de ressources face à l'explosion des besoins de la population a déjà contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire l'assistance alimentaire mensuelle à une ration de 20 jours.

La malnutrition des enfants

En juillet, 80 000 enfants de moins de 5 ans étaient à risque de malnutrition aiguë sévère (MAS), soit une augmentation de 29% depuis fin 2020. Le risque de MAS est particulièrement élevé pour les enfants déplacés et ceux qui se trouvent dans des endroits touchés par le conflit, où l'accès à la nourriture, à l'eau potable, aux soins de santé et aux services de nutrition a été sévèrement restreint et où les prix des aliments ont explosé.

A travers le pays, 395 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, 40% de tous les enfants de cette tranche d'âge – un taux considérablement supérieur au seuil d'urgence de 30%. Une nutrition inadéquate sur une longue période perturbe leur croissance. La malnutrition aiguë représente un problème majeur de santé publique et constitue l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les jeunes enfants.

Le lien avec les restrictions d'accès

Les données de surveillance humanitaire indiquent un lien direct entre le conflit, les difficultés d'accès croissantes et la forte augmentation de l'insécurité alimentaire. L'accès humanitaire aux zones du nord-ouest (préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-Pendé) et du sud-est (préfectures de la Basse-Kotto, du Haut-Mbomou et du Mbomou) est entravé par le conflit actif, le déplacement des lignes de front et la présence d'engins explosifs. Ces mêmes facteurs limitent l'accès aux champs, la mobilité des éleveurs migrants et l'approvisionnement des marchés. La saison des pluies, d'avril à octobre, restreint encore davantage la capacité des organisations humanitaires à acheminer l'aide à grande échelle et à un prix abordable par la route.

L’assistance fournie

Au cours du premier semestre 2021, 1,29 million de personnes ont reçu une assistance alimentaire ou nutritionelle vitale de la part des partenaires humanitaires. Mais l'accès humanitaire reste très restreint, voire impossible, dans plusieurs localités des préfectures de Ouham-Pendé, du Haut-Mbomou, de la Basse-Kotto et de la Ouaka.

Au cours de la saison agricole actuelle, 60 900 ménages en situation d'insécurité alimentaire, soit 305 000 personnes, reçoivent une aide d'urgence pour rétablir les moyens de subsistance agricoles grâce à la distribution de semences et d'outils, au restockage de bétail et à des transferts monétaires.

En juin, la Banque mondiale a approuvé une subvention de 50 millions de dollars US pour stimuler la production alimentaire et renforcer la résilience des éleveurs et d’autres ménages en situation d'insécurité alimentaire. Ce financement apportera un soutien indispensable à plus de 465 000 personnes en situation d'insécurité alimentaire par le biais d'activités de travail contre rémunération, tout en réhabilitant les infrastructures agricoles à petite échelle dans six préfectures de l'ouest, du centre du pays et dans la capitale Bangui.

Investir dans des solutions durables

Les partenaires humanitaires investissent également dans des solutions durables pour la prévention et la gestion de la malnutrition, notamment la promotion d'aliments nutritifs, de bonnes pratiques alimentaires pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, et une réponse multisectorielle liée à la fourniture de services sociaux de base de qualité, notamment l'eau, l'assainissement et l'hygiène, les soins de santé et la protection.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.