Skip to main content

Cameroon Key Message Update: Les ménages pauvres affectés par les activités des insurgés dans l’extrême-nord font face à l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) pendant la soudure, juillet 2021

Countries
Cameroon
Sources
FEWS NET
Publication date
Origin
View original

Key Messages

La campagne agricole en cours se poursuit avec des récoltes dans la partie sud du pays. Les précipitations cumulées moyennes depuis avril ont été favorables à la production agricole. Dans les régions du Nord-Ouest, les nouvelles récoltes d’aliments de base comme la pomme de terre, le plantain, le haricot et le mais frais commencent en juillet. Avec ces récoltes, les ménages pauvres sont généralement en mesure de couvrir leurs besoins alimentaires jusqu’en octobre grâce à leur propre production. Cependant, les conflits en cours ont limité l’accès 30 à 60 pourcents aux terres agricoles pour la culture de maïs et de riz. Cette situation a occasionné une production agricole inferieure à la moyenne quinquennale. Malgré l'amélioration des revenus de la main-d'œuvre agricole et de la vente des récoltes, les prix des aliments de base, qui sont légèrement plus élevés par rapport à la même période de l'année dernière et de 15 % par rapport aux années sans conflit, continuent de limiter l'accès des ménages pauvres à la nourriture.

Dans la région de l’extrême- Nord, le lancement des activités agricoles est marqué par le début de la saison des pluies en fin mai. Cependant, les activités de semis ont été retardées par une période de sècheresse continue de 15 jours au mois de juillet qui a réduit la superficie totale semée.Toutefois, les prévisions de précipitations supérieures à la moyenne jusqu’en septembre entraîneront probablement des inondations dans les départements de Mayo Danay et de Logone & Chari, avec des conséquences sur les moyens d’existence des ménages pauvres qui dépendent de l'agriculture.

Les ménages pauvres de la région de l'Extrême-Nord, en particulier dans les zones de conflit de Mayo Sava, Mayo Tsanaga et Logone & Chari, sont actuellement confrontés à des déficits de consommation alimentaire en raison de l'épuisement des réserves alimentaires dû à une production localisée de contre-saison inférieure à la moyenne au début de 2021. Cette situation est encore exacerbée par la période de soudure en cours où les prix des aliments de base sont actuellement 12-40% plus élevés par rapport à la même période l'année dernière, réduisant ainsi le pouvoir d'achat des ménages pauvres qui sont dépendants du marché. Afin de satisfaire leurs besoins alimentaires, les ménages pauvres s’approvisionnent en aliments moins chers et moins préférés, réduisent le nombre de repas par jour et la consommation des adultes pour nourrir les enfants. La récolte principale de septembre devrait améliorer la consommation alimentaire et les revenus agricoles, notamment pour les ménages pauvres, jusqu'en janvier 2022. Cependant, les activités des insurgés associées aux enlèvements et aux pillages dans le Mayo Sava, le Mayo Tsanaga et le Logone & Chari continueront à perturber les activités de subsistance des ménages pauvres dans ces localités.

Les conditions de la sécurité alimentaire dans la plupart des régions du pays devraient rester Minimale (Phase 1 de l'IPC) jusqu'en janvier 2022 grâce à la production moyenne anticipée pour la saison principale. Cependant, bien que l'on s'attende à une cinquième production consécutive inférieure à la moyenne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les récoltes en cours vont améliorer les situations de la sécurité alimentaire à des niveaux de Stress (Phase 2 de l'IPC) jusqu'en octobre, lorsque les réserves alimentaires de la plupart des ménages pauvres commenceront à s’épuiser ; les exposant ainsi à la situation de Crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'en janvier 2022. La région de l’extrême-nord où les attaques de Boko Haram sont récurrentes, en particulier dans le Logone & Chari, Mayo Sava et Maya Tsanaga les ménages pauvres continueront d'être confrontés à une insécurité alimentaire de Crise aiguë (phase 3 de l’IPC) jusqu’au mois d'août par suite de l'épuisement de leurs stocks alimentaires et de leur dépendance vis-à-vis des approvisionnements du marché pendant la période de soudure en cours. De même, la pression accrue sur les ressources naturelles et la réduction des moyens d’existence à Mbere et Kadey, qui accueillent des réfugiés centrafricains, continuera à exposer les ménages pauvres à une situation de stress (Phase 2 de l'IPC) jusqu'en janvier 2022.