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Burkina Faso: Rapport mensuel du monitoring de protection de juin 2021 de la région de l'Est

Countries
Burkina Faso
Sources
INTERSOS
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I. Contexte/Points saillants

La région de l’Est au cours du mois de Juin 2021 a connu une situation sécuritaire stagnante en termes de dégradation comparativement au mois passé. Toutes les provinces ont connu la présence des groupes armés non étatiques (GANE), mais les violations ont été enregistrées dans quatre provinces à savoir la Tapoa, le Gourma, la Kompienga et la Komondjari. Il convient de noter qu’en termes d’incident sécuritaires, une course poursuite entre GANE et Volontaires de défense pour la Patrie (VDP) est observée sur l’axe reliant la province de la Tapoa à celle du Gourma avec des affrontements réguliers.

Les incidents de protection au nombre de 16 tels que l’atteinte au droit à la vie, l’atteinte au droit à la liberté, l’atteinte à l’intégrité physique ont été enregistrés par le monitoring de protection. Ces incidents ont été à l’origine des mouvements forcés des populations des zones d’incidents vers les localités plus sécurisées. En effet, plus de 4000 personnes dans la Kompienga se sont déplacées des villages de Madjoari, Tambarga pour les zones d’accueils telles que Nadiagou et Pama après avoir reçu des ultimatums de la part des GANE à déguerpir sous peine de représailles. Il en est de même des hameaux de culture des villages de Tankoualou dans la Komondjari, où les populations seraient autorisées par les GANE à exercer les activités agricoles sur leur champ à condition de s’abstenir à toute collaboration avec les forces de défense et de sécurité (FDS) et /ou VDP, et à s’allier à leur rang.

Dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme violent, les déplacements des personnes avec les engins à deux ou trois roues sont règlementés de 18h00 à 05h00 par une note du gouverneur à la date du 11 juin 2021. Les villages concernés par ladite mesure sont entre autres, Matiacoali, Natiaboani, Nagré, Namoungou, Kpentchangou et Tanwalbougou dans la province du Gourma ; Bartiébougou, Foutouri dans la Komondjari, les communes de Madjoari, Kompienga et Pama dans la province de la Kompienga, les communes de Logobou, Botou, Tansarga, Namounou, Tambaga dans la Tapoa et dans la Gnagna avec les communes de Coalla, Mani, Bilanga, Liptougou. Cette nouvelle mesure est accompagnée d’une opération militaire conjointe Nigéro-Burkinabè dénommée ‘’Opération Taanli’’ (qui veut dire l’union en langue locale Gourmantché) dans les zones frontalières du Burkina et le Niger depuis le 10/06/2021.

Sur le plan sanitaire, la région n’a pas enregistré de cas de Covid-19 au cours du mois, mais les organisations étatiques et non étatiques réalisent des sensibilisations pour l’observation des mesures barrières dans le cadre de la prévention.

La région de l’Est présente un environnement de protection qui se fragilise de jour en jour à cause de la recrudescence des violations, en particulier l’atteinte au droit à la vie. Le nombre accru des personnes déplacées internes (PDI) avec pour corolaire la rareté des ressources dans les zones d’accueil entraine une croissance rapide en besoin de protection. On observe une forte concentration des acteurs humanitaires dans le chef-lieu de la région tandis que les provinces comme la Tapoa, la Gnagna, et la Kompienga sont moins couvertes par l’assistance par les acteurs humanitaires. Cela entraine un déplacement des populations des provinces vers le chef-lieu de la région ou l’assistance humanitaire est accessible.