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République démocratique du Congo - Note d’information humanitaire pour les provinces du Sud-Kivu et Maniema, 1 er au 30 juin 2021

Pays
RD Congo
Sources
OCHA
Date de publication
Origine
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Ce rapport a été produit par OCHA Bukavu en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il est publié par OCHA et couvre la période du 1er au 30 juin 2021.

FAITS SAILLANTS

● Réduction de la présence humanitaire dans les Hauts-Plateaux de Fizi et d’Uvira suite à l’augmentation de tensions

● Persistance des activités des groupes armés dans le sud-est du territoire de Fizi et limite de l’accès humanitaire

● Des affrontements entre groupes armés engendrent des déplacements en territoire de Kabambare, Maniema

APERÇU DE LA SITUATION

Augmentation des tensions dans les Hauts-Plateaux de Fizi, occasionnant une réduction de la présence humanitaire Des tensions sont apparues après le déploiement de militaires et l’arrestation, le 12 juin, d’un couple accusé d’appartenir à un groupe arméDes manifestations populaires devant l’État-Major des FARDC à Minembwe en ont découlé. Le 15 juin, dans le village de Kalingi sur l’axe Minembwe-Mikenge, sept militaires congolais ont été enlevés, Suite à cela, huit ONG internationales œuvrant dans la région de Minembwe ont décidé d’évacuer leurs personnels de manière préventive vers Bukavu, et ont dû cesser leurs activités. La situation à Minembwe a continué de se détériorer le 29 juin avec la mort d’un soldat congolais puis celle de six civils le 30 juin, entrainant de nouveaux déplacements vers les villages voisins. Au 30 juin, les activités humanitaires n’avaient pas encore repris.

Persistance des activités des groupes armés dans la partie sud-est du territoire de Fizi et limite de l’accès humanitaire Début juin, l’incursion d’un groupe armé dans la localité de Kafulo en zone de santé de Fizi contraint les habitants à fuir temporairement vers les villages de Mukera et Katanga. La situation est revenue au calme le 4 juin. La récurrence de ces violences pose des contraintes d’accès sécuritaire à l’assistance humanitaire. Dans la même période, des affrontements intra et inter-groupes armés dans la zone de santé de Nundu ont mené à des déplacements de population. Cette zone connaissait une accalmie sécuritaire depuis près de six mois.

Province du Maniema Des affrontements au sein d’un même groupe armé, début juin, dans le village de Mombese, territoire de Kabambare, ont causé la mort d’une femme et poussé environ 7 400 personnes, en provenance de Mombese et de villages environnants, à se déplacer vers Kibangula, Muyombo et Inera. Fin juin, ces mêmes factions se sont à nouveau affrontées durant deux jours, occasionnant des déplacements temporaires. En plus de la persistance de conflits intra et inter-groupes armés, la communauté humanitaire a également été prise pour cible dans le Maniema, avec un membre d’une ONG nationale fouillé et dévalisé par un groupe armé. Deux agents d’une autre organisation ont également été victimes de vols le 9 juin par des hommes munis de machettes à environ 20 km de Salamabila-centre.

La province du Maniema continue de subir une épidémie de rougeole. La Division provinciale de la Santé (DPS) a recensé une hausse du nombre de cas dans plusieurs zones de santé, passant de moins de 200 à plus de 800 cas au mois de juin. Depuis le début de l’année, la DPS a recensé 3 194 cas dont 67 décès. Les zones de santé les plus fortement touchées sont Kibombo, Salamabila, Kailo, Kindu et Alunguli. La province fait face à un manque d’intrants et traitements pour y répondre de manière efficace. Une grève nationale du personnel soignant débutée le 9 juin a également eu un impact sur la situation. L’OMS, soutenue par MSF, prévoit de lancer une campagne de vaccincation dans six zones de santé en juillet.

Dans la zone de santé de Salamabila, l’une des premières conséquences du conflit lié à l’exploitation minière est la floraison d’acteurs armés dont la présence favorise l’augmentation de la vulnérabilité des populations, notamment la hausse des cas de viol et d’autres formes de violences sexuelles. Les routes qui mènent aux champs et les champs eux-mêmes sont les lieux de prédilection des agresseurs. Durant les six derniers mois, 726 cas de violences sexuelles ont été enregistrés par le Bureau central de la zone de santé.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.