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Mali : à Inabelbel, l'eau c'est le bonheur

Pays
Mali
Sources
ICRC
Date de publication
Origine
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Inabelbel est un village du cercle de Gourma-Rharous, dans la région de Tombouctou. Dans cette localité désertique d'environ 2400 habitants, l'eau potable était devenue un luxe. Les conditions climatiques difficiles et les conséquences du conflit armé avaient sérieusement impacté l'accès à ce précieux liquide pour les personnes et leurs animaux.

Avec des températures quotidiennes allant jusqu'à 44°C, des étendues de sable à perte de vue et des arbres qui résistent encore à un sol aride, Inabelbel est une localité avec des conditions climatiques particulièrement difficiles. Et depuis quelques années, la température ne cesse de s'accroître, constituant, du coup, une menace à la survie des populations qui vivent en majorité de l'élevage.

Auparavant, les habitants avaient accès à l'eau grâce à des puits et à des mares formées lors de la saison pluvieuse. Maintenant, avec le réchauffement climatique, la pluviométrie a fortement diminué. Les mares tarissent plus vite et il est de plus en plus difficile de réaliser des puits car il faut creuser entre 15 et 20 mètres de profondeur pour trouver une petite quantité d'eau.

« Avant on partait jusqu'à une dizaine de kilomètres et on passait presque toute une journée pour ramener quelques dizaines de litres d'eau, une eau qui rendait d'ailleurs malade », confie Orial Ag Ahousskat, notable d'Inabelbel.

À cette rareté de sources d'eau s'est ajouté un afflux de personnes fuyant les violences armées dans la région de Mopti. La pression sur les sources d'eau s'est accentuée au point d'aggraver la vulnérabilité aussi bien des familles d'accueil que de leurs hôtes.

Pour faire face cette la situation, le CICR a réalisé dans la zone d'Inabelbel un système d'approvisionnement en eau potable pour les hommes et leur bétail. Composée d'une grande cuve, de 5 bornes fontaines et d'un abreuvoir pour les animaux, cette infrastructure fonctionnant à l'énergie solaire garantit un accès sûr, proche et permanant à une eau de bonne qualité. Ce fut un véritable ouf de soulagement pour ces populations, notamment les femmes.

« Nous les femmes, nous sommes vraiment contentes de ce château. Avant, on quittait chez nous à 5h du matin pour aller chercher de l'eau dans des mares lointaines et on ne revenait à la maison qu'aux environs de midi pour ensuite nous occuper des autres tâches ménagères. Aujourd'hui, on prend le petit déjeuner avec nos enfants et on a accès à l'eau en moins de 15 minutes. Vraiment c'est le bonheur pour nous » témoigne Fati Walet, habitante d'Inabelbel.