Saltar al contenido principal

République Centrafricaine: Monitoring de protection - analyse trimestrielle, janvier à mars 2021

Países
República Centroafricana
Fuentes
COOPI
+ 3
Fecha de publicación
Origen
Ver original

Méthodologie

En 2020, l’UNHCR et le Conseil Danois pour les Réfugiés (DRC), en tant que co-leads du Groupe Régional de Protection, ont entamé un effort de coordination inter-agences réalisé grâce au Projet 21, un projet pilote dans la région du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso) visant à harmoniser la collecte et l’analyse de données de protection. En République centrafricaine (RCA), l’UNHCR n’a pas encore rejoint le Projet 21 mais a entamé une réforme approfondie de son Monitoring de Protection fin 2020 en publiant un appel à manifestation d’intérêt dans lequel l’UNHCR a souligné le besoin d’une nouvelle approche pour faire le Monitoring de Protection allant au-delà de l’analyse basée sur les incidents individuels en y ajoutant un volet permettant une consultation régulière des communautés affectées en les interrogeant sur leurs perceptions concernant les risques de protection auxquels elles sont confrontées selon une approche basée sur l’âge, le genre et la diversité. Dans le contexte de la crise électorale et de la réponse d’urgence aux populations affectées, l’UNHCR en RCA a néanmoins conservé un volet de collecte d’incidents de protection individuels et d’alertes de protection (i.e. violations de droits humains multiples affectant plusieurs victimes) afin d’être en mesure de générer des analyses de protection basées sur les incidents de protection.

Dans l’objectif d’améliorer la compréhension des corrélations entre l’environnement de protection et les risques de protection auxquels la population civile peut être confrontée, tant au niveau individuel qu’en tant que communauté, l’UNHCR a développé 4 questionnaires de collecte de données de protection formalisés grâce à l’outil Kobo Toolbox. En plus des outils de monitoring classiques permettant la documentation d’incidents individuels et collectifs de protection, l’UNHCR a introduit les enquêtes de perception permettant de consulter directement les populations affectées sur les risques de protection qu’elles connaissent. Enfin, afin d’assurer une utilisation harmonisée de ces outils par ses trois partenaires de Monitoring de Protection – COOPI, Finn Church Aid (FCA) et INTERSOS – l’UNHCR a développé un document normatif clarifiant sa vision du Monitoring de Protection, le rôle des différents intervenants et l’objectif des différents outils de collecte.

Les données analysées pour produire ce rapport couvrent le 1er trimestre de l’année 2021. Le projet du Monitoring de Protection est, depuis janvier 2021 présent dans 12 des 16 préfectures de la RCA en priorisant les principales zones de concentration de population relevant du mandat de l’UNHCR et zones de tensions. Dans un souci de priorisation des ressources, l’UNHCR a tenu compte de son implantation sur le territoire centrafricain et de la présence d’autres acteurs de protection pour revoir l’empreinte territoriale du Monitoring de Protection et se retirer de l’Ouham-Pendé, de la Vakaga et de la Bamingui-Bangoran.

Dans le cadre du projet, COOPI, FCA et INTERSOS, ont déployé 45 moniteurs de protection (dont 13 femmes) qui se sont appuyés sur un réseau composé d’environ 400 relais communautaires (dont près d’1/3 sont des femmes) et de nombreux comités de protection répartis dans les différentes préfectures couvertes par le projet, notamment autour des sites de déplacés et dans les zones de retour des rapatriés. En complément, et afin de couvrir certaines sous-préfectures difficiles d’accès, chacun des partenaires a entrepris, dans la mesure du possible, des missions de terrain pour couvrir les axes et corroborer les informations collectées via le monitoring à distance lorsque la situation sécuritaire le permettait.

Par ailleurs, afin de répondre à l’émergence de nouvelles zones de tensions dans le contexte de la crise électorale, l’UNHCR, en tant que lead du Cluster Protection, a déployé deux équipes respectivement à Batangafo (Ouham) et à Bangassou (Mbomou) afin de renforcer la coordination des acteurs de protection sur place. De même, faisant suite au déplacement d’environ 30 000 déplacés internes à Bossangoa (Ouham), l’UNHCR a déployé une équipe pour quelques semaines afin de coordonner la tenue d’une évaluation participative permettant aux acteurs humanitaires sur place de consulter les communautés affectées sur les risques de protection et d’améliorer la collecte de données de protection dans la zone. Enfin, dans le cadre de la réponse d’urgence du 1er trimestre 2021, le staff UNHCR du bureau de terrain de Paoua (Ouham-Pendé) a maintenu une veille humanitaire et documenté les incidents et alertes de protection qui leur étaient rapportés via les structures communautaires mises en place au cours des années antérieures.

Afin de s’adapter au contexte de crise, l’UNHCR a aussi renforcé son approche communautaire du Monitoring de Protection en maintenant le contact, par téléphone notamment, avec ses relais communautaires et autres informateurs clés vivant au sein des communautés et souvent impactés eux-mêmes par la situation. Par ailleurs, la crise ayant retardé le déploiement de ses partenaires de mise en œuvre dans plusieurs préfectures, le staff de l’UNHCR s’est personnellement investi afin d’assurer la continuité du projet et la communication avec les communautés affectées