Saltar al contenido principal

Afrique de l'Ouest : Perspectives sur la sécurité alimentaire - Mars à Septembre 2021

Países
Camerún
+ 7
Fuentes
FEWS NET
Fecha de publicación
Origen
Ver original

L’insécurité et les conflits continuent d’entrainer des niveaux élevés d’insécurité alimentaire

MESSAGES CLÉS

• Des pluies modérées continuent d’être enregistrés en mars dans la zone bimodale du Golfe de Guinée.
Les prévisions saisonnières de précipitation dans le Golfe de Guinée, élaborées par les centres régionaux (AGRHYMET, ACMAD) et nationaux indiquent pour la grande saison agricole des quantités de pluies équivalentes à supérieures aux moyennes saisonnières, et des écoulements globalement moyens à excédentaires dans la plupart des bassins côtiers. Les prévisions globales actuellement disponibles par la NOAA suggèrent également des précipitations 2021 supérieures à la moyenne dans le Sahel.

• Les récoltes de contre-saison en cours dans les pays sahéliens continuent de renforcer les disponibilités alimentaires issues des récoltes pluviales 2020/21 supérieures à la moyenne. La disponibilité des pâturages et des points d’eau est satisfaisante mais leur accès dans les zones affectées par l’insécurité, les conflits et le banditisme reste une préoccupation pour les troupeaux, en plus des limitations de la transhumance relatives aux restrictions liées à la COVID-19. La concentration des animaux dans les zones plus sécurisées pourrait engendrer la dégradation précoce des pâturages.

• La persistance de l’insécurité continue de maintenir des niveaux élevés de déplacés dans la région avec 1,723,972 personnes dans le Liptako Gourma dont 65 pour cent au Burkina Faso et 5,118,035 personnes dans le bassin du lac Tchad dont 76 pour cent au Nigeria (OIM, Février 2021). Les moyens d’existence pour la plupart de ces déplacés sont perturbés.

• Malgré les diverses restrictions liées à la COVID-19, les approvisionnements des marchés sont actuellement proches de la moyenne dans plusieurs pays, mais inférieurs à la moyenne dans plusieurs parties du bassin Est. Les perturbations des marchés et des échanges demeurent dans le bassin du Lac Tchad, la région du Liptako-Gourma, le nord-ouest et le centre-nord du Nigéria et les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Aussi, l'insécurité dans le sud de la Libye limite les flux de produits importés au Tchad. Au Nigeria, le commerce des denrées alimentaires reste affecté par la dépréciation persistante du naira et l’inflation, et les restrictions persistantes aux frontières terrestres malgré leur réouverture officielle. La demande de céréales est supérieure à la moyenne au Nigeria du fait de l'épuisement plus précoce des stocks des ménages et au Niger en raison de la reconstitution plus importante des stocks commerçants et institutionnels. Les prix des denrées de base sont en baisse ou stables par rapport au mois précédent, mais restent en général supérieurs à ceux de l’an dernier et à la moyenne. Quant au bétail, les prix sont variables selon les marchés et les espèces, mais sont en général similaires à la moyenne pour les petits ruminants, mais inférieurs pour les bovins, plus affectés par la baisse des échanges transfrontaliers, en particulier dans le bassin Est.

• En perspective, l'approvisionnement du marché en denrées alimentaires de base sera suffisant pour satisfaire la demande tout au long de l’année de consommation 2020/21, mais restera en dessous de la moyenne dans la plupart du bassin Est. Les prix seront globalement supérieurs à la moyenne au regard de la reconstitution des stocks commerçants et institutionnels anticipée supérieure à la moyenne. Le commerce régional restera dynamique avec toutefois de légères perturbations dues aux restrictions relatives à la COVID-19 et à l’insécurité

• La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en septembre 2021 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines y compris de nombreux ménages urbains durement touchés par les mesures de restriction relatives à la COVID-19 qui ont réduit la mise en œuvre des moyens d’existence habituels, engendrant la baisse des revenus et du pouvoir d'achat. Dans les zones affectées par l’insécurité civile comme la région de Diffa et l’extrême sud de la région de Maradi au Niger et dans la province du Sanmatenga au Burkina Faso, le Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) demeurera jusqu’en septembre 2021 grâce aux assistances alimentaires.

• La Crise (Phase 3 de l’IPC) qui prévaut actuellement dans plusieurs zones frontalières dans le nord et le nord-est du Burkina Faso, la région de Tillabéry et le nord de Tahoua au Niger, la région du Lac au Tchad, dans le nord-ouest et le nord-est du Nigeria, dans le nord de l’Extrême Nord du Cameroun et en Centrafrique du fait de la persistance des conflits, persistera jusqu’en septembre. Dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun également affectés par les conflits et des faibles productions, la Crise (Phase 3 de l’IPC) qui y a cours jusqu’en juin pourrait connaitre une légère amélioration en juillet avec les nouvelles récoltes, mettant les ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC). Au Nigeria, les PDI dans les camps situés dans les zones inaccessibles près du bassin du Lac Tchad seraient en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) où l’accès à la nourriture et aux revenus est très limité, en plus d’un accès humanitaire réduit