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Sahel et Afrique de l’Ouest: Insécurité Alimentaire et Nutrionnelle alarmente, Mars 2021

Pays
Burkina Faso
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Sources
Action Against Hunger
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Date de publication

UN NIVEAU INEDIT D'INSECURITE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE

Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, les résultats des dernières analyses du Cadre Harmonisé (Octobre-Novembre 2020) ont montré que près de 16,7 millions de personnes étaient en insécurité alimentaire aigue (Ph3 à 5 du CH | IPC) et que si des interventions efficaces ne sont pas entreprises rapidement, près de 23,61 millions de personnes le seront durant la prochaine saison de soudure 2021 (Juin-Août).

Les comparaisons interannuelles doivent être nuancées car d’une part il s’agit d’analyses conjoncturelles de l’insécurité alimentaire aiguë dépendant de chocs/évènements, et d’autre part on constate des variations par rapport à la couverture géographique des analyses, et au type de données disponibles.

Toutefois, cette situation est inédite par l’ampleur de l’augmentation qu’elle représente respectivement (actuellement et pour la soudure), +159 % et +126% de personnes en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë par rapport à la moyenne quinquennale (2015-2020). Sur une année, on note une augmentation d’environ 80% pour la période courante (oct-déc), et de 18% pour la soudure (juin-août). Et ce malgré une année considérée comme bonne en matière de conditions pluviométriques et de production agro-pastorale.

En 2021, la situation nutritionnelle reste également préoccupante dans la région d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
En effet, un total de 13,9 millions de cas de malnutrition aigüe (MAG) sont attendus parmi les enfants de moins de 5 ans, dont environ 30% (soit 4,31 millions) de cas de malnutrition aiguë sévère (MAS). En considérant uniquement les pays de la CEDEAO, ainsi que le Cameroun et la Mauritanie, il est attendu 9,66 millions de cas MAG, dont 3,08 millions de cas sévère (MAS), montrant ainsi une augmentation de +7% par rapport à la moyenne quinquennale (2015-2019).

En 2020, quatre enquêtes nationales de nutrition ont pu être menées, en assurant les mesures de protection liées à la pandémie de COVID-19, entre septembre et décembre au Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad. Les résultats ont montré une augmentation des prévalences nationales de MAG au Burkina Faso (9,1% vs 9%) et au Niger (12,7% vs 10,6%) en comparaison avec les résultats des enquêtes de 2019, tandis qu’au Mali (7,2% vs 8,1%) et au Tchad (10% vs 12,9%), une légère diminution est enregistrée. Cependant, il convient de noter que pour ces deux derniers pays, les résultats doivent être relativisés puisque les enquêtes se sont tenues pendant la période post-récolte, rendant la comparaison avec les enquêtes précédentes difficile.

Ces chiffres traduisent une souffrance humaine extrême, face à laquelle les membres du Food Security and Nutrition Regional Working Group (FSNWG) appellent à des engagements concrets et immédiats visant à répondre aux besoins les plus aigus et à anticiper une période de soudure qui s’annonce dramatique pour les populations du Sahel et d’Afrique de l’Ouest.

Des recommandations sont formulées dans ce sens dans la dernière partie de cette note. Ces recommandations concernent également la nécessité d’améliorer les efforts en cours concernant les interventions de moyen et longs termes qui se doivent i) de répondre de manière plus efficace aux besoins structurels et ii) d’attaquer leurs causes pour contribuer à des changements de fonds et durables.