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Burundi: Plan de réponse humanitaire 2021 (mars 2021)

Países
Burundi
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Fuentes
OCHA
Fecha de publicación
Origen
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Avant-propos du Coordonnateur Résident

En 2021, les partenaires humanitaires estiment que 2,3 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire au Burundi. Parmi elles, 1,06 million de personnes extrêmement vulnérables seront ciblées par les acteurs humanitaires pour recevoir une aide d’urgence. Au total, 195 millions de dollars américains seront nécessaires pour cette réponse humanitaire.

J’ai l’honneur de vous présenter le Plan de réponse humanitaire (HRP) pour l’année 2021. Comme pour les années précédentes, ce plan est le fruit d'efforts conjoints du Gouvernement burundais et de la communauté humanitaire.
Il s’appuie sur la méthodologie améliorée de planifi cation humanitaire qui permet une analyse approfondie des besoins, centrée sur les conditions humanitaires des populations, en vue de mieux comprendre les vulnérabilités et leurs interdépendances et d'assurer une réponse effi cace.

En 2020, les efforts des acteurs humanitaires et du Gouvernement du Burundi ont permis d’assister les plus vulnérables dont les victimes de catastrophes naturelles et les personnes en situation d’insécurité alimentaire ou de malnutrition et de prévenir la propagation des maladies à potentiel épidémique et ce, malgré les défi s, notamment fi nancières1 rencontrés. De janvier à juin 2020, les interventions humanitaires ont touché 42 pour cent des cibles du HRP 2020. Cela a été possible grâce à la générosité continue des donateurs et à l’engagement constant du Gouvernement du Burundi dans la réponse. Bien que ces efforts soient importants et à saluer, d’importants défi s (y compris fi nanciers) demeurent et ont été aggravés par la maladie à coronavirus (Covid-19).

Après une diminution marquée des besoins humanitaires en 2019, ces derniers ont connu une augmentation au cours de l’année 2020. La survenance des désastres naturels, les impacts socio-économiques de la Covid-19 sur les plus vulnérables et les retours des réfugiés burundais en provenance des pays limitrophes ont contribué à cette augmentation.

Concernant les projections pour 2021, les désastres naturels (désormais réguliers) et une intensifi cation du processus de rapatriement sont attendus tandis que des maladies comme le choléra et le paludisme demeurent des risques importants en raison de leur caractère endémique. L'impact de la Covid-19 devrait également se faire sentir pendant l'année 2021.

Prenant en compte ces besoins et risques, le nombre de personnes en besoin d’assistance humanitaire est passé de 1,74 million à 2,3 millions de personnes, ce qui représente une augmentation de 35 pour cent par rapport à 2020.
En 2021, les acteurs humanitaires ciblent 1,06 million de Burundais dont des personnes déplacées internes (PDI), des rapatriés et d’autres catégories de la population affectées par les urgences. La qualité des programmes, notamment quant à la participation des communautés, l’inclusivité et la protection (y compris la protection contre l’exploitation et les abus sexuels) sera au cœur des interventions.

Les interventions prendront également en compte les causes sous-jacentes des chocs et de leurs impacts sur les populations. Le faible niveau de développement et la pauvreté continue qui sous-tendent les besoins humanitaires et rendent la population peu résiliente aux chocs mettent en exergue la nécessité d’une collaboration étroite entre les acteurs humanitaires et de développement. Aussi, l’approche de collaboration avec les acteurs de développement entamée en 2020 sera renforcée, conformément aux exigences internationales en matière de nexus humanitairedéveloppement et à la volonté du Gouvernement Burundais.

Je me réjouis de cette nouvelle année de collaborations fructueuses en faveur des plus vulnérables et du renforcement des synergies entre les acteurs humanitaires et de développement qui nous permettra de progresser vers la réalisation des Objectifs de développement durable.

Avant-propos du coordonnateur résident En 2021, les partenaires humanitaires estiment que 2,3 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire au Burundi. Parmi elles, 1,06 million de personnes extrêmement vulnérables seront ciblées par les acteurs humanitaires pour recevoir une aide d’urgence. Au total, 195 millions de dollars américains seront nécessaires pour cette réponse humanitaire.

Coordinatrice Résidente

Contexte et impacts des chocs

En 2020, les populations burundaises ont été affectées par les effets dévastateurs des catastrophes naturelles, par une augmentation importante du mouvement de retour des réfugiés burundais et par l’impact socioéconomique de la Covid-19. Ces différents chocs, conjugués à la faiblesse préexistante des infrastructures, des services sociaux de baseet des mécanismes de résilience ont poussé 2,3 millions de personnes dans le besoin d’assistance humanitaire en 2021. Parmi elles, 700 000 personnes auront des besoins humanitaires aigus.

La survenue de désastres naturels – glissements de terrain et inondations – a causé des morts, détruit des abris, des productions agricoles, des infrastructures et des moyens de subsistance. Elle a également généré d’importants déplacements de population durant l’année 2020. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a ainsi augmenté de près de 25 pour cent par rapport à l’année précédente et il était estimé à 131 000 en août 2020. Ces personnes – dont les plus vulnérables sont à l’est (Cankuzo et Ruyigi) et à l’ouest (Bujumbura et Bujumbura Mairie) du pays – ont vu leurs conditions nutritionnelles, sanitaires et de sécurité alimentaire déjà précaires se détériorer.

En juillet 2020, à la suite des élections générales et de l'appel du nouveau Président de la République, le mouvement de retour de réfugiés burundais initié en 2017 a fortement augmenté. En 2020, 41 000 personnes ont été rapatriées. Lors des activités de suivi de protection réalisées par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) de janvier à juin 2020, 40 pour cent des rapatriés n’ont pas été retrouvés dans leurs localités de retour. A titre comparatif, ce nombre était de 9 pour cent en 2019. Selon les acteurs de la protection, ces absences pourraient être dues à de seconds déplacements liés aux diffi cultés d’accès aux opportunités économiques, aux moyens de subsistance, aux abris ou/et à la terre notamment. En outre, certains rapatriés n'ont pas de documentation civile, comme les extraits de naissance, malgré leur faible coût et les campagnes réalisées dans certains centres de transit. Cela bloque leur accès aux services, dont les services scolaires et de santé.

Aux défis liés aux mouvements de population s’est ajoutée la détérioration de l’économie causée par la pandémie de Covid-19. Alors qu’il est classé 185ème sur 189 pays sur l’indice de développement humain (IDH), le pays pourrait voir ses perspectives de croissance se détériorer. La Banque Mondiale prévoit, en effet, une augmentation de la pauvreté, dont le taux pourrait passer de 83,4 pour cent en 2019 à près de 85,9 pour cent en 2022.

Ces différents chocs devraient renforcer les défis structurels préexistants liés à l’accès aux services sociaux de base et qui constituent des facteurs déterminants des besoins humanitaires du pays. Si nous devons nous réjouir de la diminution continue du taux de malnutrition chronique au cours de ces quatre dernières années, le taux de 527 pour cent enregistré en 2020 reste cependant supérieur au seuil critique de 40 pour cent fi xé par l’OMS. Par ailleurs, les résultats de la dernière analyse du Cadre Intégré de Classifi cation de la Sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classifi cation-IPC) d’octobre à décembre 2020, indiquent que 1,3 millions de personnes – soit 11 pour cent de la population burundaise – sont en situation d’insécurité alimentaire aigue. Cette situation devrait s’empirer au début de l’année 2021 pour toucher près de 2 millions de personnes – soit près de 15 pour cent de la population du pays. Les catastrophes naturelles et les mouvements de population ont également renforcé les diffi cultés d’accès aux infrastructures, notamment aux infrastructures sanitaires et d’eau, d’hygiène et d’assainissement, renforçant les risques de transmission des maladies hydriques.

Quelque 2,3 millions de personnes seront dans le besoin d’une assistance humanitaire dont 700 000 qui présenteront des besoins aigus en 2021. Cela constitue une augmentation respective de 35 et 17 pour cent comparativement à 2020. Cette progression montre que la population burundaise continue d’être confrontée à des risques majeurs. Comme présenté dans l’Aperçu des Besoins Humanitaires (HNO), les changements climatiques, les catastrophes naturelles (inondations, glissements de terrain, déficits hydriques) et les maladies à potentiel épidémique
constituent les principaux risques susceptibles d’engendrer des conséquences sévères au Burundi. Le Burundi est, en effet, classé 169ème sur 181 pays quant à la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et il fait régulièrement face à la résurgence de maladies à potentiel épidémique, notamment le choléra et le paludisme. La situation sécuritaire
reste calme dans l’ensemble du pays. Néanmoins, il existe quelques cas d'infi ltrations et d'actes de violence contre des positions des Forces de Défense Nationales et la Police Nationale du Burundi (FDN/PNB) et contre la population civile depuis la fi n de l’année 2019.

Les problèmes de protection restent importants, avec 450 000 personnes dans le besoin d’assistance. Parmi les problématiques de protection, la question de l’accès au logement, à la terre et aux biens reste centrale. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables aux risques de protection, notamment aux violences basées sur le genre (VBG) et de traite des personnes. La santé reproductive des femmes et des filles, leur autonomisation et leur participation au marché du travail reste problématique sur l’ensemble du pays. Malgré le rôle essentiel qu’elles jouent pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages, les femmes restent confrontées à un accès inéquitable aux facteurs de production, dont l'accès à la propriété foncière. Cette précarité structurelle est renforcée dans les situations de déplacement, notamment du fait de la diminution des moyens de subsistance et de l’accès aux services de base pouvant entrainer des stratégies risquées de survie et augmenter le risque de VBG et de traite des personnes. Malgré ce contexte, l’accès aux services de prise en charge des survivantes de VBG reste limité. Aussi, l’aggravation de la situation économique des populations renforce les risques d’exploitation et de traite qui touchent particulièrement les populations vulnérables déplacées se trouvant dans les zones affectées par les désastres naturels et celles résidant dans les zones frontalières. Selon les données de l'OIM, plus de la moitié des cas de traite identifi é sont également des personnes survivantes de VBG.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.