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Afrique de l'Ouest : Perspectives sur la sécurité alimentaire - Novembre 2020 à Mai 2021

Pays
Cameroun
+ 7
Sources
FEWS NET
Date de publication
Origine
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La demande importante de reconstitution des stocks institutionnels pourrait maintenir les prix élevés au Sahel

MESSAGES CLÉS

  • Le Dispositif régional de Prévention et de Gestion des Crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest (PREGEC) a estimé en Novembre 2020, des récoltes 2020/21 à environ 75 millions de tonnes pour les céréales. Elles sont en hausse de 9 pour cent par rapport à la moyenne, et de 11 et 38 pour cent respectivement pour les tubercules et cultures de rentes. Cependant, des récoltes inférieures à la moyenne sont attendues localement dans les zones d’insécurité/conflits, du Liptako-Gourma, le bassin du Lac Tchad, le nord-ouest et centre-nord du Nigeria, le Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, à cause de l’accès limité aux champs et la réduction des superficies emblavées. Au Nigeria, ces baisses sont d’autant accentuées par l’impact de la COVID-19 sur l’accès aux intrants et à la main d’oeuvre agricole, et les inondations de cultures.

  • Les activités agricoles de saison sèche sont en cours et pourraient aboutir à des productions supérieures à la moyenne grâce à la bonne disponibilité en eau d’irrigation et à l’intensification de cette activité par les ménages. L’insécurité, les conflits et le banditisme dans les zones du bassin du Lac Tchad, du Liptako-Gouma, de l’Extrême Nord du Cameroun, du nord-ouest du Nigeria et dans la région du Tibesti, limitent l’accès aux ressources pour la production de saison sèche, l’accès aux pâturages et perturbent le fonctionnement et l’accès aux marchés.

  • Les disponibilités du marché augmentent en raison de la libération des stocks et des nouvelles récoltes en cours dans toute la région. Les prix connaissent leur baisse saisonnière, mais restent proches de la moyenne avec des niveaux supérieurs dans les zones touchées par l’insécurité, des niveaux de productions inférieurs à la moyenne et les restrictions frontalières. Avec la performance moyenne de la production prévue dans le bassin-Est et la forte demande institutionnelle attendue pour reconstituer les stocks à la suite des distributions imprévues, il est probable que les prix resteront au-dessus de la moyenne dans le Sahel, particulièrement dans les zones de déficits et/ou d’insécurité, et pour le riz local et importé dans les pays côtiers non-XOF notamment en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia et au Nigeria du fait de la dépréciation des monnaies nationales et de l’inflation. Il en est de même au Cameroun pour le riz importé à cause du déficit de stocks et des prix élevés sur le marché international. Une persistance des crises sociopolitiques en cours pourrait perturber les flux entre la Côte-d’Ivoire et les pays du Sahel et entre le Maroc et la Mauritanie.

  • La majorité des zones restera en Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2021 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines y compris de nombreux ménages urbains durement touchés par les mesures de restriction relatives à la COVID-19 en raison de la réduction de la mise en oeuvre des moyens de subsistance habituels qui conduit à une baisse des revenus et du pouvoir d'achat. Dans les zones affectées par l’insécurité civile comme la région de Diffa et l’extrême sud de la région de Maradi au Niger, dans les provinces du Loroum, Soum et Sanmatenga au Burkina Faso, et dans la région du Lac au Tchad, le Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) demeurera jusqu’en janvier 2021 grâce aux assistances alimentaires planifiées. Les difficultés d’accès aux pâturages dans les zones d’insécurité pourraient entrainer une détérioration de l’embonpoint des animaux et par conséquent leur valeur marchande.

  • La Crise (Phase 3 de l’IPC) prévaudra jusqu’en mai 2021 au sein de certains ménages déplacés au Burkina Faso dans les provinces du Bam, Namentenga, Séno, Oudalan, Yagha, Gnagna et Komondjari, au nord, nord-ouest et sud-est de la Centrafrique, dans la zone du Lac au Tchad, la région de Tillabéry et le nord de Tahoua au Niger, dans le nord-ouest et le nord-est du Nigeria et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun du fait de la persistance des conflits et des inondations avec leurs corollaires de destruction des moyens d’existence. Au Nigeria, les PDI dans les camps situés dans les zones inaccessibles près du bassin du Lac Tchad seraient en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) où l’accès à la nourriture et aux revenus est très limité.