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Face au besoin vital d’atténuer les effets de la pandémie, près de 40 millions de personnes sont confrontées à des risques accrus de violences, de discrimination et d’abus des droits humains

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Genève, 30 novembre 2020 - Selon un nouveau rapport publié ce jour par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et le Groupe mondial de la protection* (GPC) dirigé par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, des millions de personnes déplacées internes ou affectées par le conflit pourraient être exclues des services d’aide humanitaire pour la protection, et ce du fait d’une pénurie de fonds.

Les statistiques du GPC font état de près de 40 millions de personnes qui pourraient être laissées pour compte cette année, parmi 54 millions de bénéficiaires d’assistance au total dans le cadre de 26 plans d’aide humanitaire.

« Le bilan humain de la pandémie parmi les personnes vulnérables à travers le monde ne devrait pas seulement se mesurer par les pertes en vies humaines, mais plutôt par le nombre de vies anéanties qu’il faut cesser de passer sous silence. La crise de Covid-19 a frappé très durement des millions de personnes en les privant complètement des services de protection. Des enfants enrôlés de force par des groupes armés non étatiques ne pourront pas récupérer leur enfance perdue. Les femmes violées et battues portent à vie les stigmates de ces violences », a déclaré Jan Egeland, Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés.

« Dès 2021, les répercussions de l’année 2020 commenceront à se faire sentir. Comme le montre notre rapport, il faut davantage de financements pour sauver des vies humaines et guérir des blessures, mais aussi pour prévenir efficacement une nouvelle vague de violences et d’abus inqualifiables. »

Les violences sexistes se sont accrues de façon exponentielle depuis le début de la pandémie de Covid-19. Des experts avaient prévu en avril dernier que, pour chaque trimestre sans levée des mesures de confinement à travers le monde, 15 millions de femmes et de jeunes filles supplémentaires seraient confrontées à la violence sexiste.

Au Mali, plus de 4400 cas de violence sexiste ont été signalés entre janvier et septembre, mais seulement 48% des villes disposaient de services de soutien. En République centrafricaine (RCA), les incidents de violence sexiste signalés ont plus que doublé, notamment les viols, l’esclavage sexuel et les mariages forcés. La RCA était déjà auparavant l’un des endroits les plus dangereux au monde pour une femme ou une jeune fille. Au Niger, des informations ont été reçues concernant des femmes torturées pour s’être engagées dans une activité économique en dehors du foyer, et ne portant pas le voile intégral.

Les mariages précoces sont également en hausse. Treize millions de mariages précoces supplémentaires pourraient survenir au cours des dix prochaines années en raison des effets secondaires de la pandémie, selon les estimations des Nations Unies. La traite des êtres humains est également préoccupante. Les travailleurs humanitaires chargés de la protection dans 66% des pays étudiés signalant que les personnes sont davantage exposées au risque de traite des êtres humains en raison de la pandémie de Covid-19.

Une augmentation de la violence et des conflits armés a également été enregistrée, les attaques contre les civils ayant augmenté de 2,5% depuis l’arrivée de la pandémie. Par exemple, plus de 1800 incidents violents impliquant des groupes armés ont été enregistrés depuis le début de la pandémie – soit une hausse de 70% - principalement en Afrique de l’Est et de l’Ouest.

« La pandémie de Covid-19 inflige une crise des droits humains sans précédent envers les personnes les plus vulnérables au monde. Des millions de personnes déplacées internes et affectées par les conflits sont en danger ou en train de passer à travers les mailles du filet », a déclaré Gillian Triggs, Haut Commissaire assistante du HCR chargée de la protection internationale.

« Le monde ne peut pas se permettre de rester complaisant et indifférent à leur sort. Des millions de vies humaines sont en jeu. L’aide humanitaire a ses limites. Les conflits armés continuent d’être le principal facteur du déplacement forcé, la paix est donc indispensable pour mettre fin aux conflits et aux souffrances. »

Selon le rapport publié aujourd’hui, le fossé se creuse entre les besoins en matière de protection durant la pandémie et le financement des prestations de protection. Cette année, les contributions destinées à la protection des personnes les plus vulnérables dans les crises humanitaires ne s’élèvent qu’à 25% des fonds nécessaires. De plus, historiquement, près de 70% du financement des services de protection ne provient que de cinq bailleurs de fonds : l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Nations Unies et les États-Unis.

« Dès 2021, les répercussions de 2020 commenceront à se faire sentir. Comme le montre notre rapport, il faut davantage de fonds pour répondre aux besoins immédiats, tout en mettant en œuvre des dispositifs visant à éliminer les causes profondes qui engendrent initialement les violations des droits humains », a averti Jan Egeland.

Contexte :

En 2020, 54 millions de personnes bénéficiaires étaient prévues pour des prestations de protection dans les plans d’aide humanitaire, y compris les plans supplémentaires liés à la pandémie de Covid-19, dans le cadre de 26 opérations où le Groupe mondial de la protection (GPC) est actif. Ce nombre n’inclut pas les pays n’ayant pas de Plan de réponse humanitaire ni de Plan d’aide aux réfugiés car les statistiques ne sont pas encore disponibles pour 2020. Le nombre réel sera beaucoup plus élevé.

Entre 2013 et 2019, le secteur de la protection n’a reçu que 38% de ses besoins financiers, contre 61% pour l’ensemble des contributions allouées à l’aide humanitaire. Pour l’année 2020, en novembre, les financements ne s’élèvent qu’à 24% des besoins.

Au Mali, 66% des victimes de la violence sexiste signalées depuis janvier 2020 sont des jeunes filles de moins de 18 ans.

Le nord du Mozambique est le théâtre de l’une des crises de protection qui se développe le plus rapidement au monde. En novembre, les civils ont été témoins de massacres perpétrés par des groupes armés non étatiques dans plusieurs villages, qui ont entraîné des décapitations ainsi que des enlèvements de femmes et d’enfants.
Au Yémen, plus des deux tiers des jeunes filles seraient déjà mariées avant l’âge de 18 ans, contre 50% avant le conflit.

Au Cameroun, le financement des prestations de protection en 2020 a baissé de façon spectaculaire face aux besoins. Seulement 13% de l’appel de fonds a été reçu, soit à peine 3 dollars par personne. De ce fait, plus de 2 millions de personnes se retrouvent sans assistance.

Selon le Fonds des Nations Unies pour la population, 48% des femmes vénézuéliennes déracinées voyagent seules, ce qui les expose à un risque important de subir la traite des êtres humains et toutes les formes de violence sexiste.

Pour les journalistes :

  • Le Groupe mondial de la protection (GPC) est un réseau d’organisations non gouvernementales (ONG), d’organisations internationales et d’agences des Nations Unies engagées dans le travail de protection et dans les crises humanitaires, y compris les conflits armés, les crises liées au changement climatique et les catastrophes naturelles. Il est dirigé par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.
    Breaking the glass ceiling: A smarter approach to protection financing, le rapport publié par le Conseil norvégien pour les réfugiés et le Groupe mondial de la protection (GPC) peut être téléchargé ici.
    Aftershock: Abuse, exploitation & human trafficking in the wake of Covid-19 est le tout dernier rapport publié par le Groupe mondial de la protection (GPC) et il peut être consulté ici.

Pour de plus amples informations à ce sujet ou pour organiser une interview, veuillez svp contacter :

Groupe mondial de la protection (GPC) à Genève: +447989307511, gpc@unhcr.org NRC à Oslo: Global media hotline +47 905 623 29, media@nrc.no HCR à Genève: +41793377650, mantoo@unhcr.org