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Renforcement de la redevabilité envers les populations affectées - Burkina Faso - Première phase | Novembre 2020

Страны
Буркина-Фасо
Источники
Ground Truth Solutions
+ 2
Дата публикации

Auteurs

Elise Shea - Programme Analyst
Marie-Françoise Sitnam - Programme Manager

Introduction

Le Burkina Faso fait actuellement face à une période de violence qui ne fait que s’intensifier. Dans ce contexte d’insécurité, les burkinabè ont de plus en plus de difficultés à satisfaire leurs besoins de base. Dans la région du Sahel, la menace des groupes militants est déjà présente et établie, cependant, les extrémistes locaux, ceux liés à al-Qaïda et à l’État islamique ont élargi leurs opérations au Burkina Faso, aux zones frontalières avec le Mali et le Niger, menant, en 2019, à un niveau record de violence.

Ces extrémistes évoluent dans un environnement politique et socioculturel complexe au Burkina Faso. Ils profitent tout d’abord d’un appareil sécuritaire affaibli depuis l’éviction de l’ancien président Blaise Compaoré en octobre 2014. Ensuite, ils exploitent les tensions intercommunautaires. Les tensions existantes concernent l’accès aux ressources entre les éleveurs, surtout entre la communauté Peule, et les communautés sédentaires telles que Bella, Foulsé et Mossi. En ciblant leurs attaques contre les communautés Bella, Foulé et Mossi, et en tentant de recruter les communautés Peule, les extrémistes alimentent les tensions et la violence grandissantes entre elles. Par conséquent, les membres de la communautés Peule sont désormais de plus en plus stigmatisés car associés à des extrémistes.

Cette insécurité ne fait qu’aggraver les difficultés existantes liées à l’extrême pauvreté, aux inégalités économiques, aux chocs climatiques, à l’accès restreint aux marchés et aux champs (pour des activités agricoles et d’élevage), à l’accès d’éducation et à l’accès déjà limité aux soins de santé.

Au moment de la publication de ce rapport, plus de 2,2 millions de personnes étaient répertoriées comme étant dans le besoin. Les communautés des régions du Sahel et du Centre-Nord du Burkina Faso sont les plus gravement touchées par cette insécurité, avec 838 000 personnes affectées dans le besoin au Centre-Nord (dont 416 136 sont des déplacés internes) et 672 000 personnes dans le besoin au Sahel (344 569 déplacés internes).

En 2020, la réponse humanitaire dans ces régions se concentre sur les besoins suivants : abris et biens non alimentaires, eau, hygiène et assainissement, protection, santé, éducation, sécurité alimentaire et nutrition. De plus, l’Équipe Humanitaire Pays (EHP) a établi un groupe de travail sur l’engagement communautaire et la redevabilité (CEAWG) afin de soutenir la mise en œuvre et le renforcement des pratiques de redevabilité envers les personnes affectées par les organisations travaillant au Burkina Faso.

Ground Truth Solutions (GTS), en partenariat avec H2H et OCHA, offre à l’Équipe Humanitaire Pays une vue d’ensemble des personnes affectées recevant de l’aide humanitaire. Ces informations sont basées sur des données de perception collectées auprès d’un échantillon des populations affectées, bénéficiaires d’aide humanitaire, dans les principaux contextes humanitaires au Burkina Faso.

Entre le 13 et le 18 août 2020, la collecte de données a été faite au travers d’enquêtes en personne menées par le prestataire local Initiatives Conseil International, au sein de 8 communes (Kaya, Barsalogho, Kongoussi, Pissila, Yalgo, Djibo, Dori, et Gorom-Gorom) dans les régions du Centre Nord et du Sahel. Les régions et les communes ont été sélectionnées, en collaboration avec différents acteurs humanitaires payes, selon les critères suivants : 1) le degré d’assistance humanitaire (nombre d’acteurs humanitaires sur le terrain), 2) la taille de la population affectée (communautés hôtes et déplacés internes), 3) l’accès aux sites de populations affectées (risque sécuritaire et logistique). Au total, nous avons interrogé 403 personnes affectées et bénéficiaires d’aide à propos de l’assistance qu’ils reçoivent (voir la section méthodologie).

Afin de respecter le cadre de notre engagement à retourner dans les communautés enquêtées et partager nos résultats, nous nous sommes associés à l’UNICEF et à Humanity Inclusion (HI) pour mener des groupes de discussion à Dori et Kaya respectivement. À Kaya, cinq groupes de discussion ont été organisés dans des sites variés avec des femmes membres des communautés hôtes, des hommes PDI, des femmes PDI, des membres de la communauté hôte vivant avec un handicap et des leaders de la communauté hôte vivant avec un handicap. À Dori, six groupes de discussion ont été organisés dans des sites variés avec des hommes PDI, des femmes PDI, des groupes mixtes PDI et des leaders PDI. Chaque groupe comptait entre 7 et 13 participants.

De manière globale, ce projet vise à ce que la redevabilité vis-à-vis des personnes affectées devienne un élément central de la conception, de l’opérationnalisation et du suivi de l’action humanitaire au Burkina Faso. Ainsi, les questions de l’enquête sont toutes liées aux trois objectifs stratégiques du Plan de Réponse Humanitaire (PRH) 2020 :

  • En 2020, 900 000 personnes bénéficient de l’assistance d’urgence intégrée nécessaire pour adresser les problèmes critiques liés à leur bienêtre physique et mental.
  • En 2020, 1,8 million de personnes dans le besoin humanitaire affectées par la crise, améliorent leurs conditions de vie à travers une assistance adaptée à leurs besoins, fournie à temps et dans un environnement de protection.
  • En 2020, la protection et le respect des droits humains de 900 000 personnes affectées par la crise sont assurés.

Le questionnaire s’aligne également sur les trois indicateurs de perception définis en consultation avec GTS et intégrés au PRH 2020 (première version publiée en janvier 2020) :

  • % de personnes affectées qui pensent que l’aide reçue couvre leurs besoins essentiels
  • % de personnes affectées qui perçoivent que l’aide vient quand elles en ont besoin
  • % de personnes affectées qui estiment que l’assistance touche les personnes qui en ont le plus besoin

Le PRH révisé de juillet 2020 a remplacé ces indicateurs par les trois indicateurs ci-dessous :

  • Proportion de la population affectée consultée par les acteurs humanitaires pour l’intégration de leurs retours dans la programmation humanitaire.
  • Proportion de la population affectée faisant usage des mécanismes de plaintes et de retours établis par les acteurs humanitaires.
  • Proportion d’acteurs humanitaires ayant des mécanismes de plainte, de gestion de plaintes (y compris pour la protection contre l’exploitation et les abus sexuels) et de collecte de retours auprès des populations affectées.

L’enquête de GTS auprès de la population affectée ne pose pas de questions directement liées à ces nouveaux indicateurs, car ces indicateurs ne sont pas des indicateurs de perceptions. Cependant, ce projet inclut des questions pouvant être liées aux deux premiers nouveaux indicateurs.

Le questionnaire suit la méthodologie standard de GTS pour les enquêtes de perception, adaptée au contexte du Burkina Faso. Ce questionnaire contient des questions à échelle de Likert (dont les réponses correspondent à une note variant de 1 à 5), des questions binaires, des questions à choix multiples et des questions ouvertes.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.