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Rapport d’analyse mensuelle des données de monitoring de protection, Régions de Tillabéri et Tahoua (Niger) Octobre 2020

Countries
Niger
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Sources
UNHCR
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I. Evolution du contexte sécuritaire

  1. Bande frontière du Niger avec le Mali

Le contexte sécuritaire et de protection au cours du mois d’octobre 2020 a été très mouvementé, instable et volatile dans les départements de Banibangou, Abala, Ouallam et Filingué (région de Tillabéri). En effet, on remarque de plus en plus une présence active des groupes armés non étatiques (GANE) à travers des incursions multiples suivies d’assassinats, d’enlèvements, de prélèvements de zakat, d’agressions physiques, de menaces et de vols de bétails. Aussi, l’interdiction de la vente et de la consommation de la cigarette, mais aussi du tabac à chiquer, prend de plus en plus de l’ampleur et pourra être motif de coups et blessures administrés à la population civile par les GANE. Cet activisme accru dans cette zone avec des extensions sur les localités avoisinantes a eu des répercussions sur l’environnement sécuritaire et de protection des communautés vivant dans les localités concernées.
Cette situation d’insécurité pourrait constituer un véritable obstacle aux opportunités économiques de la zone qui sont principalement l’élevage et l’agriculture, réduisant les moyens de subsistances des personnes déplacées internes (PDI), des réfugiés et de la populations hôte.
Dans les départements de Tillia, Tahoua, Bagaroua et Tassara (région de Tahoua), une accalmie relative a caractérisé le contexte sécuritaire et de protection. Cette accalmie s’est matérialisée par une diminution des incursions des GANE. Cela pourrait être justifié par le renforcement du dispositif sécuritaire. Malgré cette amélioration relative, les populations autochtones comme déplacées internes vivent dans une grande peur justifiée par les opérations nocturnes auxquelles s’adonnent les GANE.
En effet, ne pouvant plus opérer la journée à cause de la présence accrue des forces de défense et de sécurité (FDS) dans la zone, les GANE font des mouvements nocturnes où ils commettent des exactions surtout dans le département de Tillia avant de se retrancher au petit matin dans la vallée d’Akafakaf près de la localité de Bakoret. Lors de ces mouvements nocturnes, les GANE recherchent activement les leaders communautaires et religieux qu’ils accusent de collaborer avec les FDS et les humanitaires.
Par ailleurs, des menaces de mort sont proférées à l’endroit de la population qui, elle aussi, est accusée de collaborer avec les FDS et les humanitaires. Ainsi, plusieurs personnes accusées d’espionnage et de transmission d’informations aux FDS seraient activement recherchés par les GANE dans les localités de Bakoret, Intazayene, Eknewane et Akazarar situées dans le département de Tillia