Skip to main content

Le Sahel central : Aperçu des besoins et des fonds requis révisés (octobre 2020)

Countries
Burkina Faso
+ 2 more
Sources
OCHA
Publication date
Origin
View original

La région du Sahel central

le Burkina Faso, le Mali et le Niger - est confrontée à l'une des crises humanitaires les plus difficiles et complexes au monde. Les effets cumulés de l'escalade des conflits et de l'insécurité, du changement climatique et des conditions météorologiques extrêmes, et de la Covid-19, dévastent des communautés à travers la sousrégion, entrainant des besoins à des niveaux jamais atteints. Un nombre record de 13,4 millions de personnes dans les trois pays - une personne sur cinq – a besoin d'assistance et de protection vitales. Une action coordonnée, des ressources adéquates, et une réponse basée sur les principes humanitaires sont requises d'urgence pour apporter une réponse à l’échelle des besoins et renverser les tendances. L'avenir de millions de personnes, quatre sur cinq âgées de moins de 35 ans, est en jeu.

Aperçu régional

CRISE DE PROTECTION

Le principal moteur de la détérioration dramatique de la situation au Sahel central est le conflit et l'insécurité. Depuis l'épicentre dans la région frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la violence s'est rapidement étendue à de vastes zones, augmentant le risque de débordements dans de nouvelles régions, y compris les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest. Les civils sont pris en tenaille entre les groupes armés, la violence intercommunautaire et les opérations militaires. Les écoles, les centres de santé, les institutions religieuses et autres institutions publiques sont fréquemment prises pour cible, menaçant la vie et les moyens de subsistance des civils, limitant l'accès aux services sociaux de base, aggravant les besoins et déchirant le tissu social des communautés. Plus de 6 600 personnes ont été tuées au cours des 12 derniers mois. Les violations des droits de l'homme, y compris la violence sexuelle et sexiste et la violence contre les enfants, sont en forte augmentation.

IMPACT SUR LES SERVICES SOCIAUX DE BASE

Les trois pays sont confrontés à un déficit structurel en matière de services sociaux de base dans les zones rurales. Alimentée par des défaillances de longue date, la crise sécuritaire limite ou perturbe l'accès aux services vitaux dans de nombreuses communautés touchées, ce qui ne fait qu'accroître l'insécurité et exacerber les inégalités. Plus de 150 centres de santé ne fonctionnent pas et quelque 3 500 écoles sont fermées, privant ainsi les communautés touchées par la violence des soins et de l'éducation les plus essentiels. L'interruption des services de base empêche toute une génération de jeunes dans une région en difficulté de bénéficier des effets favorables d’un dividende démographique.

DÉPLACEMENT FORCÉ

La détérioration du contexte sécuritaire a entraîné des déplacements massifs. Le nombre de personnes déplacées dans le Sahel central a été multiplié par vingt, passant de 70 000 en 2018 à 1,5 million aujourd’hui. L'augmentation est particulièrement fulgurante au Burkina Faso où la violence a forcé un million de personnes à fuir leurs foyers depuis le début de 2019, dont 400 000 personnes en 2020. La région orientale de Diffa au Niger continue en outre d'accueillir 125 000 personnes déplacées internes et 168 000 réfugiés nigérians qui ont fui les violences liées à la crise persistante dans le bassin du lac Tchad.
Les déplacements à grande échelle mettent à rude épreuve les services affaiblis et les ressources naturelles limitées, telles que la terre et l'eau, exacerbant davantage les tensions et les conflits sociaux. Les familles déplacées, en particulier les femmes et les enfants, sont davantage exposées à la violence, à l'exploitation et au recrutement par des groupes armés non étatiques.

DÉTÉRIORATION DE L'INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE

La recrudescence de la violence est également devenue le principal moteur d'une crise alimentaire dramatique, frappant le plus durement les communautés touchées par le conflit. La production agropastorale, moyen de subsistance de quatre familles sur cinq dans la sous-région, est particulièrement exposée à l'impact des conflits et du changement climatique.
Les récents cycles de sécheresse et d'inondations ont durement frappé les communautés, alors que l'insécurité et les déplacements limitent l'accès et les moyens de production alimentaire. Dans toute la région, 7,4 millions de personnes se trouvent en situation d'insécurité alimentaire aiguë, soit trois fois plus que l'année dernière et représentant une augmentation massive par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Au Burkina Faso, on estime que 11 000 personnes font déjà face à des niveaux de famine de l'insécurité alimentaire. Près d'un million d'enfants dans la sous-région sont touchés par la malnutrition aiguë sévère qui met leur vie en danger, tandis que le cercle vicieux d'insécurité, de déplacement et d'interruption des services sociaux de base impacte directement l'état nutritionnel des plus vulnérables. La priorisation des zones les plus affectées par la malnutrition aiguë et l'insécurité alimentaire ainsi que la mobilisation d’une réponse accélérée seront essentielles pour sauver des vies et des moyens de subsistance. Sans action urgente, une catastrophe est imminente.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.