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Freiner à tout prix la progression du COVID-19 en RCA

Pays
République centrafricaine
Sources
MINUSCA
Date de publication
Origine
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ABOU MOUHILOU SEIDOU

Le 14 mars 2020, la Centrafrique enregistrait son premier cas de Coronavirus (COVID-19). Depuis, d’autres cas ont été détectés, amenant le gouvernement à renforcer davantage les mesures susceptibles de faire barrage à la propagation du virus.

De la surveillance accrue et le dépistage systématique à tous les ports d’entrée en Centrafrique, la mise en auto-isolation des passagers en provenance des pays à risque, la sensibilisation massive à travers tous ses canaux de communication, l’on est passé, avec la découverte du premier cas, à l’interdiction de rassemblements et de mouvements de masse, l’obligation au Corps diplomatique et toutes les représentations internationales de se conformer aux directives nationales.

Aujourd’hui, tel qu’a annoncé le Chef de l’Etat, 14 nouvelles mesures prennent immédiatement effet, au nombre desquelles la fermeture de l’aéroport pour une durée de 15 jours renouvelable, à l’exception des vols commerciaux, vols humanitaires, cargos, et aéronefs en difficulté, des escales techniques sans débarquement (...), ainsi que des établissements préscolaires, scolaires et universitaires, des bars dancing, buvettes, etc. A cela s’ajoutent la limitation des cérémonies de deuils et de mariages, sans oublier des restrictions de mouvements de Bangui vers les provinces, etc.

Présente en RCA avec environ 15000 personnels civil, militaire et de police, la MINUSCA a très vite été mobilisée aux côtés du gouvernement et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), afin de communiquer au maximum pour changer des comportements et respecter les mesures. « La MINUSCA a fait énormément de choses. Les alertes concernant des personnels ont été gérées de façon concertée et la MINUSCA a systématiquement saisi le ministère de la santé. A cela s’ajoute l’appui matériel et technique, notamment dans les dispositifs en place à l’aéroport Bangui-Mpoko pour mieux diagnostiquer les voyageurs. C’est une coopération exemplaire et décisive », comme l’a affirmé le Ministre de la santé publique, le Docteur Pierre Somsé, le 18 mars, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission.

Coopérer pour détecter et référer précocement les cas suspects aux autorités.

Signalement de tout cas à la moindre alerte, mise en auto-isolation systématique des membres du personnel rentrés de pays à contamination locale, mesures d’hygiène appropriées..., autant de dispositions prises par la MINUSCA pour prévenir la propagation du COVID-19.

En conférence de presse, récemment , aux côtés du Ministre centrafricain de la santé, Pierre Somsé, Denise Brown, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et Coordonnatrice humanitaire en RCA, a assuré que « les personnels de la MINUSCA et de toute la famille des Nations Unies suivent les procédures établies contre le COVID-19, afin de protéger la population et se protéger, tout en continuant à travailler en coordination avec les autorités ».

A l’Aéroport de Bangui M’poko, le dispositif est visible et pratique. Des casques bleus constamment sur le tarmac pour appuyer le gouvernement dans la surveillance et vérification des passagers, ce, jusqu’à la suspension complète des vols. L’un après l’autre, les passagers devaient d’abord se conformer à la vérification de température par un agent de santé, avant de se désinfecter les mains à l’aide d’une solution hydroalcoolique, avant d’être orientés sous la tente dressée par les casques bleus où tous les passagers devaient se faire enregistrer. « Dès que l’avion atterrit, il y a premièrement la désinfection de la main que doivent faire les passagers. Tout le monde passe par ici », explique Catherine Bevare, contrôleuse sanitaire, qui confirme que depuis l’avènement de la pandémie, tous les passagers, sans exception, doivent passer par l’unique guichet sanitaire pour se faire contrôler. « C’est la recommandation du Ministère de la santé publique», ajoute-t-elle.

Des actions en soutien à la riposte nationale

La Police de la MINUSCA accompagne fortement au processus. Elle a offert deux kits de salubrité à ses homologues du peloton motorisé et de la légion de la Gendarmerie. Don assorti de conseils sur leur bon usage et sur le lavage des mains, afin qu’ils puissent les partager avec leurs usagers. Elle a également mis à disposition six médecins et une dizaine d’infirmiers qui ont été spécialement déployés à l’Aéroport de Bangui pour appuyer les autorités nationales dans le contrôle sanitaire des passagers à l’arrivée, tout en y renforçant son équipe de colocation pour soutenir les Forces de sécurité intérieure (FSI) affectées au contrôle et à l’orientation des passagers. Par ailleurs, elle a commencé des sensibilisations au profit des FSI et intégré des mesures de prévention lors des activités de renforcement de leurs capacités, notamment dans les écoles de formation, les unités opérationnelles et les états-majors.

La Mission a aussi pris des mesures d’urgence pour éviter que son personnel soit à risque ou constitue éventuellement un facteur de risque pour les populations. L’auto-isolement systématique de 14 jours applicable à tout membre du personnel provenant ou ayant transité par un ou plusieurs pays à transmission locale. Une mesure qui n’exempte nullement le leadership, dont trois membres, dont le Représentant spécial, Mankeur Ndiaye, s’y conforment.

Autres décisions importantes : la suspension provisoire des congés ainsi que le retour en Centrafrique du personnel actuellement en congé ou en mission, l’annulation des vols non-essentiels au sein de la Mission, la suspension des rotations des contingents de sa Force, ainsi que des plans de voyage pour toutes les nouvelles recrues. Et comme l’a fait valoir le Ministre Pierre Somsé : « L’action que mène la MINUSCA permet de prévenir, de protéger le personnel de la MINUSCA et puis, par la même occasion, contribue à la protection de la santé publique dans le pays et à la santé internationale. Elle a systématiquement saisi le ministère pour signaler qu’on a un cas suspect et obtenir le prélèvement qu’il faut. Cette coopération est très importante. En plus de ça, il y a cet appui matériel, un appui technique aussi puisque la MINUSCA fait partie de l’équipe de coordination. Elle intervient de façon active dans les dispositifs que nous mettons en place notamment à l’aéroport. Elle a mis en place des tentes, non seulement pour renforcer notre capacité d’accueil, mais aussi pour la prise en charge des contingents qui arrivent ».

Sensibiliser sur toute l’étendue du territoire

Tout comme les précautions d’usage, les mesures en cours ont pour but de freiner, voire stopper la propagation du COVID-19 sur l’étendue du territoire et ainsi préserver la santé des Centrafricains. « Au-delà de nos modestes personnes, il s’agit de mieux protéger ceux que nous aimons et ceux que nous sommes venus aider, ici en Centrafrique », a souligné le Chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, dans une adresse à l’intention de son personnel.

Le cap est désormais sur les actions de sensibilisation au respect des mesures-barrières. Consciente des effets néfastes du virus voyageur, la Mission a pris les dispositions similaires pour protéger son personnel, mais aussi les populations des préfectures. La vidéoconférence organisée avec les préfets, le dimanche 22 mars 2020, en collaboration avec le Ministère de la santé et l’OMS, pour les mettre au même niveau d’information afin d’uniformiser la riposte s’inscrit dans ce cadre.

À Kaga-Bandoro, Bangassou et Gambo, les bénéficiaires du programme de Réduction de la violence communautaire (RVC) couplent leurs activités de formation professionnelle avec les mesures préventives contre le coronavirus. A Pombolo, dans la Préfecture de Mbomou, chefs de villages, leaders communautaires et religieux ont assisté à la séance d’information sur les gestes barrières. A en croire le Maire de la commune, Ousmane Ndjainga, « C’est la première fois que j’entends parler de Coronavirus. A mon tour, je demanderai désormais à la population de se saluer à distance, au-delà même d’un mètre ».

Venir à bout du virus est aussi à ce prix. La sensibilisation devra donc se poursuivre pour atteindre toutes les couches de la société à l’image des professionnels des médias qui sont outillés les 26 et 27 mars à Bangui afin de pouvoir mieux relayer via différents organes de presse les questions relatives au COVID-19. Fruit de la collaboration entre la Ministère de la santé, l’OMS et la MINUSCA, ces séances de formation permettront de familiariser la population avec les mesures salvatrices que sont le lavage régulier des mains au savon ou à l’aide de gel hydroalcoolique, le respect de la distance sociale, l’utilisation de mouchoirs à usage unique, sens oublier d’éviter de toucher les yeux, la bouche et le nez. Et on le ne répétera jamais assez : si vous sentez des malaises, restez chez vous et appelez un médecin.