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Niger : Analyse IPC de la malnutrition aiguë (juin 2019 – mai 2020)

Pays
Niger
Sources
Govt. Niger
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Date de publication
Origine
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Exacerbation en 2020 d’une situation nutritionnelle déjà alarmante

Chiffres-clés octobre 2019 – mai 2020

  • 918 360 Enfants de 6-59 mois malnutris aigus AYANT BESOIN D'UN TRAITEMENT au cours de l’année 2020
  • Malnutrition aiguë sévère - Nombre de cas : 396 539
  • Malnutrition aiguë modérée - Nombre de cas : 521 821
  • 376 444 Femmes enceintes ou allaitantes malnutries aiguës AYANT BESOIN D'UN TRAITEMENT

Facteurs déterminants de la MAG IPC Phase 3 & 4

  • Apport alimentaire inadéquat (faible diversité alimentaire minimum, régime alimentaire minimum acceptable inadéquat).
  • Morbidité élevée : Diarrhée, paludisme, infections respiratoire aiguë, anémie.
  • Pratiques ANJE sous optimales, faible accès à l’eau potable et mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.
  • Insécurité alimentaire aiguë fragile.
  • Insécurité dans les régions de Diffa, Tillabéri, Tahoua et Maradi fondamentalement.

VUE D’ENSEMBLE

Sévère à quel point ? Combien ? Et quand ? De la période de juin à octobre, au total 1 région et 19 départements en phase Sérieuse (IPC phase 3) et 2 autres départements en phase Critique (IPC phase 4), correspondant à la période de soudure (pic de la malnutrition). Au total 918 360 enfants de 6 à 59 mois souffriront de la malnutrition aiguë durant l’année 2020 sur la base des résultats de l’enquête SMART nationale de nutrition réalisée entre août et septembre 2019. De la période de novembre 2019 à février 2020, la situation nutritionnelle s'est probablement améliorée avec 1 département en phase Critique, et 3 autres départements et 1 région en phase Sérieuse. À partir de mai 2020, si des dispositions utiles ne sont pas prises, une détérioration assez importante de la situation nutritionnelle sera observée. Ainsi, 2 départements pourrait être en phase Critique, et 1 région et 8 départements en phase Sérieuse.

Où et qui ? Pour la situation actuelle, 3 régions sur 8 ont été analysées à l’échelle régionale dont une (Tahoua) classée en phase Sérieuse (IPC phase 3) et deux en situation d’Alerte (IPC phase 2) (Niamey et Tillabéri). Au total 34 départements ont été analysés dont 2 en situation Critique (N’Gourti et MaînéSoroa), 19 en situation Sérieuse (N’Guigimi, Boboye, Aguié, Bermo, Dakoro, Gazaoua, GuidanRoumdji, Madarounfa, Mayahi, Tessaoua, Belbedji, DamagaramTakaya, Doungass, Gouré, Kantché, Magaria, Mirriah, Tanout et Tesker) et 13 en situation d’Alerte (Aderbissinat, Bilma, Arlit, Iférouane, N’Gall, Tchirozérine Diffa, Goudoumaria, Dogondoutchi, Dosso, Gaya, Tibiri et Takéta). La situation évoluera avec une amélioration significative probablement entre novembre 2019 et février 2020 avant de connaitre une dégradation à partir de mars 2020.

Pourquoi ? Les facteurs contributifs majeurs à la malnutrition aiguë varient d’une unité d’analyse à une autre : plus précisément ceux liés à l’apport alimentaire inadéquat, les prévalences élevées des morbidités infantiles, les niveaux d’anémie très élevés, les pratiques d'Alimentation des Nourrissons et des Jeunes Enfants (ANJE) sous optimales, faible accès à l’eau potable et mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement. Les effets négatifs liés à l’insécurité dans les régions de Diffa, Tillabéri, Tahoua et Maradi fondamentalement sont non négligeables et pourraient influer négativement la situation nutritionnelle. L’insécurité alimentaire aiguë des ménages apparait ici comme un facteur contributif mineur dans la plupart des zones analysées.