Skip to main content

Les femmes centrafricaines engagées dans la vulgarisation de l’accord et leur participation effective aux élections

Countries
CAR
Sources
MINUSCA
Publication date
Origin
View original

Les femmes centrafricaines demandent aux autorités de la République centrafricaine (RCA) la mise en œuvre de la loi sur la parité, approuvée par l’Assemblée nationale il y a quelques mois. Au cours d’une conférence de presse conjointe avec la MINUSCA mercredi à Bangui, les responsables du Réseau des Femmes Leaders pour la Transformation de l’Afrique (AWLN) et du Forum National des Femmes de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ont également annoncé la poursuite de leur lutte pour les droits des femmes ainsi que la vulgarisation de l’Accord de paix et la participation effective des femmes aux élections de 2020-2021.

« La Centrafrique dispose d’une loi sur la parité, qui stipule que les femmes doivent représenter au moins 35% dans les différentes instances de la vie politique du pays, malheureusement, nous sommes loin d’arriver à ce niveau », regrette Léa Koyassoum-Doumta Mboua, Coordonnatrice de l’AWLN. Léa Koyassoum-Doumta Mboua a également condamné la poursuite des violences à l’intérieur du pays dont les principales victimes restent les femmes, rappelant que cela constitue « une grave violation de l’Accord de paix ».

Faisant part des difficultés auxquelles se confrontent les femmes centrafricaines dans la lutte pour leurs droits, la vice-présidente du Forum National des Femmes de la Conférence Internationale sur la Région de Grands Lacs, Marie Madeleine Moussa Yadouma, lance, pour sa part, un appel aux femmes afin de participer à la vie politique centrafricaine. Elle demande par ailleurs à la communauté internationale à soutenir les autorités dans l’organisation des prochaines élections. « Pour faire de bonnes élections, il faut qu’il y ait la sécurité. Nous voulons que ces élections soient sécurisées. Nous demandons au Gouvernement, aux garants et facilitateurs que l’APPR-RCA soit respecté, que la sécurité revienne, que les réfugiés rentrent chez eux, et que pendant les élections, les candidats soient protégés, que les gens battent campagne librement et en toute sécurité ».

De son côté, la Conseillère en Genre de la MINUSCA, Gladys Atinga, a fait savoir que l’implication de la Mission a fait bouger les lignes, en faveur des femmes en RCA. Dans le domaine de la réforme du secteur de sécurité par exemple, les plaidoyers de la MINUSCA auprès des autorités centrafricaines, ont fait que « dans les Forces armées centrafricaines, 8,5 % des nouvelles recrues de 2019 sont des femmes tandis que dans les Forces de sécurité intérieure, les femmes représentent 25% des nouvelles recrues en cours de formation dans les Ecoles de Police et de Gendarmerie. Fait important à souligner, le responsable du test de recrutement est une femme », a-t-elle précisé. Elle a souligné que la MINUSCA reste engagée auprès des autorités centrafricaines pour faire valoir le genre, citant entre autres « la mobilisation de l’Equipe Pays des Nations Unies pour une assistance humanitaire d’urgence, la réalisation des projets d’appui à la résilience communautaire en faveur des femmes, la construction des Maisons de la femme, le renforcement du pouvoir d’action des femmes membres des mécanismes de mise en œuvre et de suivi de l’Accord de Paix et la mobilisation et le coaching des femmes leaders pour un plaidoyer fort et à haut niveau en faveur de la participation des femmes au processus électoral ».

De son côté, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a fait part de la reprise des violences dans la ville de Ndélé, au lendemain d’un communiqué du G5 condamnant ces nouvelles violences et la visite du Commandant adjoint de la Force de la MINUSCA dans la région. En condamnant cette nouvelle escalade de violence, qui aurait fait des victimes, le porte-parole a indiqué que les casques bleus sont à pied d’œuvre afin d’assurer la sécurité des civils et de mettre fin à la crise qui a fait plus de 3000 déplacés. « Ndélé n’est pas la ville où il y a le plus de casques bleus mais nous répondons à cet effort sécuritaire en privilégiant la protection des populations. Il n’y a pas une démission de la MINUSCA face à ces problèmes. La MINUSCA reste engagée », a-t-il martelé.

Sur la situation des droits de l’homme, le porte-parole a souligné que durant la période du 4 au 10 mars, la Mission a documenté sur l’ensemble du territoire 8 incidents de violation et d’abus, affectant 17 victimes, dont neuf femmes. « Sur les 9 femmes, 7 sont victimes des viols », a indiqué Vladimir Monteiro, précisant que ces incidents sont documentés et seront remis à la justice.

Dans le cadre du programme de réduction de la violence communautaire (CVR) mis en œuvre par la MINUSCA, le porte-parole a souligné que 812 bénéficiaires, dont 190 femmes du 3eme arrondissement, poursuivent une formation professionnelle en mécanique, conduite automobile, informatique, couture, commerce et menuiserie. « Ces bénéficiaires sont constitués de 650 ex-membres de groupes d’autodéfense du PK5 et 152 autres membres de la communauté », a-t-il précisé.