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Madagascar : les conditions de vie des enfants se détériorent, alerte l’UNICEF

Countries
Madagascar
Sources
UN News
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A Madagascar, les enfants sont confrontés tout au long de l'année à des défis liés aux catastrophes naturelles, à la sécheresse et aux pandémies. « Ces défis sont aujourd'hui aggravés par le changement climatique et nécessitent une attention et un soutien international bien plus importants », a indiqué mardi Jean-Benoît Manhes, le Représentant adjoint de l'UNICEF dans le pays.

Le responsable de l’UNICEF a rappelé les résultats de la dernière enquête nationale sur les ménages. Une enquête qui montre que les conditions de vie des enfants ne se sont pas améliorées depuis le précédent exercice de collecte de données en 2012 et, dans de nombreux cas, qu'elles se sont détériorées.

L’urgence à Madagascar, elle est partout », Jean-Benoît Manhes, Représentant adjoint de l’UNICEF à Madagascar

« L’urgence à Madagascar, elle est partout », a expliqué Jean-Benoît Manhes dans un entretien à ONU Info. Selon lui, les enfants en situation de détresse humanitaire et ceux épargnés par ces situations font face au même défi. « Madagascar est une succession d'inondations, de sécheresses, de cyclones, d’épidémies qui incluent la rougeole, qui a fait 1.200 morts et qui a nécessité la vaccination en urgence de plus de 8.000 enfants ».

Madagascar est l’un des rares pays au monde qui doit faire face à la peste. Mais pour le Représentant adjoint de l’UNICEF dans le pays, « ces urgences ne sont que la face visible des problèmes de développement qui de facto font que même les enfants dans des situations relativement stables ont des indicateurs dramatiques en termes d’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé à la nutrition et à la protection. Le fait que 42% des enfants soient malnutris devrait nous alerter que l’urgence n’est peut-être pas seulement là où on la voit », a-t-il insisté.

Par exemple, en raison du faible accès à l'assainissement, 40 % de la population pratique encore la défécation en plein air. « En conséquence, 93 % - je répète, 93 % - de l'eau potable dans les zones rurales est contaminée par l'e-coli », a ajouté. M. Manhes.

Plus de 40% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance ou de malnutrition chronique

« Cette situation, associée à une pauvreté généralisée et à une alimentation généralement mauvaise, conduit à l'un des taux de malnutrition chronique les plus élevés au monde », a insisté M. Manhes. Selon l'UNICEF, près de 42 % des enfants de moins de cinq ans souffrent « d'un retard de croissance ou de malnutrition chronique ».

Sur le plan sanitaire, l’agence onusienne note que moins d'un tiers des enfants malgaches sont complètement vaccinés. « Les pandémies annuelles, dont la polio et la peste, ont affaibli la capacité du système de santé à s'améliorer et à investir », a regretté Jean-Benoît Manhes qui redoute que de nouvelles épidémies - comme celle de la rougeole cette année, qui a tué plus de 1.200 enfants - puissent « déstabiliser davantage le système ».

Il y a deux semaines, des pluies torrentielles à Madagascar ont touché 120.000 personnes, coupant les routes, détruisant 174 écoles, et forçant 16.000 personnes à se déplacer.

De plus, le pays est également confronté à une crise d'apprentissage « dramatique ». Avant même que les inondations ne détruisent les écoles, 2.500 salles de classe étaient nécessaires pour faire face à la croissance démographique. Mais des enquêtes récentes montrent que seulement 7 % des enfants âgés de 7 à 14 ans ont des connaissances de base en calcul.

Le travail des enfants est très répandu

Le Représentant adjoint de l'UNICEF à Madagascar a indiqué que « le travail des enfants est très répandu, plus d'un tiers des enfants étant considérés comme travaillant dans des conditions dangereuses, comme dans les mines de Mica ». « Nous pourrions énumérer indicateur après indicateur montrant comment l'ensemble du pays de 25 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants et plus des trois quarts vivent dans l'extrême pauvreté, est en danger », a ajouté Jean-Benoît Manhes. En plus des inondations, des cyclones et des sécheresses, l’agence onusienne rappelle que Madagascar est en « état d'urgence permanent » en raison de la faiblesse des indicateurs de développement et de la capacité de réaction.

Dans ces conditions, l'amélioration réelle des conditions de vie des enfants de Madagascar exige « une attention et un soutien constants et à long terme de la part de la communauté internationale » - et pas seulement lors des catastrophes naturelles et des pandémies - qui, en elles-mêmes, « sont à peine soutenues et non financées ».