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Birao : ‘’Nos initiatives ont contribué à réduire la tension entre les groupes ethniques’’

Countries
CAR
Sources
MINUSCA
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DEUBALBET WEWAYE

A Birao, chef-lieu de la préfecture de Vakaga le calme est revenu après les troubles qu’a connu la ville en début d’année 2020, entre le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ). La MINUSCA multiplie les patrouilles et initie des séances de dialogue en faveur de la réconciliation et de la cohésion sociale. Nous vous proposons de prendre la température de la localité, en trois questions posées à la Cheffe du Bureau de la MINUSCA, Irène Kouassi.

Pourriez-vous nous faire un bref état des lieux après les heurts qui ont eu lieu en début d’année?

Malgré le risque élevé de confrontation entre le MLCJ/Kara et le FPRC/Rounga, la situation sécuritaire est relativement calme mais volatile. Surtout après l'attaque d'un déplacé Haoussa par les jeunes Kara armés qui l'accusaient de collaborer avec le FPRC, le 2 Février 2020. Pour apaiser les tensions et éviter la violence la MINUSCA a renforcé la sécurité autour du camp de déplacés en face de la MINUSCA et autour du camp des Forces armées centrafricaines (FACA), afin qu’ils ne soient la cible des jeunes Karas. Nous avons aussi intensifié des patrouilles et maintenu l’alerte maximale sur les principaux axes d'accès à Birao. La MINUSCA a également intensifié les contacts avec les autorités locales, en particulier le Sultan-maire et le chef de race Kara, afin qu'ils appellent les jeunes au calme et à les sensibiliser sur la nécessité de déposer les armes et de s'engager dans des initiatives de paix et de cohésion sociale.

Le dialogue entre les différentes communautés est donc impératif, que fait la MINUSCA dans ce sens ?

Depuis le déclenchement de la crise, la MINUSCA a initié et poursuit les dialogues intercommunautaires en vue de restaurer le vivre-ensemble, et d’obtenir un retour volontaire des déplacés. Ces initiatives ont contribué à réduire la tension entre les différents groupes ethniques

Cependant, les efforts de cohésion sociale rencontrent des difficultés liés au refus de dialogue Roungas/Karas et aux rumeurs persistantes d’une une éventuelle attaque du FPRC contre la ville de Birao. Ces rumeurs ont semé la panique au sein de la population et provoqué un important mouvement de personnes, principalement des femmes et des enfants, qui ont quitté leur domicile en ville pour revenir se réfugier au camp de déplacés de la MINUSCA, où le nombre de personnes déplacées est estimé à plus de 12500.

Nous organisons régulièrement des séances de sensibilisation dans le camp de déplacés sur les conséquences néfastes de telles rumeurs, qui pourraient raviver les tensions intercommunautaires et saper les efforts de réconciliation. Aussi, en attendant l’opérationnalisation de la radio communautaire, qui est un instrument capital de dissémination des messages de paix et de lutte contre les rumeurs, la MINUSCA poursuit son engagement auprès des autorités locales et les leaders communautaires de Birao pour apaiser la montée des tensions entre Karas, Houssas et Roungas. Nous suivons également de près les progrès de la médiation soudanaise visant à résoudre la crise.

La MINUSCA est en train de terminer la construction d’un nouveau site des personnes déplacées. Ce nouveau site répondrait aux normes et standards internationaux. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Les travaux de déblayage du nouveau site sont déjà terminés. Les parcelles ont été attribuées par les acteurs humanitaires qui fourniront également des articles non-alimentaires (tentes, kits d’installation, etc) aux déplacés. Après la construction des postes d'observation en cours, la Force de la MINUSCA, à travers le contingent zambien, assurera la sécurité sur le nouveau site qui pourrait accueillir les déplacés à partir de fin février.