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Tchad : Aperçu de la situation humanitaire à l’Est (Septembre 2019)

Pays
Tchad
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Sources
OCHA
Date de publication
Origine
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APERCU

L’Est du Tchad fait partie de la bande sahélienne, et de ce fait, se trouve confrontée à des vulnérabilités liées à l’eau, les urgences sanitaires et à l’alimentation, affectant les communautés résidentes, les nomades ainsi que les réfugiés. La région est confrontée aux aléas agro climatiques qui accroissent la vulnérabilité des communautés locales ainsi que la présence des réfugiés soudanais et des retournés tchadiens. A cela s’ajoutent les conflits intercommunautaires entre agriculteurs et éleveurs, le banditisme routier, les braquages très fréquents. Depuis le début de l’année 2019, plus de 100 morts ont été enregistrés dans trois provinces : Ouaddaï, Wadi Fira et Sila. Pour limiter les risques de résurgence des conflits, le gouvernement tchadien a instauré l’état d’urgence dans le Ouaddaï, le Sila ainsi que le Tibesti au Nord (conflits entre les orpailleurs) en date du 20 août pour une période de trois semaines. Cet état d’urgence a été prolongé jusqu’au 10 janvier 2020. Les mesures sont entre autres, le contrôle du territoire avec la fermeture des frontières Tchad-Soudan-RCA allant du Ouaddaï au Sila, l’interdiction de circulation des engins à deux roues en dehors du périmètre urbain et le couvre-feu. Ces dispositions sécuritaires pourraient réduire les activités économiques des populations vulnérables dans les zones frontalières tout en les limitant à assurer leurs moyens de subsistance ainsi qu’à accéder aux soins de santé en cas d’urgence pendant la nuit.

Dans ce contexte, le faible niveau de développement des infrastructures et services sociaux de base accentue les vulnérabilités, entrainant des besoins humanitaires résiduels. Ainsi, selon les résultats du cadre harmonisé de mars 2019, environ 70 000 personnes devraient tomber dans l’insécurité alimentaire dans le grand Est ; à ce jour, environ 55 000 personnes ont été assistées soit un gap d’environ 15 000 personnes non assistées.

Le faible accès aux services sanitaires ont conduit à la détérioration des urgences sanitaires (épidémie de rougeole depuis mai 2018, avec 2 430 en 2018 et 4 611 entre janvier et septembre 2019, soit 7 041 au total). Plusieurs provinces à l’est présentent des taux de malnutrition aigüe sévère (MAS) supérieurs au seuil d’urgence défini par l’OMS. Quant à l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la couverture moyenne de l’eau est inférieure à 50% et seules 33 % des structures sanitaires ont un point d’eau potable et fonctionnel (UNICEF, mai 2018). Le taux de défécation à l’air libre est de plus de 80%.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.