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«C'est très pénible d'en parler» Impact des attaques contre l’éducation pour les femmes et les filles

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GCPEA
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RÉSUMÉ

Dans les situations de conflit à travers le monde, l’accès des enfants à l’éducation ainsi que le potentiel correspondant de l’éducation à élargir leurs perspectives de vie sont profondément compromis par les attaques contre l’éducation ainsi que l’utilisation militaire des écoles. L’impact des attaques contre l’éducation est dévastateur pour tous les enfants, mais les garçons et les filles sont souvent confrontés à des risques différents et peuvent nécessiter des réponses différentes afin de soutenir leur rétablissement et leur retour à l’éducation.

Les filles et les enseignantes sont souvent spécifiquement visées lors d’attaques contre des écoles. Au cours des cinq dernières années (2014-2018), les recherches de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) ont montré que les étudiantes et les enseignantes ont été directement la cible d’attaques à l’école, ou le long des trajets à l’école, dans au moins 18 pays confrontés à des conflits et à l’insécurité, notamment en Afghanistan, au Cameroun, en Colombie, en Égypte, en Inde, en Iraq, en Libye, au Mali, au Myanmar, au Nigéria, au Pakistan, aux Philippines, en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud, en Syrie, au Venezuela et au Yémen. Ces attaques comprenaient des attentats à la bombe contre des écoles de filles, des enlèvements, des viols, des mariages forcés et d’autres formes de violences sexistes contre des filles et des enseignantes par des groupes armés. Au cours de la même période, des groupes armés seraient également responsables de violences sexuelles dans et autour des écoles, ou le long des itinéraires scolaires, dans au moins 17 pays. Non seulement les attaques contre les écoles ont augmenté au cours des deux dernières décennies, mais la proportion d’attaques visant spécifiquement l’éducation des filles semble avoir considérablement augmenté au cours de cette période.

Dans le contexte d’un conflit armé, les forces de sécurité gouvernementales et les groupes armés non étatiques ont divers motifs pour attaquer les écoles de filles, et pour cibler les étudiantes et les enseignantes.6 Ces motifs varient selon les contextes et il peuvent être multiples, voire contradictoires, pour une même attaque,7 notamment une opposition idéologique ou religieuse à l’éducation des filles, une hostilité envers le personnel éducatif qui est perçu comme représentant l’autorité non souhaitée du gouvernement dans une région, ou obtenir un avantage militaire, par exemple se procurer des combattants ou d’autres types de soutien pour des opérations militaires. Les acteurs armés commettent des violences sexuelles le long des itinéraires scolaires dans le cadre de schémas plus larges de violences sexuelles liées aux conflits. Ils recrutent ou enlèvent également des élèves filles et des enseignantes pour « récompenser » les combattants, notamment en leur fournissant des « épouses ».

Les attaques contre l’éducation ont engendré diverses conséquences négatives pour les filles et les femmes, telles que la perte d’éducation, le mariage forcé et le mariage de mineures, les grossesses précoces et la stigmatisation associée aux violences sexuelles et aux enfants nés d’un viol commis pendant la guerre, qui affectent gravement l’avenir des étudiantes. Ces conséquences à long terme exacerbent souvent et sont exacerbées par des formes préexistantes de discrimination de genre et des pratiques néfastes qui affectent négativement les filles et les femmes. Les attaques contre l’éducation des filles peuvent indiquer une inégalité et une discrimination généralisées, ainsi que des pratiques et des croyances préjudiciables. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a observé que, dans certains contextes, « les attaques contre l’éducation peuvent ne pas être explicitement motivées par l’hostilité envers l’éducation des filles en tant que véhicule de l’égalité de genre, mais bien refléter la violence vécue par les filles et les femmes dans tous les domaines de leur vie publique et privée ».

Cette inégalité rend les femmes et les filles plus vulnérables à la violence pendant les conflits armés et compromet leur capacité et leurs ressources afin d’atténuer les torts causés par cette violence. L’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI) a noté que « Les inégalités structurelles s’intensifient souvent en période de crise. Comme elles ont généralement un statut inférieur à celui des hommes et des garçons et ont généralement moins accès aux ressources financières, ainsi qu’au capital social et aux moyens légaux de se protéger en cas de conflit, les femmes et les filles les plus démunies peuvent faire face à une plus grande dépendance, à une autonomie socio-économique amoindrie ainsi qu’à une mobilité sociale limitée. »

Ce rapport présente les principales conclusions de l’étude multi-pays de la GCPEA sur l’impact des attaques contre l’éducation des femmes et des filles. 10 Les recherches de la GCPEA portent sur les types et les causes d’exactions les plus couramment commises à l’encontre des étudiantes dans le contexte d’attaques contre l’éducation, ainsi que sur les conséquences à long terme que peuvent subir les élèves à la suite de telles attaques. 11 La GCPEA a entrepris cette étude afin de contribuer à une meilleure compréhension des implications pour les filles et les femmes lorsque l’éducation est attaquée, et afin d’informer notre plaidoyer en vue de meilleures stratégies pour protéger les filles et les femmes, prévenir les attaques et les abus, et réduire les conséquences néfastes pour elles.

Ce rapport s’appuie sur des recherches antérieures de la GCPEA, notamment l’Éducation prise pour cible 2018 et 2014, et des mises à jour, ainsi que sur les recherches de terrain menées par l’organisation au Nigéria ainsi qu’en République démocratique du Congo, qui portaient spécifiquement sur les expériences des femmes et des filles quand l’éducation est prise pour cible. En outre, le rapport s’appuie sur des entretiens auprès de nombreux experts nationaux et régionaux, et sur un examen approfondi de sources de données secondaires, notamment des rapports d’agences des Nations Unies, d’organisations non gouvernementales (ONG) de développement et d’organisations humanitaires, d’organisations de défense des droits humains, d’organismes gouvernementaux , et de groupes de réflexion, notamment de nombreuses contributions des organisations membres de la GCPEA.

En lire le rapport “It is very painful to talk about”: Impact of attacks on education on women and girls ici.