Skip to main content

Point de presse : Action de la France contre les mines anti-personnel

Countries
Lebanon
+ 2 more
Sources
Govt. France
Publication date
Origin
View original

(Est-ce que vous avez un commentaire sur la baisse de l'aide de la France à la lutte contre les mines anti-personnel ?)

Les chiffres présentés ne reflètent pas la réalité de l'engagement français.

Cet engagement doit et devra être appréhendé dans sa globalité, c'est-à-dire dans sa double dimension multilatérale et bilatérale, sur les armes à sous-munitions et sur les mines.

La France a, en premier lieu, fait le choix - que n'ont pas fait tous ses partenaires européens - de faire transiter une part substantielle de son aide extérieure, et donc de son aide au déminage humanitaire, par l'Union européenne et ses instruments (FED notamment dont elle est l'un des deux principaux contributeurs). Pour être indirecte, cette aide n'en est pas moins fort importante.

En outre, il est difficile de distinguer dans les projets de reconstruction et de développement les actions spécifiques qui reviennent à l'assistance aux victimes et aux mines. Ainsi, la France contribue volontairement à plusieurs opérations de maintien de la paix des Nations unies qui, pour une part difficile à évaluer mais non négligeable, concourent, comme c'est le cas de la FINUL au Liban, à la réalisation d'opérations de déminage humanitaire qui ne sont pas identifiées comme telles. De même, des actions de déminage sont menées dans le cadre des opérations extérieures de l'armée française.

Par ailleurs, certains prennent en compte les coûts indirects liés à l'ensemble de l'action en matière de lutte contre les mines, choix que la France n'a pas fait. Ainsi, nous n'intégrons pas la rémunération de l'ensemble des personnes responsables de cette action.

Si l'on prend en compte tous ces éléments, l'effort de la France en faveur de la lutte anti-mines reste comparable à celui de ses principaux partenaires européens. Ainsi, si l'on considère les opérations extérieures (800 millions d'euros en 2007), même si l'on estimait (arbitrairement) que seulement 0,5 % de cette somme est consacré au déminage (soit 4 millions d'euros), la France passerait en 4ème position des contributeurs européens.

Enfin, l'engagement de la France ne saurait se résumer à l'assistance. La France n'a ainsi pas ménagé ses efforts sous Présidence française de l'Union européenne pour inciter les autres Etats à signer la Convention d'Oslo. Nos ambassades ont également mené des démarches communes de promotion de la Convention, avec des représentants locaux de Handicap International, dans près de 60 pays en 2008. L'action politique de la France, à Genève comme à New York, dans les négociations sur la Convention d'Ottawa sur les mines anti-personnel comme sur celle d'Oslo sur les armes à sous-munitions ou la Convention de 1980 sur les armes classiques est saluée par l'ensemble de nos partenaires.

(Est-ce que la France compte travailler avec ses anciennes colonies ?)

Que ce soit au Liban, parce que beaucoup de démineurs français travaillent dans la FINUL, que ce soit en Bosnie-Herzégovine, ou l'Algérie, le problème des mines est que ce fléau ne connaît pas de frontières et qui a touché énormément de pays.

Que veut dire l'action contre les mines ? Nous envoyons nos experts lorsqu'il y a une demande. Nous pouvons également faire de la formation. Troisièmement, nous travaillons avec les ONG, notamment pour faire de l'information des populations civiles.

Nous pouvons dire exactement la même chose pour le Salvador, pour l'Angola.

Nous avons véritablement une approche globale de ce fléau. Chaque année, indépendamment de la nationalité des uns ou des autres, des milliers de personnes perdent la vie. Cela justifie l'effort que nous menons depuis des années en nous mobilisant pour la signature d'accords internationaux, en nous mobilisant pour mettre de l'argent sur la table, en demandant à nos soldats d'aller risquer leur vie aux quatre coins du monde et en travaillant main dans la main avec les ONG.

Donc naturellement, je réponds oui à votre question.