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Congo, l’oublié : Les chiffres derrière la plus longue crise humanitaire en Afrique

Countries
DR Congo
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Sources
Congo Research Group
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Publication date
Origin
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Le Baromètre sécuritaire du Kivu est un projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York.
Les conflits continuent d’affecter la vie de millions de personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon divers rapports humanitaires, la situation générale dans le pays ne s’est guère améliorée ces dernières années.
L’année dernière, l’on a compté 1,8 million de personnes nouvellement déplacées du fait de la violence.

C’est plus que partout ailleurs dans le monde, à l’exception de l’Éthiopie. Et en 2019, environ 12,8 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection dans le pays, soit 10 % du nombre total des cas dans le monde.
Et pourtant, le pays reçoit relativement peu de couverture médiatique. En 2018, le conflit de la RD Congo a été mentionné quatre fois en première page du New York Times, contre 61 fois pour le conflit syrien.

Une partie du défi réside dans la complexité même du conflit. Selon notre dernier décompte (voir annexe A), il existe actuellement plus de 130 groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui s’affrontent pour d’innombrables raisons. Cela constitue une hausse par rapport à 2015 (70 groupes armés répertoriés) et à 2017 (120 groupes armés).

Avec une telle multitude d’acteurs armés et sans un récit simple, il est plus facile pour beaucoup de personnes de regarder ailleurs. Même pour les responsables du gouvernement congolais, les Nations unies et les divers partenaires bailleurs de fonds qui ont dépensé des milliards de dollars ces dernières années pour tenter de mettre un terme à la violence, il est souvent difficile de décider à quels secteurs et à quels problèmes accorder la priorité.

Le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker, KST) est une tentative pour répondre à ce double défi –– le manque d’attention et les difficultés à identifier les priorités –– en démontrant l’existence de la violence –– les affrontements entre combattants et les abus contre des civils –– à travers des cartes et graphiques claires des incidents et de leurs acteurs pour mieux comprendre où le degré de cette violence, les causes et les moyens de mettre fin aux abus. L’objectif est de fournir des informations cruciales au public et au gouvernement congolais ainsi qu’aux nombreuses agences étrangères, organisations non gouvernementales et bailleurs de fonds travaillant dans la région.

Nous travaillons dans les deux provinces les plus touchées par le conflit, le Nord-Kivu et le Sud- Kivu, avec une équipe de 15 chercheurs congolais dévoués, basés dans cette région. Chaque jour, ils s’entretiennent avec des chefs coutumiers, des membres du clergé, des activistes de la société civile et des représentants du gouvernement afin de documenter les pires actes de violence et tenter d’identifier les groupes armés responsables. Le personnel du projet en RD Congo et à l’étranger s’assure que les informations sont fiables, puis les placent sur une carte interactive en ligne, laquelle montre où les groupes armés sont actifs, où les pires violences ont eu lieu et qui en serait responsable.

Notre méthodologie complète, notamment la définition de ces catégories et la façon dont nous recueillons et procédons à la géolocalisation de nos données, est disponible sur notre site web.

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