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Alerte cyclonique : une simulation d'envergure pour les journalistes haïtiens

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A Moulin-sur-mer, sur la côte des Arcadins, à 70 km de Port-au-Prince, a été organisé, du mercredi 8 au vendredi 10 juillet 2009, un atelier national de formation de trois jours pour les journalistes haïtiens. Un atelier qui a vu entre autres l'organisation d'un exercice de simulation autour d'un scénario de passage d'un cyclone sur Haïti. Une occasion pour les journalistes d'essayer de trouver la meilleure façon de mobiliser la population en cas d'alerte.

6:00 PM, jeudi soir. Une forte pluie s'abat sur la côte des Arcadins. Pure coïncidence. Mais le décor pour la simulation est désormais planté.

Les 26 journalistes haïtiens en formation depuis deux jours, déjà retirés dans leur chambre à Moulin-sur-mer, sont convoqués en urgence à la salle de conférence, devenue, pour la circonstance, la salle des nouvelles.

Un bulletin spécial du Centre national de météorologie circule en effet depuis peu. Haïti est sous la menace d'un cyclone. La proximité d'une dépression tropicale avec forte évidence d'être la première tempête tropicale de la saison ne fait plus aucun doute. Le gouvernement vient de placer le pays au niveau d'alerte rouge. Branle bas de combat.

Venus des 10 départements du pays, les journalistes s'activent aussitôt. Trois grands groupes furent formés sur la base des représentations géographiques du pays : Nord, Sud, Ouest. Objectifs : informer et mobiliser la population haïtienne, selon le niveau d'alerte, sur les conséquences possibles. Il s'agit également de prodiguer des conseils relatifs aux comportements à adopter.

« L'expérience de l'année 2008 montre que notre système d'alerte est encore faible », avait indiqué, un peu plus tôt, Abel Nazaire, Coordonnateur adjoint du Secrétariat Permanent de la Gestion des Risques et des Désastres (SPGRD), lors de sa présentation du système. D'où la nécessité, estime-t-il, de «construire un réseau de communicateurs fiable capable d'informer la population pour lui permettre de réagir à temps durant la saison cyclonique. »

La simulation est d'un réalisme saisissant pour les journalistes. Plusieurs responsables de la Direction de la protection civile, présents ou absents, sont mis à contribution. Ces derniers sont contactés par téléphone pour des interviews, voire, au besoin, pour marteler les consignes à la population. Entre-temps, d'autres bulletins météorologiques affluent. La menace est réelle, l'impact du cyclone se fera sentir sur le pays dans les heures qui viennent.

« Lors du déclenchement d'une alerte, il y a trois grandes phases: la surveillance, la diffusion et la réaction, informe le météorologue Ronald Semelfort. La surveillance appartient au système, la diffusion est du ressort des medias et la réaction est l'apanage de la population

8 :00 PM. Vint le temps des plénières. Le temps d'apprécier le travail des journalistes dans cette mobilisation dans l'urgence. L'occasion pour eux de mettre en pratique les connaissances fraîchement acquises. Car, tôt dans la matinée de ce jeudi, trois journalistes, Clarens Renois, Directeur de Vues d'Haïti/Panoramag et Haïti Press Network; Yves Paul Léandre, Directeur de l'Information à la Télévision nationale d'Haïti, et Riquet Michel, Chargé des relations médias à la MINUSTAH et également membre du Pool de communications du SNGRD, ont animé le panel sur l'information préventive et la gestion de l'urgence.

« Les journalistes ont passé le cap, ils ont réussi le test. Et le message d'alerte a été bien diffusé », de l'avis de Ronald Semelfort. Mais le météorologue a quand même des réserves. Celui-ci soutient en effet que «les journalistes ont négligé la réaction de la population face aux consignes de sécurité et d'évacuation. »

En fait, le directeur du Centre National de Météorologie n'a qu'une hantise: le cyclone Flora. Dans sa présentation sur les systèmes tropicaux dans l'après-midi de ce jeudi, il l'avait lui-même révélé. Car, le passage de ce cyclone en 1963 a fait plus de 8000 morts en Haïti.

«Si un tel cyclone devait une nouvelle fois s'abattre sur le pays, il y aurait plus de 100.000 personnes en danger. Il faudrait qu'on soit en mesure de sauver le plus grand nombre de vies possible. Il faudrait que les journalistes et les medias puissent jouer leur partition dans cette gageure », lance-t-il, avec l'espoir que cela ne se produise pas.

9:30 PM : l'alerte est levée. La pluie a cessé à Moulin-sur-mer. Plus de peur que de mal. Mais les journalistes, encore sous le feu de l'action, commentent. Pour Juslain Altidor, 40 ans, journaliste aux Gonaïves, ville inondée lors de la précédente saison cyclonique, « cet exercice a été très enrichissant, il me permettra de savoir, en cas d'alerte, qui contacter et mieux expliquer les consignes à la population. » Réaction similaire de la part de Charles Amos Junior, 28 ans, son collègue de Fort-Liberté : «j'ai beaucoup appris, j'ai maintenant de quoi partager avec ma communauté ».

Les organisateurs du séminaire de la Protection civile se frottent également les mains. « Le but de la manœuvre était de préparer les journalistes au pire et optimiser le travail d'équipe entre eux et la Direction de la Protection civile », analyse Joseph Edgard Célestin, Consultant du PNUD au bureau des projets de la DPC. Même sentiment de satisfaction chez Madame Alta Jean baptiste, Directrice de la protection civile, qui espère que « les objectifs fixés dans la Stratégie nationale de préparation de la Saison cyclonique 2009 seront atteints », grâce au concours des journalistes dans la mobilisation de la population haïtienne.

Outre la simulation qui constituait le point d'orgue de ces trois jours de formation, les professionnels de l'information ont notamment été renseignés sur le Système national de Gestion des Risques et des Désastres et initiés au secourisme. Ils ont également participé à un atelier sur «le rôle et la place des médias dans la communication gouvernementale en situation d'urgence », animé par des experts de Service Québec.

L'atelier national de formation a été organisé par Ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, avec l'appui technique et financier du PNUD et de la MINUSTAH.