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Tout ce que j’ai perdu : Impact des attaques contre l’éducation pour les femmes et les filles dans la province du Kasaï central – République démocratique du Congo

Countries
DR Congo
Sources
GCPEA
Publication date
Origin
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RÉSUMÉ

Les attaques contre les écoles, notamment perpétrées par la milice Kamuina Nsapu, ainsi que par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), ont été un trait commun du conflit dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo (RD Congo ou RDC), qui a éclaté en août 2016 et a submergé la région tout au long de l’année 2017.
Ce rapport documente les abus subis par les femmes et les filles lors des attaques contre les écoles dans les Kasaïs, en se concentrant plus particulièrement sur la province du Kasaï central, où le conflit a éclaté et où le plus grand nombre d’écoles ont été attaquées. La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (Global Coalition to Protect Education from Attack, GCPEA) a mené plus de 55 entretiens avec des élèves filles, des responsables d’établissements et des enseignantes présentes lors des attaques.

Cette recherche fait partie d’une étude multi-pays sur l’impact des attaques contre l’éducation des femmes et des filles, lancée par la GCPEA car les filles et les femmes sont touchées de façon spécifique par les attaques contre l’éducation et l’utilisation militaire des écoles et des universités, par rapport aux garçons et aux hommes, et elles peuvent nécessiter des réponses différentes afin de soutenir leur rétablissement ainsi que leur retour à l’éducation. La recherche a pour but de contribuer à une meilleure compréhension des implications à long terme pour les filles et les femmes et, à terme, de façonner de meilleures stratégies afin de protéger les filles et les femmes, d’empêcher les abus et d’atténuer les préjudices.

Le conflit dans le Kasaï a pris naissance dans le village de Kamuina Nsapu (situé sur le territoire de Dibaya, dans la province du Kasaï central), où un différend sur le pouvoir coutumier entre un chef local et le gouvernement s’est transformé en un conflit armé brutal qui s’est rapidement étendu à toute la région. Le chef, qui a formé la milice Kamuina Nsapu, a d’abord visé principalement les institutions gouvernementales ainsi que leur personnel.

Cependant, au fil du temps et surtout après le meurtre du chef par les forces gouvernementales en août 2016, la milice de Kamuina Nsapu a pris pour cibles de plus en plus d’autres institutions qu’elle considérait comme des symboles de l’autorité gouvernementale, notamment des écoles, des centres de santé et des bureaux de la commission électorale, ainsi que les personnes qui travaillaient pour ces institutions. La milice a également mené de plus en plus d’attaques contre des civils. En un peu moins d’un an, entre août 2016 et juin 2017, près de 5 000 personnes ont été tuées à la suite d’attaques brutales de la milice et de la réaction des forces gouvernementales combattant la révolte.1 Au plus fort de la crise, plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées, dont près de 600 000 enfants ; au moins 35 000 personnes ont cherché refuge en Angola, pays voisin.2 En juillet 2018, les Nations Unies (ONU) avaient confirmé 87 fosses communes.3 Après l’escalade initiale de la violence, des milices progouvernementales se sont formées pour combattre la milice de Kamuina Nsapu, avec, apparemment, l’appui de forces de sécurité gouvernementales.

Le conflit a eu un impact particulièrement dévastateur sur les enfants, qui ont été largement recrutés par la milice Kamuina Nsapu et ciblés de manière disproportionnée par les FARDC et la Police nationale congolaise (PNC).