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Cadre Harmonisé d’identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest (CH), Valable : du 16/03/2019 au 31/08/ 2019, Créé le : 16/03/2019

Pays
Tchad
Sources
FAO
Date de publication
Origine
Voir l'original

Résultats de l’analyse de la situation de l’insécurité alimentaire aiguë actuelle

Principaux résultats pour les zones

Résumé narratif des causes, du contexte et des principaux problèmes

La production céréalière définitive 2018/2019 est estimée à 3 021 973 tonnes ; Elle est en hausse de 11,2% par rapport à celle de l’année dernière et de 12,6% par rapport à la moyenne quinquennale.

La zone sahélienne a enregistré des hausses de production par rapport à l’année dernière et à la moyenne des 5 dernières années respectivement de 19,5% et 22%. Cependant, la zone soudanienne a connu des baisses de production céréalière de 4% par rapport à la campagne 2017/2018 et de 5% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Ces baisses sont enregistrées dans toutes les provinces à l’exception de deux Mayo Kebbi Est et Ouest où la production est moyenne.

La bonne pluviométrie enregistrée dans le Sahel a favorisé le développement de la biomasse avec un excédent fourrager de 105 399 001 tonnes de matières sèches. Cependant, les feux de brousse enregistrés dans certaines localités ont réduit cette bonne disponibilité. Actuellement, avec le tarissement des marres et la raréfaction des pâturages, les animaux font des grandes distances.

Les marchés sont bien approvisionnés en produits alimentaires. La disponibilité des céréales est supérieure à la moyenne à cause des bonnes récoltes céréalières de la campagne en cours. Toutefois, les marchés du Tibesti connaissent des perturbations des flux à cause de la fermeture des frontières avec la Libye. Quant au Lac, les marchés fonctionnent, mais légèrement en dessous de la normale à cause de la recrudescence des conflits.

La demande en céréales est en dessous de la normale à cause de la bonne production et de la conjoncture économique qui limite les achats. Les achats de l’ONASA en 2019, ne représentent que le cinquième du volume acheté annuellement pour les reconstitutions de stock. Les prix de produits alimentaires sont globalement en baisse dans la plupart des marchés en raison des bons niveaux de stocks des ménages. Au Tibesti, une hausse atypique des prix de produits alimentaires a été rapportée depuis le mois de février.

La demande de bétail reste en dessous de la normale à cause de la fermeture des frontières, surtout avec le Nigeria et la Libye (récemment). Par conséquent, les prix des bovins, ovins et caprins restent en dessous de la moyenne quinquennale.

Consommation alimentaire :

La consommation alimentaire est globalement satisfaisante. Les ménages consomment en moyenne 2 à 3 repas par jour avec une bonne diversification. Toutefois, dans certains départements des provinces de Wadi Fira, Bahr El Ghazal et du Logone Oriental, il y a plus de ménages qui ont une consommation pauvre ou limite. Les résultats de l’analyse HEA, révèlent que tous les départements (37) analysés ne présenteraient aucun déficit. La bonne production agricole de cette année, la baisse de prix de denrées de bases ont permis d’améliorer la situation alimentaire des ménages pauvres.

Evolution des moyens d’existence :

L’analyse de l’évolution des moyens d’existence montre qu’environ 2,3% des ménages ont développé des stratégies d’urgence et près de 3,8% des stratégies de crise dans l’ensemble des départements. La bonne production agricole couplée avec la baisse des prix des céréales, a limité le recours aux stratégies négatives pour une grande partie des ménages, y compris pour ceux qui dépendent des marchés.

Nutrition :

La prévalence de malnutrition aiguë globale (MUAC) issue de l’enquête nationale de sécurité alimentaire et des marchés est de 17,8% au Borkou, ce qui est au-dessus du seuil de l’OMS (15%). Le Kanem a une prévalence de 11,6%, au-dessus du seuil d’alerte de l’OMS (10%). Les provinces du Batha (8,7%), Lac (7,8%), Ouaddaï (7%), Hadjer Lamis (6,9%) et Ennedi Ouest (5,3%) ont des prévalences qui se situent entre 5% et 10%.

Par ailleurs, la médiane de la série historique des 8 dernières enquêtes SMART en période de soudure (2010 à 2018), révèle une situation nutritionnelle urgente dans certaines provinces (Ennedi Ouest, Ennedi Est, Bahr El Ghazal, Batha, Ouaddaï, Kanem, Wadi Fira) de la bande Sahélienne et saharienne. Les provinces du Guera, Hadjer Lamis, Lac, Sila et Chari-Baguirmi ont des taux de MAG qui se situent entre 10 à 15%.