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Ressortissants congolais retournés de l’Angola: Rapport de situation No.6 (en date du 8 février 2019)

Countries
DR Congo
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Sources
OCHA
Publication date
Origin
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Faits saillants

• Plus de 402 000 personnes sont retournées de l’Angola entre début octobre 2018 et fin janvier 2019 dans cinq provinces de la République démocratique du Congo (RDC). Bien que le flux a sensiblement baissé depuis novembre 2018, quelque 600 personnes en moyenne par jour continuent de traverser la frontière.

• Près de 183 000 retournés présents dans le territoire de Kahemba, Fetshi et Kasongo-Lunda identifiés par une mission conjointe d’évaluation menée en fin novembre sont toujours sans assistance. Une intervention en cash est en cours de planification pour le mois de février.

• Au moins 141 000 retournés ont pu rejoindre leurs zones d’origine dans le territoire de Kamonia, dans la province du Kasaï, alors qu’environ 21 500 autres, en transit dans la province du Kwilu, sont bloqués par manque de transport vers leurs destinations finales.

• Lancement des activités d’ouverture des axes sous financement du FH et allocation d’environ 10 millions de dollars américains dans le cadre du CERF.

Chiffres clés

402 300 Ressortissants congolais arrivés de l’Angola dans cinq provinces de la RDC (Au 31 janvier 2019)

317 Incidents de protection au mois de décembre sur les retournés dans la province du Kasaï (Au 25 janvier)

36 428 Ménages retournés définitivement dans la province du Kasaï (Au 25 janvier)

499 Enfants non accompagnés retournés dans la province du Kasaï (Au 31 janvier)

Aperçu de la situation

Selon les sources officielles, entre le 1er octobre 2018 et le 31 janvier 2019, 402 300 ressortissants congolais sont retournés de l’Angola. Les données validées au niveau national par la Direction Générale des Migrations (DGM) font état de 300 365 retournés volontaires et 101 935 expulsés qui ont été accueillis dans cinq provinces de la RDC : le Kasaï, le Kasaï Central, le Kwango, le Kongo Central et le Lualaba. Au cours de cette période, 28 563 personnes ont franchi la frontière pour une moyenne d’environ 635 personnes par jour. De plus les expulsions représentent 84 pour cent du flux de retour dont 50 pour cent passent par la province du Kwango.

Le chiffre global de la DGM ne reprend pas en totalité 286 706 personnes rapportées dans différentes missions en attente d’inclusion dans les statistiques officielles. Il s’agit de 103 675 retournés dans la province du Kasaï Central (dont 77 731 retournés dans les zones de santé de Luiza et Masuika et 25 944 retournés dans la zone de santé de Yangala) et de 183 031 retournés dans la province du Kwango (voir Sitrep 4 et 5). La communauté humanitaire continue d’attendre de la DGM nationale une vérification de ces mises à jour en vue de parvenir à un consensus.

À titre d’information, la veille humanitaire de CARITAS, financée par l’UNICEF, estime que 534 522 personnes sont retournées d'Angola au 28 décembre 2018 dans six provinces de la RDC, à savoir le Kasaï (350 552), le Kasaï Central (139 238), le Kwango (28 600), le Kongo Central (2 129), le Lomami (10 400), et le Lualaba (3 633). Actuellement, CARITAS est la seule organisation qui renseigne sur la présence des retournés dans la province de Lomami.

De manière globale, la tendance à la baisse du mouvement de retour/expulsion observée depuis la fin de novembre s’est maintenue au cours du mois de décembre 2018 et de janvier 2019. En particulier dans la province du Kasaï, selon la DGM/Kamako et le Programme National de l’Hygiène aux Frontières, 13 546 retournés ont traversé les frontières de la province du Kasaï du 1er décembre 2018 au 19 janvier 2019. La moyenne journalière est d’environ 260 personnes retournées qui traversent par différents points d'entrée pour lesquelles 95 pour cent passent par Kamako.

L’accalmie en cours n’exclut pas l’éventualité de la relance d’une opération d’expulsion dure et ferme comme ce fut le cas au début d’octobre 2018. D’après diverses sources, les autorités angolaises sont déterminées à poursuivre l’expulsion de tout étranger en situation irrégulière durant les deux prochaines années.

Au total, 141 643 personnes ont rejoint leur destination finale dans six zones de santé du territoire de Kamonia ainsi que dans la ville de Tshikapa, selon les résultats de l’évaluation DTM réalisée par l’OIM et dont les chiffres ont été validés par les autorités provinciales. En dehors de la province du Kasaï, les autres destinations sont les provinces du Kasaï central, de Kwilu et même la ville-province de Kinshasa. Toutefois, selon le Comité de crise de Kamako, 33 000 retournés d’Angola seraient encore dans la cité alors que population totale est estimée à 52 000 habitants.

Environ 1 600 personnes vulnérables de Kamako ont bénéficié de l’appui en transport vers leur destination finale à travers les ONG Handicap International (HI) et HELPAGE, sur un financement du START FUND, et HI organise présentement le transport de 750 personnes vers leurs destinations finales, à partir de Kamako. L’assistance en transport reste très insignifiante au vu de la population retournée dont la majorité est condamnée à se déplacer à pied sur plusieurs centaines de kilomètres.

Selon une mission d’évaluation conduite au mois de décembre, 21 539 personnes expulsées d’Angola, dont 8 998 enfants, vivent encore dans des sites spontanés dans les villes de Kikwit et Gungu, par manque de moyens de transport pour rejoindre leurs destinations finales. Environ 5 300 autres retournés ont été récemment profilés par le HCR à Kamako. Ces personnes sont sans assistance en dépit de leurs besoins humanitaires urgents dans les secteurs de protection, EHA, AME/Abris, santé, nutrition et sécurité alimentaire.

De manière similaire, dans la province du Kwango, 183 031 personnes retournées sont toujours sans assistance depuis leur arrivée. Cette présence, confirmée par les autorités locales, avait été rapportée par une mission d’évaluation multisectorielle conduite à la fin de novembre dans les territoires de Kahemba, Fetshi et Kasongo-Lunda qui recommandait une réponse multisectorielle immédiate qui tiendrai compte de 17 844 anciens déplacés du Kasaï et de la population autochtone vulnérable.

Au total, 819 incidents de protection ont été enregistrés durant le mois de décembre 2018 dans la province du Kasaï, dont 75 pour cent sont liés aux violations des droits et libertés individuelles, et celles basées sur le genre, selon le rapport de monitoring de protection. Plus de 300 de ces incidents concernent les personnes expulsées d’Angola.

La quasi-totalité des personnes expulsées d’Angola arrivent en RDC sans documents d’identification, ce qui les expose à des multiples violations de leurs droits le long de leur parcours. Un plaidoyer fort est nécessaire auprès des autorités étatiques pour l’octroi de papiers d’identification provisoires à ces personnes en vue de diminuer les tracasseries routières et les épargner des suspicions dans les zones où des milices sont encore actives.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.