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République centrafricaine : Plan de réponse humanitaire 2019 (Janvier - Décembre 2019)

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OCHA
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PERS. DANS LE BESOIN 2,9M

PERSONNES CIBLÉES 1,7M

BUDGET (US$) 430,7M

APERÇU DE LA CRISE

Malgré les efforts de consolidation de la paix, la RCA s’enlise dans un cycle de violences, qui se sont étendues dans plusieurs régions du pays, y compris dans des zones considérées comme relativement stables, engendrant des besoins humanitaires croissants et la crainte que le pays sombre dans le chaos. Une personne sur cinq est déplacée, tandis que 63% de la population centrafricaine a besoin d’assistance humanitaire et de protection.

La RCA est la troisième crise humanitaire au monde, après le Yémen et la Syrie, selon la proportion entre la population totale et les personnes ayant besoin d’aide humanitaire. Selon l’Aperçu des Besoins Humanitaires (HNO) 2019, 2,9 millions de centrafricains dont plus de la moitié sont des enfants, ont besoin d’une assistance humanitaire et de protection, soit une augmentation de 16% par rapport à l’année précédente. 1,6 million de personnes ont des besoins humanitaires aigus et immédiats. Malgré une certaine accalmie observée dans quelques localités, qui a facilité le retour de plus de 230 000 personnes dans leurs milieux d’origine, des déplacements forcés et continus ont eu lieu dans plusieurs régions du pays tout au long de l’année 2018. Au 30 septembre 2018, il a été rapporté plus de 643 396 personnes déplacées internes sur l’ensemble du territoire et une augmentation du nombre de réfugiés centrafricains de 542 896 à 573 242. Deux-tiers des déplacés internes sont hébergés dans des familles d’accueil et un-tiers résident dans 77 sites.

Facteurs sous-jacents de la crise

Les causes profondes des violences sont multiples. Les facteurs de conflits sont politiques et économiques, et se traduisent par des tensions ethniques, religieuses et intercommunautaires ainsi que leur instrumentalisation à des fins politiques. Certains groupes armés ont atteint un niveau d’organisation et d’accès aux ressources qui leur permet de se renforcer, de s’armer et d’augmenter leur emprise. Parallèlement, on observe également une fragmentation de certains groupes. Les groupes armés opèrent sur plus de la moitié du territoire et organisent des systèmes parallèles, ou se substituent dans certaines zones aux services décentralisés de l’État.
Classée 187ème selon l’indice de développement humain 2018, la RCA se trouve à l’avant-dernière position avant le Niger (188).

Le redéploiement de l’État, bien qu’ayant démarré, n’est pas encore effectif sur une grande partie du territoire national. La capacité de l’État centrafricain à répondre à la crise demeure par conséquent très limitée. Dans de nombreuses régions, l’accès aux services sociaux de base, tels que l’éducation et la santé, reste majoritairement assuré par des partenaires humanitaires.
Le phénomène de la transhumance est également un facteur de déstabilisation dans le Nord-Ouest (région de BouarBocaranga-Baboua), l’Ouest (région de Berberati, Gamboula,
Amada-Gaza), le Centre-Ouest (région de Bossembéle-Yaloké), le Centre-Est (région de Kouango-Bambari-Alindao-Kembé), le Nord de la préfecture de l’Ouham et dans la Nana-Gribizi.
Au cours de ces périodes, il est observé une augmentation de la criminalité et des violences.

Impact de la crise

Des abus et des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire continuent à être perpétrés dans un contexte d’impunité, ce qui exacerbe les tensions dans plusieurs zones du pays.

Une crise de protection : La crise est tout d’abord une crise de protection et demande l’engagement de toutes les parties dans la protection des civils. Entre janvier et septembre 2018, 9 214 incidents de protection ont été rapportés, soit une moyenne de plus de 1 000 incidents par mois.

Attaques contre le personnel et les structures de santé et contre les écoles: Entre janvier 2017 et octobre 2018, 14 structures de santé et 89 écoles ont été attaquées, avec une tendance préoccupante en 2018 concernant des incidents contre le personnel éducatif. De même, le nombre d’incidents contre les acteurs humanitaires a augmenté de manière inquiétante. Au 31 octobre 2018, 338 incidents contre les acteurs humanitaires ont été répertoriés ce qui est supérieur au nombre enregistré durant toute l’année 2017 (333).

Persistance des cas de VBG: Les femmes et les enfants continuent également à payer le lourd tribut de ces violences. Un grand nombre de femmes ont été victimes de violences. En effet, de janvier à août 2018, 5 733 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrés dans le Gender-Based Violence Information Management System (GBVIMS), dont 21% de violences sexuelles.

Déplacements internes en augmentation: La persistance des conflits a conduit plus d’un million de centrafricains à quitter leurs domiciles soit de manière forcée (incendies/destructions des maisons), soit de manière préventive. Au 30 septembre 2018, la Commission de Mouvement des Populations (CMP) rapportait 643 396 personnes déplacées internes tandis que le HCR notifiait 573 242 réfugiés dans les pays voisins. Plus de la moitié des déplacés sont des enfants. En 2018, un nombre croissant d’enfants (704) non accompagnés et séparés (ENAS) ont été identifiés suite aux deplacements forcés de population.

Les catégories de population les plus fortement touchées par la crise demeurent les personnes déplacées, les personnes retournées, les familles hôtes ainsi que les personnes qui demeurent dans les zones de conflits.

A titre d’exemple, dans les sites de déplacés internes, le taux de prévalence de la malnutrition aigüe globale (MAG) est supérieur au seuil d’urgence dans 16 sites sur 18, soit 5/5 à Obo (Haut Mbomou), 3/4 à Alindao (Basse Kotto) et 8/9 à Bambari (Ouaka) (Enquête SMART de 2017-2018). Dans plus de 70 sites ainsi que dans de nombreuses familles d’accueil, l’accès des PDI à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA) s’est fortement détérioré au cours de l’année 2018 du fait de l’insuffisance des financements et du retrait de certains acteurs humanitaires.

Les mauvaises conditions d’hygiène, la faible couverture en soins de santé primaire et la promiscuité dans les sites et les familles d’accueil augmentent les risques de propagation des maladies et d’éruption d’épidémies. Les abris improvisés dans lesquels les personnes déplacées trouvent refuge ne protègent pas suffisamment contre les intempéries et les morsures des animaux et les exposent à des risques sanitaires immédiats.

40 % de la population en insécurité alimentaire : 1,9 million de centrafricains, soit 40% de la population est en insécurité alimentaire (IPC phases 3 & 4) tandis que 54% seulement des ménages utilisent une source d’eau potable pour leur boisson 34% pratiquent la défécation à l’air libre à cause de la faible couverture du pays en eau potable et en d’infrastructures d’hygiène.

La crise a fortement réduit l’accès aux services essentiels. En octobre 2016, sur les 1010 structures de santé que compte le pays, 236 (23%) portaient encore les stigmates de la crise (destruction partielle ou totale). Tandis que certaines de ces infrastructures sanitaires endommagées ont été réhabilitées, d’autres ont été détruites en 2017 et 2018. À ce jour, seulement 48% (485) des unités de prise en charge nutritionnelle sont fonctionnelles. 340 écoles ne sont pas fonctionnelles, parmi lesquelles 28 sont occupées par des personnes déplacées internes ou par des groupes armés. La malnutrition chronique affecte 4 enfants de moins de cinq ans sur 10. En 2018, le pays a enregistré trois flambées de diarrhée aiguë aqueuse, une flambée de fièvre typhoïde, une épidémie d’hépatite E, une flambée de coqueluche et deux épidémies de variole du singe.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.