Skip to main content

Crise Alimentaire et Nutritionnelle Aiguë au Sahel : Un Appel à l'Action, juin 2018

Countries
Chad
+ 5 more
Sources
OCHA
Publication date

La région du Sahel est confrontée à une crise exceptionnelle caractérisée par des besoins humanitaires les plus aigus depuis des années, nécessitant une intensification urgente de la réponse. Des millions de personnes au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal luttent pour subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens et sont confrontés à une extrême vulnérabilité et à des difficultés croissantes.

Les mauvaises précipitations de la saison 2017 ont provoqué de graves pénuries d’eau et de pâturages, une augmentation des coûts des produits alimentaires et une chute des prix du bétail. Les éleveurs ont migré de manière précoce, avec des millions de têtes de bétail, à la recherche d’eau et de pâturages.

Des taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition extrêmement élevés ont été enregistrés à travers la région.

Presque six millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire et 1,6 million d’enfants risquent d’être confrontés à une malnutrition aiguë sévère (MAS) menaçant leur vie. Environ 2,5 millions d’éleveurs et d’agropasteurs sont confrontés à un grave risque de crise des moyens de subsistance.

LES MOIS À VENIR SERONT DÉCISIFS

La période de soudure particulièrement aiguë de cette année entrera bientôt dans sa phase la plus difficile - ce qui signifie une pénurie alimentaire et l’augmentation de la malnutrition aiguë sévère et l’apparition d’épidémies.

Etant donné la rapide détérioration de leurs besoins, les communautés affectées auront du mal à survivre pendant les mois à venir si elles ne reçoivent pas d’aide rapidement. Cependant, les programmes fournissant l’aide nutritionnelle d’urgence, l’aide alimentaire et un soutien aux moyens de subsistance, restent sous-financés.

Cette situation critique exige une réponse rapide et ciblée. La fenêtre d’opportunité pour aider les communautés pendant les mois difficiles à venir et pour fournir une aide vitale aux plus vulnérables se fermera bientôt. Les acteurs humanitaires en appellent à un soutien immédiat de la part de la communauté internationale.

LE PIRE DEPUIS DES ANNÉES

Les analyses effectuées depuis septembre 2017 par les gouvernements, les ONG et les agences des Nations unies indiquent une situation de plus en plus alarmante qui déstabilise les moyens de subsistance de millions de personnes.

Les pénuries d’eau et de fourrage ont conduit aux mouvements de transhumance les plus précoces depuis 30 ans, poussant des centaines de millliers de personnes à traverser les frontières avec des millions d’animaux. Les éleveurs sont extrêmement vulnérables et leurs familles qu’ils ont laissées derrière eux n’ont que de maigres ressources. Les points d’eau et les pâturages dans les communautés d’accueil sont diminués et souvent insuffisants.

Les communautés affectées ont déjà épuisé leurs réserves alimentaires, souvent des mois plus tôt que d’habitude et les premières récoltes ne sont attendues qu’en septembre. Au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, 5,8 millions de personnes - le nombre le plus élevé depuis des années - ont besoin d’aide alimentaire et de moyens de subsistance urgents pour traverser la période de soudure. Les analyses les plus récentes indiquent que ce chiffre pourrait atteindre jusqu’à 6,5 millions de personnes.

Les taux de malnutrition pour les six pays atteignent des niveaux élevés particulièrement préoccupants. Jusqu’à 1,6 million d’enfants risquent d’être exposés à une malnutrition aiguë sévère qui pourrait emporter leur vie. Ceci représente une augmentation de plus de 50% par rapport à l’année dernière. En outre, 3,4 millions d’enfants pourraient également souffrir de malnutrition aiguë modérée. Les niveaux alarmants de malnutrition globale dépassent le seuil d’urgence dans de nombreuses zones de la région.

La grave pénurie d’eau et l’assèchement prématuré des points d’eau ont induit une pression accrue sur les ressources de la région et réduit la capacité des infrastructures d’eau et d’assainissement, particulièrement dans les zones isolées. Au total, dans les pays touchés par la sécheresse, 3,8 millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente en eau, hygiène et assainissement.

Des milliers de familles se retrouvent forcées d’adopter des mécanismes nuisibles de survie. Ils réduisent le nombre de leurs repas quotidiens, retirent leurs enfants de l’école, restent sans traitement médical. Dans certaines régions, plus de 50% des personnes touchées ont déjà recours à des mesures d’urgence telles que la vente de bovins reproducteurs, la mendicité ou la migration.

La crise a gravement affecté les plus vulnérables parmi la population, en particulier les femmes et les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées ou souffrant de graves problèmes de santé. Au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, 2,5 millions de personnes ont besoin de protection et 4,8 millions d’aide médicale urgente.