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Tchad : Aperçu des besoins humanitaires 2018

Countries
Chad
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Sources
OCHA
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PERSONNES DANS LE BESOIN 4,4M

BESOINS HUMANITAIRES ET CHIFFRES CLÉS

L’insécurité alimentaire, les déplacements de population et les urgences sanitaires entrainent plus de 8 millions de personnes (presque deux tiers de la population tchadienne) dans une vulnérabilité aigüe ou chronique, souvent exacerbée par le faible développement et les risques climatiques. Plus de 4,4 millions de personnes dont 52% de femmes ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence et de soutien pour renforcer leurs moyens d’existence.

BESOINS HUMANITAIRES

Près de 4 millions de personnes (52 % de femmes) sont affectées par l’insécurité alimentaire au Tchad dont près de 890 000 sont en insécurité alimentaire sévère dans 17 départements essentiellement dans la bande sahélienne.

La situation pastorale est globalement acceptable mais des déficits fourragers importants ont été également enregistrés dans plusieurs régions de la bande sahélienne (Wadi Fira, Nord Ouaddaï,
Batha, Centre Guera, Sud-Est du Salamat, Sud du Lac Tchad et le Kanem) entrainant des mouvements précoces de transhumance vers le Sud.

La situation nutritionnelle s’est détériorée et reste préoccupante. En 2017 le taux de malnutrition aigüe globale est de 13,9%, soit deux points de plus qu’en 2016 ; la malnutrition aigüe sévère est à 3,9%, un taux supérieur au seuil d’urgence de 2% et à celui de 2016 à 2,6%. Quinze régions majoritairement dans la bande sahélienne connaissent des taux de malnutrition aigüe supérieurs aux seuils d’urgence.

Le Tchad compte plus de 634 000 personnes (52% de femmes et filles et 57% d’enfants) en situation de déplacement, dont 409 000 réfugiés et demandeurs d’asile, 102 000 personnes déplacées internes, 51 000 déplacés retournés dans leurs villages d’origine, 71 000 retournés tchadiens et 1 252 ressortissants des pays tiers.

Les populations continuent d’affluer dans les zones frontalières à l’ouest, au sud et à l’est du Tchad, en lien avec l’insécurité dans les pays voisins. Dans la région du Lac, l’activisme de groupes armés et les opérations militaires occasionnent toujours des déplacements, parallèlement à une dynamique de retour des déplacés qui se poursuit. A l’Est, 320 000 réfugiés soudanais présents au Tchad depuis 2003 ne bénéficient pas de perspectives de retour immédiates, compte tenu de l’insécurité au Darfour. Il en va de même pour les réfugiés et retournés de la République Centrafricaine au sud du pays. Les personnes déplacées nécessitent une assistance multisectorielle urgente ainsi que des solutions durables pour leur intégration socioéconomique. Ces déplacements ont fragilisé la situation des communautés hôtes estimées à 591 000 personnes ayant besoin d’un appui multisectoriel et d’un accompagnement pour des opportunités économiques.

Le dysfonctionnement des structures sanitaires, exacerbé par le faible développement du pays, la pauvreté généralisée des populations et la faible couverture vaccinale (variant entre 10 et 30%), limite l’accès aux soins de santé pour plus de 2 millions de personnes vulnérables y compris les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et allaitantes et les populations déplacées et nomades.

Les régions du Sila et du Salamat ont été touchées par une épidémie de choléra entre août et décembre 2017 et de nouveaux cas d’hépatite E continuent d’être rapportés au Salamat. Les activités de sensibilisations à l’hygiène sont maintenues, notamment dans les zones rurales les plus à risque. L’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont indispensables pour des solutions à long terme. La situation épidémiologique dans les pays voisins nécessite une surveillance accrue dans les régions régulièrement touchées par des urgences sanitaires.

Le paludisme est la principale cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans, dont le taux de mortalité est parmi les plus élevés au monde (133 pour 1 000)[8]. Avec un taux de mariages précoces de 72%, les adolescentes nécessitent une attention particulière. Les décès maternels représentent 45 % de tous les décès de femmes de 15 à 49 ans. La prévalence du SIDA parmi les adultes de 15-49 ans est de 1,6% et affecte négativement le capital humain et les capacités productives des populations.