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Cameroun: Plan de Réponse Humanitaire 2017–2020 (Janvier 2018)

Countries
Cameroon
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Sources
OCHA
Publication date
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APERÇU DE LA CRISE

Les populations du Cameroun souffrent des impacts d’une triple crise humanitaire avec des effets conjugués. Le conflit dans la région du bassin du lac Tchad a causé des déplacements massifs de réfugiés nigérians et de Camerounais à l’Extrême-Nord.
Le conflit en République centrafricaine a déplacé des milliers de réfugiés dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord. La détérioration importante du contexte socioéconomique et sécuritaire a augmenté l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la vulnérabilité aux épidémies
.

Les partenaires humanitaires estiment, qu’en 2018, 3,3 millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire dans au moins un secteur. 99% d’entre eux sont localisés dans quatre régions : l’Adamaoua, l’Est, l’ExtrêmeNord et le Nord. Plus de la moitié sont des enfants et plus de 50% des femmes. Sur la base des capacités existantes, 1,3 million de personnes sont ciblées par ce plan de réponse, soit 40% des personnes dans le besoin. La protection, l’accès à l’eau, hygiène et l’assainissement, l’assistance en vivres et abris ainsi que les soins de santé font partie des besoins prioritaires pour l’ensemble de la population dans le besoin. Les enfants (896 000 filles et 915 000 garçons) représentent 56% du total et requièrent une assistance plus spécifique notamment dans le cadre de l’éducation et de la nutrition.

L’insécurité et la violence au nord-est du Nigéria et à l’Extrême-Nord du Cameroun a généré le déplacement de milliers de personnes traumatisées dans des zones déjà fortement vulnérables

Environ 89 000 réfugiés nigérians ont fui la violence au Nord-Est du Nigéria pour trouver refuge à l’Extrême-Nord du Cameroun. Le camp de Minawao accueille 59 000 réfugiés nigérians, ce qui est trois fois supérieur à sa capacité d’accueil initiale. Les infrastructures existantes sont insuffisantes pour répondre à la hausse des besoins.

De même, les raids transfrontaliers, les attentats-suicides perpétrés par des membres présumés du groupe Boko Haram et l’intensification des opérations militaires ont contraint plus de 236 000 Camerounais de l’Extrême-Nord à abandonner leurs maisons, villages et moyens de subsistance. Parmi ces déplacés internes, 26 000 personnes ont quitté leur localité à cause des inondations. La majeure partie des personnes déplacées internes, ainsi que 30 000 réfugiés hors camps ont trouvé refuge auprès des communautés hôtes , qui partagent avec eux leurs ressources limitées.

Dans ce contexte, les populations civiles, surtout les femmes et les enfants, sont vulnérables aux atteintes graves à leurs droits, leur sécurité et leur bien-être psychosocial. Ceux qui ont fui les violences ont été témoins de crimes brutaux et leur traumatisme est profond et généralisé. La réduction de l’espace d’asile pour les réfugiés ainsi que la reconduction forcée des ressortissants nigérians présents au Cameroun est une préoccupation majeure en matière de protection.

Près de 2,6 millions de personnes souffrent directement de la détérioration du contexte socioéconomique et sécuritaire ainsi que de la diminution de la sécurité alimentaire et de l’accès aux services de base

L’insécurité alimentaire reste préoccupante en raison de l’insécurité grandissante et de la faible production agricole dans certaines régions due notamment aux aléas climatiques.
Près de 2,3 millions de personnes sont en insécurité alimentaire dont plus de 180 000 sont au niveau d’urgence et nécessitent une aide alimentaire immédiate. Près de 80% des personnes qui n’ont pas suffisamment de nourriture résident dans les régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord. Plus de 150 000 garçons et filles souffrent de malnutrition dans le pays, dont 44 700 sous sa forme sévère. De plus, le taux de malnutrition aiguë sévère dépasse encore le seuil d’alerte (1%) pour les régions Nord et Extrême Nord.

L’accès aux services essentiels déjà précaire s’est détérioré dans les régions touchées par les conflits. A l’Extrême-Nord, seuls 14% de la population a accès à des infrastructures d’hygiène et d’assainissement adéquates et 54% de la population n’a pas accès à une source d’eau. Plus de 90 écoles ne sont plus en fonction à l’Extrême-Nord, laissant 45 000 enfants en besoin urgent d’éducation et de protection. Les centres de santé, dont l’accès et la qualité étaient déjà limités, sont de plus en plus sous pression en raison des déplacements et de l’afflux de blessés. Par ailleurs, neuf centres sanitaires ont cessé leurs activités en raison de l’insécurité. Un fait très préoccupant au regard des fréquentes et récentes épidémies telles que le choléra, la poliomyélite, le pian, la rougeole, ou la méningite.

Le Cameroun est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés centrafricains

Depuis janvier 2014, plus de 188 000 personnes sont venues s’ajouter aux réfugiés présents dans le pays depuis 2004. Au total 237 000 réfugiés centrafricains résident au Cameroun, principalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Seul un tiers des réfugiés centrafricains (77 000 personnes) est hébergé dans l’un des sept sites aménagés.
Les familles vivent majoritairement avec les communautés d’accueil dans les villages. Dans les deux cas, l’accès aux moyens de subsistance, à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement reste limité. Cette pression accrue sur des ressources peu disponibles alimente les tensions entre réfugiés et communautés hôtes.
Une enquête sur les intentions de retour des réfugiés centrafricains indique que 70% des personnes interrogées souhaitent rester au Cameroun. 16% des personnes favorables au retour considèrent partir dans un avenir proche tandis que les autres (59 000) souhaitent observer la situation avant de prendre une décision. Leur retour dépendra principalement de la stabilisation de la situation sécuritaire dans leur zone d’origine.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs: To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.