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Tchad : Crise alimentaire et nutritionnelle - Appel pour une réponse à l'échelle des besoins (Janvier 2018)

Countries
Chad
Sources
FSC
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Trois points clés :

  1. La situation alimentaire et nutritionnelle se détériore.

  2. La chronicité de la crise requiert une nouvelle façon de travailler associant interventions humanitaires et de développement.

  3. En 2018, US$ 282,5 millions sont nécessaires pour sauver les vies des personnes les plus affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle au Tchad.

APERÇU DE LA SITUATION

Au Tchad, plus de 4 millions de personnes sont affectées par l’insécurité alimentaire et la malnutrition chaque année. Ne pouvant subvenir à leurs besoins alimentaires, et dans un contexte où l’accès aux services sociaux de base est extrêmement limité, leur santé, en particulier leur statut nutritionnel, peut se détériorer rapidement.

La période de soudure agricole, de mai à septembre, lors de laquelle les nouveaux produits agricoles ne sont pas encore disponibles sur les marchés alors que les stocks alimentaires issus de la campagne agricole précédente sont épuisés, et la saison des pluies qui détruit de nombreuses cultures de juillet à octobre sont un moment critique pour les populations tchadiennes les plus vulnérables. Pendant et après ces périodes, de nombreux ménages, en situation de précarité, n’arrivent plus à s’alimenter correctement et peuvent adopter des stratégies de survie néfastes pour leur santé et leur état nutritionnel.

La majorité de ces personnes se trouvent dans la bande sahélienne. Par ailleurs, la situation alimentaire de 2,6 millions de personnes restera précaire. Sous pression, ces familles pourront basculer à tout moment dans l’insécurité alimentaire.

Aux populations tchadiennes affectées, s’ajoutent plus de 410 000 réfugiés et plus de 66 000 retournés tchadiens qui ne disposent pas de moyens d’existence suffisants pour couvrir leurs besoins alimentaires et nutritionnels.

La situation alimentaire est alarmante : le Tchad est en deuxième position dans l’Indice Mondial de la Faim 2017 soulignant l’extrême vulnérabilité de sa population face à la crise alimentaire. Cette crise chronique s’accentue, en raison d’une crise économique et sociale profonde et des aléas agro climatiques plus intenses dus au changement climatique, touchant les populations les plus vulnérables, dans la bande sahélienne mais aussi dans de nouvelles zones auparavant épargnées comme la Tandjilé.

La situation des éleveurs est particulièrement précaire dans une partie du Sahel. Confrontés à un déficit de pâturages et de points d’eau ainsi qu’à la fermeture de la frontière avec le Nigeria empêchant l’exportation de bétail, leurs revenus ont dramatiquement chuté menaçant leurs moyens d’existence.

La situation des populations déplacées et hôtes dans la région du Lac est préoccupante. Suite aux mouvements de populations provoqués par la crise au Nigéria et en raison du changement climatique affectant directement la zone du Lac Tchad, près de 172 000 personnes seront « sous pression » pendant la période de soudure 2018, c’est-à-dire qu’elles pourront basculer à tout moment en insécurité alimentaire sévère. Plus de 187 00 personnes auront besoin d’une assistance d’urgence. Le Lac est la seule région du Tchad où, au dernier trimestre 2017, deux départements ont été classés en « phase crise ».

La malnutrition compte parmi les principales causes de mortalité infantile, le Tchad ayant d’ailleurs le 6ème taux de mortalité infantile le plus élevé au monde. Un enfant sur sept meurt avant son 5ème anniversaire. Par ailleurs, la malnutrition a des répercussions irréversibles sur le développement cognitif et intellectuel de l’enfant ainsi que sur celles des générations futures par transmission génétique intergénérationnelle.

En 2017, la situation nutritionnelle s’est sensiblement détériorée : la prévalence de la malnutrition aigüe globale (MAG) au niveau national est évaluée à 13,9% contre 11,9% en 2016. Douze régions sur les 23 que compte le pays ont été déclarées en situation d’urgence nutritionnelle. Pour la malnutrition aigüe sévère (MAS) particulièrement, la prévalence dépasse le seuil d’urgence de 2% dans 15 régions. Ainsi, ce sont près de 200 000 enfants qui souffrent de MAS.
La malnutrition chronique a également augmenté, de 26% en 2016 à 32,4% en 2017, dépassant le seuil critique de 40% dans cinq régions.